mardi 10 novembre 2009

Encore des surprises...

Début de semaine, encore plein de rebondissements, la vie ici et le vécu avec les apprenants sont franchement intéressants. C’est un bouillonnement humain où tranquillement l’opaque se clarifie et les défis d’abord naïvement entrevus se dessinent dans leur profondeur.

D’abord, la collègue a un bon rhume. Pour moi, c’est bon signe parce qu’elle change et encore aujourd’hui, dans le bon sens. Elle participe, de plus en plus, je trouve à la gestion commune. Même enrhumé, je n’ai pas eu cette fois à ranger la grosse commande de matériel que nous avons  reçue. Le dialogue professionnel a repris doucement. Je sais qu’avec ma vision interventionniste, j’ai à plus d’une occasion court-circuité certains de ses schèmes et je la pousse depuis un moment à sortir de ses pantoufles! Mais bon, doucement, doucement, disait un prof de maths que j’ai côtoyé, doucement on avance. Examiner le lien entre le processus de changement des gens et les «petites maladies» est toujours fascinant. On n’apprend pas ça au show de boucane! C'est son deuxième cette année, moi ben à part mes petits malaises habituels, je touche du bois! Les méchantes bébites m'ont pas encore tombé dessus... J'ai pas trop peur anyway d'un rhume ou d'une grippe, toute A qu'elle puisse être, j'ai vu pire...

Ensuite, M et S, je dirais mes deux piliers de l’atmosphère dans ma classe, se sont écorchés ce weekend. M a un problème d’alcool qui n’était pas apparent sinon que M n’est pas là souvent le lundi. S, son cousin, l’a mis à la porte après que M en boisson l’ait envoyé promener, alors qu’il tentait de le raisonner et ça a un peu dégénéré. Bref, S au grand cœur a foutu M à la porte. Il avait atteint sa limite d’aide. Il m’a raconté ça tout ému. Me revoilà dans le fauteuil du thérapeute régulièrement ici.

M est rendu dans une maison à peu près vide. J’irais bien lui rendre une visite parce que c’est un jeune homme que je trouve plein de potentiel. Juste pour l’encourager `à relever ce défi. Mais bon, ici c'est un peu compliqué, tu demandes pas l'adresse et hop! Curieusement, cette crise arrive juste après que je l’aie réévalué en français en secondaire 2 dans un test de classement, parce que j’avais remarqué qu’il avait des forces surprenantes pour être toujours en préscolaire. D’ailleurs, je le vois s’intéresser aux livres. Un Khalil Gibran, dans le genre spirituel, trainait dans ses affaires l’autre jour. En math aussi, je l’ai mis dans mes élèves avec qui on tente une autre approche : je les mets en sec. 1 et on comble les bases au fur et à mesure au lieu de passer 25 cahiers à refaire des bases et en avoir pour des décennies!

Le problème cependant de telles poussées est qu’elles  déclenchent quelque chose d’extrêmement inquiétant, des secousses internes surprenantes. L’image de soi est poussée vers le positif. Tout d’un coup, la possibilité de réussir ce qui a été échoué milles fois prend forme. Le sens commun ne voit pas cette problématique. On comprend mal que le compliment, l’encouragement, l’espoir provoquent des régressions ou des troubles psychologiques même.

L’habitude qu’on a de se voir d’une certaine façon et de promener notre personnage est curieusement un truc très difficile à changer, parce que c’est au fondement de notre personnalité. M a découvert qu’il devrait travailler pour réussir qu’il en est capable, il ne pourra plus se complaire dans sa vie d’avant. Enfermé dans une logique sans issu. En le réévaluant, je lui ouvre une porte. Elle est épeurante.

Bon, je fabule peut-être, mais bon la semaine dernière, avec l’innovation que j’apporte, m’a  montré que les réactions à cette poussée vers l’avant sont assez remarquables : G, un femme, a eu mal au ventre en plein test et n’est pas revenu avant le lendemain midi. T a disparu depuis ce jour où je l’ai mis devant un test pour voir ce dont elle était capable en math pourtant elle était assez capable et a un certain caractère. M, lui s’adapte bien. Je garde un œil sur Ge que j’ai confié à la collègue. Pour le moment, ça va, la dame semble assez sobre… mais bon, ici on est jamais au bout de nos surprises!

