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mardi 10 juin 2008

Mon catillinaire: Vaseuses évaluations, je les emmerde...

Bon, juste des petites observations. J'ai un peu parfois beaucoup de mal avec les plan d'intervention qui permettent tout et de plus en plus n'importe quoi aux élèves en difficulté.

En plus du tiers du temps, des correcteurs automatiques sur les ordis et des dictionnaires électroniques, ne voilà t'y pas qu'ils peuvent avoir leur texte d'avance pour préparer leur compréhension de texte.

Je vais voir le TS responsable des plans d'intervention, parce qu'une élève revendique son texte. Quand doit-on le donner? Ben, tu peux leur donner tout de suite. - Heu, comme ça... - Ben oui... - C'est que bon, si nos charmants privilégiés montrent le texte au copain, je ne sais pas, ça peut comme peut-être tsé brûler le matériel... - Ok, on va voir. Attend. Solution: appelle les parents, on mets le texte dans enveloppe cachetée à n'ouvrir qu'à la maison... -Hum, hum... Bon, le processus est sauf, j'imagine. J'ai quand même beaucoup de mal avec la petite dont le chum est dans la même classe...

Bref, bonjour les évaluations bien sérieuses.

En passant, je pense à cette évaluation du MELS qui donne un chapitre des Catilinaires d'une charmante et spéciale auteure de chez nous à lire avec un pré-questionnaire pour préparer la compréhension de texte du MELS. Fabuleux, pourquoi ne pas leur donner l'examen à faire à la maison tout de suite? On s'emmerderait moins...

Bon, il y a la petite aussi qui me revendique son 1/3 de temps pour un contrôle sur un roman fait jeudi. Comme elle va le faire dans l'isolement (autre mesure particulière), je la perds de vue, car j'ai comme d'autres chats à fouetter. Je réalise cette semaine qu'elle n'avait pas fini... Alors je me dis bon je lui laisse faire les questions de la dernière page qu'elle n'a pas rempli, mais le reste quand même, pourquoi aurait-elle le droit de lire les questions, de les travailler avec son bouquin un weekend et d'ensuite venir boucher les trous...? Bref, elle me fait une scène; je lui explique, intransigeant.

Terminé, ben non, le TS débarque en plein cours, me faire le discours des plans et des droits, des t'aurait dû... (ouin j'aurais dû emmener mon détecteur de connards, j'aurais pu fermer la porte à double tour...). Autre emmerde, j'ai pas le reste de la copie avec moi. Je lui exprime mon point. Où est la limite, un moment donné à l'aide? ET je finis par lui dire, j'ai un cours à donner et je vais aller lui chercher le reste de la copie, et il fera bien ce qu'il veut avec, mais bon je ne suis pas d'accord par principe avec ce qu'il veut laisser faire. J'étais fâché, sans compter que merde mon cours attend, un dernier cours de l'année avant l'examen de fin d'année avec un groupe que j'ai pas trop la chance de voir cette semaine en plus...

On revient: le TS a réfléchi, il prend mon avis: je permets à la petite de répondre à la question vacante et de corriger des fautes mais pas de changer des réponses déjà données.

Le pire dans tout ça, c'est que je devrais toujours prévoir tout un truc que je ne peux pas gérer et qui se passe sur un autre étage chez un ts. Je le sais t'y moi si elle va avoir besoin de temps pour finir, on ne peut pas s'occuper de lui faire faire tout de suite son temps supplémentaire si elle en a besoin. Sinon, c'est viciée comme évaluation...

Bon, voilà c'est dit, je les emmerde ces emmerdeurs avec leurs mesures spéciales gérés par des gens qui ne sont pas profs, qui n'ont aucune conscience de ce qu'est d'avoir le souci de la rigueur dans l'évaluation, de ce qu'est la réalité de brûler un matériel au plan de l'intégrité de l'évaluation, qui croit qu'un jeune de 15 ans va choisir l'honnêteté avant la fidélité aux amis.

L'éducation devient vraiment n'importe quoi.

Quand l'évaluation n'aura aucun sens tellement elle sera pervertie, l'enjeu d'apprentissage n'existera plus vraiment et l'école deviendra vraiment un endroit où l'on fait du temps comme en prison parce que peu importe ce qu'on y fait, on sort avec un diplôme de merde ou merdique.

mardi 3 juin 2008

Échecs et maths...2

Juste ajouter que 64 élèves se pointent au cours de mise à niveau en maths, soit bien plus du tiers des élèves de sec.3 de l'école...