Bon, enfin, la donnée de toxicomanie ici est sérieuse et atteint selon mes estimations 75 % des effectifs. L’autre jour,  un groupe qui s’était mis à l’écart se passait un joint durant la pause de l’après-midi. Bien sûr, les yeux rouges et frostés… ça rend la lecture un peu plus dure… Mais bon, ils restent assez discrets.  C’est une donnée sérieuse à prendre en considération dans l’inconstance des fréquentations de la clientèle. Évidemment, la scolarisation et cette toxicomanie ne fait pas trop bon ménage. Il y a des choix déchirants à faire pour certains. Ou des portes sur des passés à fermer. Certains commencent en avoir marre de leur vie de jeunesse. Ici, ce n’est peut-être pas facile. Aller à l’école reprendre ses études, c’est probablement le faire contre la masse d’inertie de la gang de chums qui jalousent un peu  et cherchent  à ramener , le prétentieux (j’imagine ce qu’on peut faire pour conserver sa fierté, l’image de soi de fêtard, et donc ne pas laisser l’autre contredire nos choix, donc dévaloriser sa démarche), dans ses rangs.

M entre en retraite fermée dans deux semaines. Il est le deuxième qui me parle directement de se désintoxiquer depuis que je suis ici. Mais bon, souvent ils retombent parce que ici c’est dur de changer de milieu pour s’aider un peu…

lundi 9 novembre 2009

Le doute

Le doute systématique  est si ma mémoire est bonne un ingrédient clé du Discours de la Méthode de Descartes.

Hier à Découverte, le show de boucane de  sciences, nous avons eu droit à la totale: cellule de crise, effets de jeu vidéo sur une carte mondiale, effets de caméra dans des couloirs pour montrer des personnes importantes puis les faire parler et nous rassurer. Ils connaissaient leur affaire. Bon, ils ont peut-être raison de leur point de vue, je ne remets pas en cause leur compétence, je n'ai pas de raisons spécifiques de le croire.

N'empêche qu'on sentait les autorités médicales sur la défensive avec un message: on a mis le paquet parce qu'il ne fallait pas prendre de risque, parce qu'un virus d'influenza peut muter n'importe quand, mais bon, pour le moment, la grippe A ne s'est pas avérée dévastatrice comme on l'appréhendait, elle est même pas trop grave. Tant mieux. Mais faites-vous vacciner, parce que c'est très contagieux et de rares jeunes adultes en meurt, ce qui est préoccupant. On a admis qu'ils n'étaient pas mort de la grippe A, mais de réactions secondaires ou infections secondaire... Et là on arrête l'explication à quelques vagues allusions à un système pulmonaire devenu sensible à l'attaque de méchantes bactéries parce que le système immunitaire est trop sollicité par le virus. Je vous le dis, les hôpitaux sont plus dangereux qu'on pense!


Bon, ce sont des explications.

Enfin, on a eu aussi droit à l'animation de la boule virulente (virus) qui a son double jeu de clés d'où nous viennent le H1 et le N1 qui sont les clés d'entrée et de sortie du virus venu prendre en otage une cellule qui se laisse faire, on dirait, pour se reproduire de façon délirante en traficotant le noyau de la cellule et son matériel génétique. On a même personnalisé les beaux virus comme des braqueurs ou des terroristes... On ne manque pas d'idée pour nous faire comprendre... Un coup leur méfait accompli, ils repartent pour attaquer, selon leur logique propre, d'autres cellules...

Ce qui m'interroge avec ce genre d'animation et d'explication, c'est que vu comme ça, on se dit wow, la capacité de se reproduire de ces bébittes malveillantes est proprement exponentielle, fabuleuse. Comment le système immunitaire arrive à contrer cette guérilla où les soldats se multiplient à l'infini comme cela? Franchement, mon imagination a du mal à concevoir comment,  si c'est comme ça, nos guerriers du système immunitaire y arrivent...surtout que si je ne m'abuse, il travaille surtout au niveau du sang, de la lymphe, pas à proprement parler dans les cellules. Mais bon, c'est possible peut-être qu'un système immunitaire, qui a des glandes limitées où  multiplier ses fantassins de globules blancs et accolytes, puisse rivaliser avec des virus qui peuvent détourner de leur fonction n'importe quelle cellule. Il est certainement évident que le système trouve le moyen de pallier à cette efficacité d'invasion des virus. Je trouve pas cette explication très évidente en fait quand j'examine ce qu'elle implique.... Le coup d'état des virus a une telle efficacité....


Mais je ne connais pas tout, si j'étais dans ce domaine, je voudrais tout savoir.

Mais bon, on ne va pas plus loin à Découverte, c'est d'ailleurs ainsi, à chaque fois que je sors de ces documentaires, j'ai plein de questions qui ne trouvent jamais de réponses... C'est malheureusement trop simpliste tout le temps. Mais bon, hier, Découverte, vendait la vaccination, pas notre développement de connaissances.

En approche psychobiologique, dans ces nids de gourous ridicules, on propose une autre vision de ce qui se passe. On propose de voir que le virus entre dans l'organisme sous un certain contrôle du système immunitaire qui n'est plus vu comme une simple barrière de défense, mais plutôt comme un système qui utilise et contrôle ces drôles d'éléments que sont les bactéries et les virus pour faire de grandes opérations d'entretien dans notre biologie. Le virus est en quelque sorte encadré, invité pour faire des opérations physiologiques nécessaires de nettoyages de l'organisme.  On est mis au tapis, pour la même raison simple qu'on doit aller se coucher la nuit: Ça prend de l'énergie pour régénérer la machine physiologique. Bref, l'organisme pour sa survie nous immobilise. C'est peut-être des élucubrations de première, comme vision, mais bon, ça m'expliquerait comment un virus ou une bactérie peut attendre que je tombe en vacances avant de m'attaquer... et pourquoi bien souvent j'ai constaté avoir passé sans succomber des mois dans un environnement d'enrhumés et de grippés qui me toussent dans la face sans succomber pourtant. Au dernière nouvelle, je n'ai pas le corps le plus résistant que j'aie croisé dans la vie... Cette autre vision de la chose  me semble plus propice à expliquer comment le système immunitaire arrive à gérer et contrer une telle infestation...

Bon, un problème cependant, certains meurent...

Bon, il y aurait sûrement à dire... notamment au sujet de la question du sens de la vie qu'on perd parfois... Comme mon chien laissé seul pendant des vacances qui s'est retrouvé infesté de parasites et maladifs à mon retour de voyage d'un mois en Europe il y a de cela quelques bonnes années... J'ai plusieurs réponses ou hypothèses en tête, mais bon, tout cela pour dire que les théories possibles d'un même phénomène sont assez nombreuses si on prend la peine de réfléchir. Les animaux se sortent bien souvent de bien des maladies sans aucune intervention biochimique extérieure. Malheureusement, la perspective unique de nos industries pharmaceutiques est qu'ils ont à vendre un produit pour combattre de méchants envahisseurs... Et vu de leur point de vue, la contagion est rentable.

Le paradigme des maladies qui nous attaquent est toujours et toujours le seul à être subventionné aux dernières nouvelles... La vie m'a bien montré qu'une perspective peut induire tout un système en erreur et que pour résoudre des difficultés il faut souvent changer notre manière de regarder les choses ...  On en est pas là, il faut le croire, avec nos amis de la science...

dimanche 8 novembre 2009

Le mythe rejoué des civilisations: Apocalypse now!

Hier, nous apprenions sur les ondes de Radio-Canada que le H1n1 était finalement plus bénins qu’on ne le craignait. Toujours très contagieux, il n’avait pas, heureusement, muté. Bref, tout ça, pour une peur qui aura finalement fait la fortune de ces grosses pharmaceutiques, celle aussi qui alimente le commerce des médecines alternatives… Et aussi probablement, celle un peu de ces médias qui vivent des émotions collectives… Et les conspirationnistes auront l’air une fois de plus ridicules.

Mais il y a peut-être aussi plus que cela…

La peur de la contamination par l’autre et de la perte de sens, de pouvoir, et d’identité dans cette ère de mondialisation est bien l’émotion majeure de notre temps. Nos institutions sont vraiment en crise en ce moment, pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué. Et la problématique est certainement la mondialisation qui n’arrive pas à dépasser ou intégrer les nationalismes qui ont marqué la civilisation moderne.  Il faut parfois de grandes manifestations sociales théâtrales pour exorciser le malaise… C’est mieux qu’une guerre mondiale, on en conviendra.

Bref… rien de nouveau sous le soleil, que le mythe de l’Apocalypse, régulièrement mis en scène, et peut-être, qui sait, donc la thérapie collective d’une humanité, en mal de ses institutions désuètes à repenser,  qui se cherche.

Juste humain ou derrière les clochers...

Ici, c'est un microcosme où on trouve de tout. Y a deux églises cathos et même des témoins de Jéhovah!

O est de passage pour donner une formation professionnelle de quelques mois et, bien qu'on le sache et qu'il ne nous dérange pas avec ça, hier j'ai  ouvert le sujet parce que lui et sa conjointe ne veulent pas participer au souper de Noël qu'organise la gang de l'école blanche gérée par la commission scolaire...

Bon, apparemment, ils ne fêtent pas eux autres... Bref, j'essayais de voir ce qui clochait...Pour avoir jasé souvent jeune avec des témoins de Jéhovah, je sais qu'ils ont le nez rivé dans la Bible qui fait foi de tout, pas d'ostentation, pas de cultes d'objet, pas vraiment de rituels... Mais bon, ma question était en quoi leur foi pouvait souffrir d'aller dans une fête traditionnelle avec des amis où même si la religion est le motif apparent du rassemblement, on sait tous que personne ne va faire allusion aux rites et vu même que le décalage au niveau des dates (on va faire cela fin novembre) avec la vraie fête est assez importante, on ne va même pas se souhaiter joyeux Noël! Ma conjointe, elle, depuis le début très sévère vis-à-vis ce genre de sectes, avait déjà classé l'affaire avec une espèce de dégoût... Moi, je me dis que les gens peuvent bien vivre comme ils veulent, je peux toujours essayer de comprendre...