Quelque chose ne tourne pas rond quelque part dans la circonférence du Mels...

samedi 24 mai 2008

Échecs et maths...

Le ministère a intégré des contenus de sec.5 et de sec.4 au programme de 3 en maths.

J'observe toujours. Je fréquente une école privée, pas celle des bolles du coins, ici les jeunes sont sélectionnées sur la base de leur habiletés sociales et dans les langues et les arts: ici il y a 3 langues enseignées, des options en art dramatique, etc.

Hier, la directrice vient en classe... pendant mon cours de français. Petit message: on va offrir un cours de mise à niveau en math sec.3 à l'école: 3 samedis, 3h le matin, 3h pm pour les élèves en difficulté en maths... Dans le préambule aux élèves: on a mis du contenu de sec. 5 et de sec. 4 dans le menu du sec. 3 (c'est ce qui peut expliquer les difficultés de plusieurs; sous-entendu), plusieurs ont besoin d'appui.

Petites jases avec les élèves un peu plus tard:

- Ils croient leur prof de math incompétent (bon, ce n'est pas nouveau)
- Ils trouvent qu'ils n'aident pas assez les élèves qui ont de la difficulté (ils ne sont pas en classe spéciale, le régulier c'est trop souvent une logique du nombre, pas celle du soutien individualisé, même le ministère ne comprend pas ça...)
- La plupart, en plus de payer (enfin leur parent) pour être au privé, ont en plus un tuteur privé justement pour les aider en mathématiques.

Bref, c'est un peu le bordel.

En rapport avec cela: il y a 2-3 semaines, j'ai jasé avec le collègue de ce petit changement au programme: combinatoire et probabilité intégré en secondaire 3. Son commentaire: "A quoi pense-t-on au Ministère?" Les jeunes n'ont pas ce qu'il faut intellectuellement pour faire face à ces difficultés. Il se souvenait que de son temps, on voyait ses notions à un niveau Cégep.

Bon, j'avais observé dans l'école publique cet hiver cette évaluation délirante tendance nouvelle.

Bref, sur le terrain, j'entends parler des collègues de délire ministériel, je vois qu'on offre des cours en weekend pour de la mise à niveau, dit-on, et on parle aux élèves justement de cette nouvelle difficulté. Tentative désespéré de colmater une situation d'échecs envisagés pour trop d'élèves. La plupart des élèves me disent avoir un tuteur privé pour les aider en math et croient leur prof de math incompétent.

Il y a quelques années, on disait qu'on allait probablement assouplir les exigences pour permettre les projets en maths. Et c'est exactement le contraire qui s'est produit... Combinatoire, permutation, probabilité en secondaire 3, en plus de l'algèbre, des solides, de pythagore... Bon, pour ce que j'en sais.

L'avis des collègues de maths rencontrés dans deux écoles cette années est que la cohorte de cette année, celle du front de la réforme, n'a jamais été aussi faible...

A une époque de sciences et de cognitivisme, ne pas tenir compte de la capacité intellectuelle en développement des jeunes qu'on connait depuis les thèses de Piaget, est presque un crime...

Curieux qu'avec le désir de réussite pour tous s'affirment une tendance à les mettre en échecs.

Le Mels aura certainement encore une fois à refaire ces devoirs.

Personnellement, je les fouterais tous, ces fonctionnaires à la noix, à la porte avec un bon coup de pied au cul!

jeudi 22 mai 2008

Allez savoir...

Je déserte un peu la blogosphère ce printemps. Je sens pas en moi rien bouger assez pour demander une expression. Est-ce le printemps, le fait que je doive déménager bientôt, ou que je me la coule douce dans la tâche la plus pénarde qu'on m'ait donné depuis que j'enseigne...? Il faut dire que dans mon milieu actuel, la réforme n'est pas aussi visible. L'équipe qui m'entoure est plutôt en train de réaliser qu'enseigner et durer dans ce métier demande un assouplissement de la tendance perfectionniste. Surtout en français, les burnouts font des ravages partout.