Ben voilà justement, ils ont peur d'avoir des symboles de la fête de Noël autour d'eux et d'avoir à ne pas dire joyeux Noël pour ne pas célébrer ce que leur foi ne célèbre pas et donc créer de l'embarras.

Bon, j'ai jasé longtemps avec O, je ne comprends pas vraiment en quoi participer à une célébration avec d'autres objectifs et convictions va remettre en question nos choix et notre spiritualité surtout que ce souper de Noël est surtout une occasion de lui dire au revoir  ou de se rencontrer tous les collègues, de partager un bon repas et de faire d'autres liens, de rencontrer les autres et de faire ce que les humains font depuis la nuit des temps: célébrer la vie, fêter quoi!

J'irai célébrer avec des Papous l'arrivée du nouvel an, je me sentirais pas contaminé par leur religion. Toutes les religions fêtent en quelques sortes autour du solstice d'hiver, le renouvellement de la vie, le grand cycle annuel qui se termine et qui redébute, sans quoi nos vies ne pourraient continuer. J'ai demandé à O quel pouvait être le sens du mot Noël... On découvrirai sûrement qu'il a à voir avec le sens de renouveau.  Mais Chez les Papous,  je pourrais mieux comprendre comment ces gens conçoivent le monde et leur rapport à l'Au-delà, je pourrais aussi simplement fêter avec eux la vie.

O a évoqué que les témoins de Jéhovah n'était pas responsable de guerres de religion. Qu'il ne voulait pas finalement si je comprends bien agréer à des symboles qui suggèrent une religion qui se pose comme la vérité qui est à la source des guerres de clochers et de religions.

Je vois pourtant que les attitudes absolutistes (c'est moi qui ai raison ou notre religion qui est La religion) de O de son groupe sont absolument les mêmes que les attitudes religieuses traditionnelles: fermées, incapable de voir dans l'autre le reflet de sa propre attitude, qu'on s'intéresse à la même question: qu'elle est la meilleure façon de vivre ensemble, qu'elle est la morale humaine à développer pour que les humains progressent bien ensemble. Tous réfèrent  à des textes datant de la nuit des temps qui relatent des histoires susceptibles de nous inspirer pour surmonter certaines difficultés humaines.

Je suis athée avec une spiritualité personnelle, c'est-à-dire que face aux mystères de la vie et à nos erreurs  ou difficulté à surmonter, je cherche à comprendre les messages de la vie, à jouer le jeu d'essayer d'en voir, et je me donne la permission de m'inspirer de certains enseignements spirituelles. J'ai développé tranquillement un sens à ma vie sans recourir à la pratique de la religion. C'est mon histoire qui m'a mené là et aussi ma personnalité qui ne pourrait pas facilement entrer dans un groupe fermé pour suivre une morale indiscutable... Je ne suis pas une militant de l'athéisme non plus.  Je conçois très bien que d'autres aient besoin de se regrouper et d'étudier ensemble des textes sacrés, qui parlent finalement de situations morales et problématique de la vie humaine pour se guider dans cette vie consciente qu'il  n'est pas toujours facile d'affronter.

Je ne m'empêche pas d'aller à l'occasion dans la fête religieuse ou la cérémonie de l'autre. Je ne me sens pas moins athée de jouer le théâtre symbolique des autres. Je conçois dans la religion d'ailleurs comme un endroit où les rituels soignent bien des drames pour ceux qui y croit. La psychologie moderne est sa descendante directe. D'ailleurs beaucoup de thérapies s'en inspirent toujours pour faire des actes symboliques réparateurs après le recueillement de l'analyse, la «confession» émotionnelle et le dépassement du drame dans la création d'une perspective nouvelle.

Mon fond de valeurs judéo-chrétiennes est toujours là en référence et j'en retiens que la voie du sens est une sorte de recherche à faire ce qui nous rend heureux et ce qui nous donnent le sentiment d'être utile, en tâchant d'accepter l'autre tel qu'il est, bref de s'engager dans ce qu'on aime et de relever le défi de la rencontre de l'Autre, le respect. Trouver ce sens, j'en ai l'impression, c'est le défi de chaque humain...

J'espère que les religions traditionnelles vont tranquillement s'ouvrir à l'Autre. Évidemment, comprendre que le pouvoir que confère à ses leaders les pratiques religieuses de leurs ouailles et la sécurité un peu artificielle d'avoir la vérité et d'appartenir à un groupe d'élus que donne à ses adeptes le cercle religieux, ne va pas changer facilement. Le Nous face au monde est une attitude grégaire de survie qui nous constitue plus qu'on ne le pense. Tous les animaux sociaux ont survécu quelque part avec ce genre d'association, dans cette force du groupe. Mais bon, l'humain a le pouvoir de la flexibilité et de l'empathie étrange pour l'ennemi. Et parfois cette drôle de faculté lui permet de construire la paix.

En attendant, écrivant ceci ce matin, me revient que O a perdu son fils avant de devenir témoin de Jéhovah, et que finalement ne pas pouvoir entrer dans une célébration qui rappelle doit avoir un côté pratique pour éviter de toucher l'émotion difficile. Je sais qu'il y a des évitements nécessaires, car les drames mettent souvent du temps à se dissiper en nous...O, cet être animé de vie, généreux de sa personne, grand communicateur, curieux pour plein de chose, continue de survivre à ce drame, de le distiller à son rythme. Il n'est pas le premier témoin de Jéhovah dont j'observe le lien entre sa pratique et son drame.

Bref, il n'est pas juste un témoin de Jéhovah fatiguant qui cogne à ta porte un dimanche en beaux habits pour te parler des souffrances du monde et du ciel pour les élus qui doit arriver bientôt... Non, il cherche sa renaissance après sa propre souffrance. Il est humain.

samedi 7 novembre 2009

Hier, l'hiver...

Hier , il faisait froid: - 5 degrés Celsius et la neige s'est mise à tomber en après-midi. En rentrant avec la bagnole, c'était la poudrerie et l'hiver!

vendredi 6 novembre 2009

Show de boucane et show de ridiculisation

La vérité 2

Hier soir, à Enjeux, il y avait un reportage intéressant sur l’opposition à la vaccination. Bon, je suis tout cela distraitement, je suis au boulot et occupé par autre chose que le débat sur la santé. J’ai été surpris d’apprendre qu’on médiatise depuis un petit moment le fait que des gens comme vous et moi peut-être, dans notre boîte de réception, avons reçu des mails sur le génocide mondiale redouté par certains personnages aux allures de gourous et concocté par des autorités mondiales obscures…

Je ne l’ai pas été, cependant, par le traitement assez normal de ce genre de document dont nous habitue Enjeux, dont je suis loin d'admirer la rigueur et l'impartialité orientée, qui pourrait se résumer à ceci : il y a des fous furieux qui délirent et certaines personnes les croient et en meurent et là, ils utilisent la peur de la vaccination pour vendre leur commerce de conférences délirantes. La biologie totale, wash, sortez les crucifix, est derrière tout cela. L’argument, c’est la tête dépitée d’un médecin…  Puis l’image, des paroles prises sur le vif de ces délirants acteurs. On se dit, mais comment ces imbéciles se laissent-ils convaincre par de telles simplifications?

Je ne sais pas ce qu’est toute la réalité des choses, je ne me prends pas pour un gourou. Je ne vends pas de la conférence; je ne défends pas non plus un système comme celui de la santé publique actuelle et sa manière pour moi discutable de prendre notre santé en charge; je ne remets pas en question non plus son utilité pour certaines interventions que la médecine permet de pratiquer avec succès; je m’interroge franchement sur le pouvoir pharmaceutique et la folie de la chimie thérapeutique actuellement en vigueur dans ce système.

Ce que je sais, pour avoir assisté un temps de ma vie à ce genre de conférences, c’est que ce que je vois à la télé n'est qu'un petit bout de tout autre chose. Pour l’ex-Docteur Lanctôt, je ne sais pas, je ne la connais pas vraiment, j’ai déjà été voir une petite conférence de Jean Jacques Crève-Cœur (le Belge qui a fait un film sur Hamer), jamais en séminaire et j’ai lu la plupart de ses livres. J'ai assisté aux séminaires de la sorcière qu'on a vu passer dans l'ombre, la démoniaque Julie et de son conjoint. A côté des formules simplistes qu’on leur prête en bloc à toutes ses figures sans discernement d’un mouvement assez complexe en fait et souterrain, avec ses guerres de clans et d’idées, il y a aussi tout une autre façon de voir le monde, il y a une autre représentation du fonctionnement du corps et de ses interactions avec l’environnement. Il y a eu aussi beaucoup de dérives et d'apprenti-sorcier qui se sont avancé à jouer les gourous et les thérapeutes auto-proclamés.. J'ai même eu ma compromission un moment, boff, un battement de cil, dans une journée, dans ce genre de dérive. Mais bon, je n'ai jamais conseiller de cancéreux, j'ai fait un peu de relation d'aide avec dans mon bagage  ces représentations. Non, j'ai renoncé, parce que j'ai bien dû admettre que je n'avais pas de preuve ni de système de soutien (le métier de thérapeute est un métier de solitaire, de moine presque, pas étonnant que les psychothérapeutes, les légitimes autant que les patentés, je pourrais vous en compter, ont des vies folles ben souvent) pour vraiment aller jouer ce genre de rôle pas évident de conseiller les gens dans leurs vies. Non, je suis revenu à l'enseignement, jamais je ne parle de ça à mes élèves, mais bon il m'arrive de soulever des doutes, ça me semble une bonne attitude scientifique à développer et pas juste contre ceux qui contredisent les vérités indiscutables du crédo scientifique institutionnel. Comme je dis à la blague, je n'ai pas besoin de jouer au thérapeute, je vais mieux!