Bon, il y a toujours des moeurs d'école intéressantes. J'entends les profs commenter les décisions de la direction, mais je ne me sens pas plus impliqué qu'il faut, je ne vais pas travailler là longtemps, l'école est petite et les places rares, enfin... Mais bon, je ne croise plus ma directrice 10 fois par jour parce que son bureau est intallé adjacent aux bureaux des profs. J'ai une collègue de niveau sympathique au lieu de l'équipe chacun pour soi de l'hiver dernier. Je n'ai pas des yalatolahs de la réforme en face de moi à chaque fois que je prends place à mon bureau à l'école. Bref, ça calme un peu.

Je ne sais pas, je joue aux échecs sur le net ou je prends ma guitare de ce temps-là le soir. Et le matin, plus calme, je dors plus longtemps au lieu de me réveiller avec mes problèmes et mon stress avec une envie d'exprimer, de sortir, de voir, de comprendre.

J'ai toujours mon habitude d'aller lire prof masqué, toujours sympathique... Là s'arrête pas mal mon implication bloguante ces derniers temps. Le raeq, ben je les laisse tranquille, de plus en plus.

Comme le souligne Le Neuf, on est dans une nouvelle réforme sans nom. Bientôt le raeq va couler avec son idéal...

samedi 26 avril 2008

Une semaine dans le privé: costume, portail

Bon, voilà, c'est fait.

Je suis peu à peu intégré dans ce théâtre du costume! Pour le moment, c'est bien. Bon, la tâche y compte pour beaucoup: un niveau avec 75 élèves en tout, c'est presque du bonbon! En plus, j'ai de l'aide pour orienter mon enseignement, ce que j'ai eu pas mal de difficulté à trouver cet hiver dans l'école publique où j'avais du mal à m'entendre avec mes équipes matières, grandes et disséminées aux 4 coins d'une grande école.

Pour le moment, ce qui m'intéresse, c'est le portail où l'on peut envoyer des messages aux parents. On a une aide facile à mettre en action. Par exemple, je remarque chez de nombreux élèves une désorganisation du matériel évidente. Je vais probablement lancer un petit message général sur l'importance d'avoir des cartables en ordre, j'ai hâte de voir le résultat. Cette semaine, je me suis présenté aux parents, en expliquant la difficulté de s'intégrer à ce moment-ci de l'année et j'ai fait appel à la collaboration de tous pour bien atteindre l'objectif: terminer l'année dans les meilleures conditions de réussite. J'ai d'ailleurs demandé l'aide des parents de rappeler que ce n'est pas le moment de lâcher, même si le beau temps est arrivé. Je ne sais pas si c'est ce message qui a porté fruit, mais bon certains élèves se sont placés dans les jours qui ont suivi! Bref, au bout d'une semaine, la relation avec la plupart de mes jeunes est déjà bonne. Plusieurs me saluent dans les corridors et sont même venus me saluer dans ma classe avant de partir pourt le weekend... Normalement, ça prend franchement plus de temps pour arriver à ce résultat. Évidemment, avoir qu'un niveau me calme, et je suis déjà en train d'apprendre les noms des jeunes depuis deux jours. Je n'ai rien amené pour le weekend avec la pédago lundi, tout baigne... C'est assez fabuleux!

Bon, les jeunes savent qu'on a leur parent au bout d'un courriel, peuvent pas filtrer les appels, savent que c'est facile pour nous, plus que le téléphone, cela a sûrement son effet.

Bon, le portail ne serait pas lu par tous les parents, ce n'est pas non plus utilisé de la même façon par les profs. Des collègues se plaignent que certains parents ont le courriel facile... et que ça leur prend du temps. Pour moi, c'est une question de gestion et de tact. Évidemment, si on répond longuement à tous ses courriels dès réception, on peut s'enliser dans le truc.

Enfin, faut pas s'imaginer que les jeunes ne bougent pas à cause de ces dispositifs... Non, il y a des conflits comme ailleurs, des parents chiants peut-être même plus qu'ailleurs selon les collègues. Des jeunes flancs-mous aussi. Des fins de journées où il est difficile de garder les jeunes centrés sur la tâche, mais bon, pour des élèves de sec. 3, c'est pas mal...

Bon, je ne sais pas, l'hiver est fini, me semble que j'ai moins de temps pour laisser des traces bloguantes!