Bon, franchement, je ne sais pas ce qui est arrivé à  Crève-Cœur , car j’ai trouvé ces mails marathons assez délirants… J’étais habitué à plus de mesure quand j’ai lu ses livres… Là, il fait guidoune sophistiquée et parano. En tout cas, il a l’air d’y croire, je devrais peut-être me méfier!

On nous présente aussi, en preuve, l’histoire d’un monsieur ami de Madame Lanctôt, mort de son cancer de la prostate, généralisé puis qui a fini en cancer des os. On la voit faire du déni. On nous montre une dédicace signée Guylaine pour prouver leur relation. Et donc, voilà certainement, une âme qu’on aurait pu sauver s’il n’était pas tombé sous le charme de la méchante gourou qui cherchait une chose : son cash! C’est tellement simpliste… Et sans rigueur comme accusation… Y a des cours de justice pour trancher ce genre de chose… C’était quoi ça hier? Remarquez c’est un pattern d’accusation assez à la mode avec les Madolf, Earl Jones, et autres gourous de la finance qu’on a vu dans les journaux ces derniers temps…

 Y a personne qui peut imaginer les choses d’une manière un petit peu plus complexe? Regardez, si je refuse un jour une chimio et que je prends le chemin de me passer de la médecine parce que je veux faire à ma tête et que finalement je meurs,  ce serait con d’en accuser ce genre de gourous, même si j’ai fait deux de leurs séminaires, assisté à quelques conférences et lus plusieurs de leurs livres…  Évidemment, ces morts ne sont pas là pour venir nous dire pourquoi ils ont eu cette tête de cochon. C’est pourtant assez simple pour moi, je suis né comme ça d’une famille un peu comme ça, habitué à se débrouiller et à s’expliquer les choses autant que possible en tenant compte de ce que l’on vit, de notre expérience, pas en se laissant bercer par des gens pas capables de visser une vis qui répètent en beaux habits ce qu’un système a préparé comme formule toute faite pour expliquer tout, même si souvent on ne comprend rien de ce qu’ils disent… Je suis des gens qui ne vont pas se lever non plus pour suivre les discours patriotiques et aller se faire tuer je ne sais pas où… oui en 40, j’aurais pris le bois… Bref, des contradicteurs naturels. Si je crève en testant une théorie, ça résumera ma vie Osti!

Ces gens m’ont proposé une autre grille que faites-moi- confiance- je- suis- docteur pour observer la vie qui me traverse. C’est assez intéressant d’avoir cette grille d’observation. Même si je n’ai  pas de certitudes sur la valeur de leurs théories non plus. Oui, dans leur rang, il y a des malades, des paranoïaques, des gourous qui font la piasse, en même temps, quand j’observai, l'autre jour, cet indien qui est dans un délire toxicomane en train de se plaindre d’une blessure au genou alors qu’il a précisément un conflit avec l’autorité que j’incarne, qu’il va jusqu’à me faire la scène spectaculaire de prendre des cailloux et de se les lancer sur sa blessure comme pour dire « je suis plus fort que cette douleur», je souris parce que le monde a une certaine cohérence dans ses délires! Le corps et la psyché de ce jeune en crise parle un langage du corps et psychique compréhensible, le genou de la soumission a mal. Mais bon, ce n’est pas moi qui va désintoxiquer ce jeune, ce n’est pas moi qui va soigner  ou gérer sa schizo possible en train d’émerger, ni  la perte d’identité de son peuple, soumis et assistés,  par la société occidentale blanche qui englobe et phagocyte leur mode de vie… ce n’est pas moi qui peut soigner la perte de sens d’un peuple que ce jeune exprime dans une maladie mentale en partie provoqué par l'intoxication.  Non, je peux juste comprendre que les liens complexes entre son délire, la scène qu’il me jouent et la partie de son corps qu’il utilise ont un sens cohérent qui exprime une douleur réelle, physique, et aussi psycho-culturelle.

Je ne suis pas victime de ces gourous, je suis allé réfléchir leurs idées et leur représentation du monde et certaines de ses représentations m’ont paru des hypothèses assez intéressantes, voilà toute l’histoire. J’ai été apprendre une certaine conception du langage du corps.  J’étais content maudit de rencontrer du monde qui voyait le monde de la santé un peu comme une opposition officielle à l’assemblée nationale. Il n’y a pas de contradicteurs, qui aient droit de cité, à ces gens qui dirigent le système de santé. Il ne viendrait même pas l'idée que des collusions comme dans le monde de la construction pour des sommes autrement plus faramineuses que celles dépensées dans les travaux publics puissent contaminer la vérité... On est nécessairement un hurluberlu si on s’avise de poser des questions.

L’avez-vous la preuve de l’efficacité du vaccin, vous? Moi je ne l’ai pas vu, jamais… L’explication, je la connais depuis l’école comme tout le monde… et mon vaccin de ce ne sais pas trop quoi en 4e ou 5e année… on se prépare à nous la rappeler à notre show de boucane scientifique dimanche soir prochain...

Hier, leur preuve : «ben voyons, comment expliquer qu’on n’a plus de grandes épidémies, de coqueluche, de varioles, de… depuis qu’on vaccine?» Ce n’est pas une preuve, c’est une proposition explicative invérifiable  avancée comme une preuve alors qu’il s’agit d’une corrélation : les maladies infectieuses ont diminué et disparu, tandis que la vaccination  a augmenté et s’est généralisée. Euh, dans les pays pauvres et exploités jusqu’à la moelle, on trouve encore pas mal de ces maladies…

Bon, dans tout bon cours ou livre de méthodologie scientifique qui se respecte, on vous mettra en garde contre les conclusions hâtives, une corrélation n’est pas une causalité, il peut exister une troisième variable (des milliers de variable en fait) qui seront aussi en corrélation très bonne, et qui pourrait être la cause ou un facteur d’un ensemble de facteurs qui dans leurs interactions causent ensemble le phénomène observé.Ce n'est pas évident de prouver quoi que ce soit en fait même avec les outils de la sciences dans ce genre de réalités complexes. C'est tout le défi de la recherche en psychologie, par exemple, où l'on se pose souvent ce genre de questions, parce que la psyché et ses interactions représentent tout un défi quand il s'agit de mettre à l'épreuve une théorie...

En intervention  et science médicale, ben, même si le corps a l'air plus mesurable que la psyché, on n'a pas trop plus de preuves que des comparaisons statistiques des variabilités sur certaines mesures entre groupes qui reçoivent un traitement et d'autres qui n'en reçoivent pas ou qu'on fait croire qu'ils en ont un. On n'est jamais sûr que le truc a agi même si, en apparence, il semble le faire... Quand on entre dans la réflexion de tous les biais possibles qui ont été soulevé et documenté pour savoir si ce genre d'études a une valeur de vérité acceptable, wow, on se rend compte que c'est loin d'être évident qu'un résultat publié par une équipe de chercheur est la vérité ou simplement fiable, valide. J'ai lu une plaquette assez bien documenté sur l'effet placebo qui guérit et explique que jusqu'à 50 % de la variance des effets mesurés peuvent être expliqué par l'effet placebo: le cadre du traitement (si, par exemple le doc est sympa, confiant ou non: air bête et dépressif, la pilule est rouge au lieu de jaune!) a beaucoup d'impact sur l'effet du traitement... Ça ne laisse pas beaucoup de place pour celle de l'effet du traitement ça... Bref, on nous bourre de pilules avec un système de preuve aussi défaillant et biaisé fortement par les impératifs économiques de ses acteurs et on ne devrait pas se méfier un peu...

Allons-y pour quelques facteurs explicatifs possibles qu'on pourrait faire valoir puisqu'ils corrèlent  aussi avec la diminution des grandes épidémies dans les pays occidentaux! Quelques sensés :

- L’éducation et l’hygiène, la médiatisation qui a vraiment implanté et généralisé cette hygiène moderne.
-Le mode de vie a radicalement changé.
- L’alimentation aussi.
- Les gens ont des maisons plus salubres, plus spacieuses.
-Ils y a moins de gens pauvres…
- La plupart des gens dans les pays industrialisés ont plus une vie confortable qu’avant sans devoir constamment se battre pour survivre…
- Les familles moins nombreuses…

Et quelques farfelus :

-          - Les gens mangent plus de pop-tarts
-          - Mangent plus de sucre.
-          - Ont des voitures
-         -  La télé est plus regardée…

-          Imaginez-en des corrélations, des variables : des trucs qui ont changé depuis que les grandes épidémies ont diminué…

On constate que franchement, à part l’explication classique, il n’y a pas de preuve, il y a une corrélation, c’est tout, comme mes milliards d’autres qui pourraient être faites.

Combien de vaccinés font quand même parfois la maladie dont il devrait être immunisé? Qu'Enjeux aillent vraiment faire son enquête? Ce serait intéressant, j'imagine qu'on va leur dire, ben c'est juste impossible... des études? Euh, pas d'argent pour ce genre d'études...
Bref, hier j’ai vu des gens qui ont une représentation du monde avec pas de moyens techniques pour se donner de la crédibilité se faire ridiculiser par un système qui a les moyens techniques de bien emballer sa représentation du monde dans un verni de vérité… C’est tout.

mercredi 4 novembre 2009

L'invisible

Ce qu'il y a de bien avec les microbes et les virus, c'est qu'on ne les voit pas. A la limite, ils n'existeraient pas, 90 % de la population pourrait  être berné par cette représentation qui explique qu'ils ont à l'occasion pour quelques jours, mal aux muscles ou la gorge enflée et mal à la tête...

Pour sûr, quand ça arrive, ce n'est pas l'état normal. Pour le reste, ce qui se passe faut faire confiance aux messieurs qui se disent médecins ou scientifiques... Au show de machines technos et aux dramatiques de la recherche et de ses héros de nos dimanches soirs avec notre vulgarisateur scientifique... Toute société moderne qui se respecte a son show de vulgarisation... où personnellement j'ai vu mille et une fois l'histoire de la lutte contre le cancer, cet alien qui nous tue de l'intérieur, et celle homérique contre les virus, ces méchants à traquer. Pis tiens, nos bons manuels d'école qui implantent la vision bien solide que le monde est dangereux dans l'invisible...

Ce qui est pratique aussi, c'est que personne n'a vécu des épidémies historiques, difficiles de se faire une idée.

Curieusement, personne ne parle trop de certaines observations qu'on peut faire: bien des gens tombent malades après la mort d'un conjoint ou des événements traumatiques ou après une longue performance et en prenant ses vacances... Moi je suis souvent malade le weekend, aussi en terminant une année scolaire... comme si les virus choisissaient précisément le moment où je me repose pour me tomber dessus!

Curieusement aussi quand je reprends le boulot, je prends une tylénol et hop, bien occupé, comme par enchantement. mes infections vont décroissantes... Je peux même être plusieurs journées bien actif en dormant mal et donner dans la performance. J'arrête le weekend... paf, je tombe, je suis assailli par l'invisible qui paralyse, infecte, empêche de bien digérer, qui endort... Bon bon, des fois, c'est plus fort que notre volonté, la maladie nous arrête peu importe notre volonté...

J'ai remarqué plusieurs fois quand je m'occupais de mes enfants jeunes que le moment d'une grosse confrontation visant une demande de ma part pour qu'il grandissent parce que je les sentais capable de prendre de nouvelles responsabilités menait bien souvent à une bonne grippe ou un bon rhume... Et après, magie, j'ai eu souvent l'impression  que la crise était finie, le changement demandé intégré. Comme si, la maladie avait eu un impact positif... Curieuse invisibilité, ne trouvez-vous pas? Je dois rêver parce que je n'ai jamais vu au show de boucane vulgarisé du dimanche soir ce genre d'observation de la réalité autour de ce qu'on pense qui est causé par un invisible destructeur.

J'ai remarqué aussi (je suis un maladif, c'est pratique pour observer!) que quand je n'ai pas l'impression de servir à grand chose ou que franchement quand ce dans quoi je suis impliqué ne fait pas de sens ou lorsque je suis vraiment dans le sentiment que la situation m'échappe et me dépasse, que je suis alors plus susceptible de tomber sous l'assaut de l'invisible!

Évidemment, je les comprends les explications savantes, moi aussi je peux écrire, comme la bonne infirmière qui signe les billets de santé de mes élèves, B.Sc à côté de mon nom. Ça fait sérieux, non? Du bel invisible pour ceux qui n'ont jamais fait un bac scientifique. C'est paradoxalement là que j'ai relativisé les sciences, en apprenant et mettant à l'essai sa méthode et en m'intéressant à l'épistémologie des sciences (réfléchir à la valeur de vérité des preuves en science) grâce à un copain qui tentait à l'époque une maîtrise sur la question. C'est là aussi que j'ai entendu parler (et vu de visu) de courses aux subvention, de l'impératif de la publication, du traficotage de données dans des techniques statistiques bien masquantes avec lesquelles on peut faire dire pas mal de choses à des données. C'est là que j'ai compris que la plupart des énoncés de santé publique d'un point de vue des principes de la preuve en science sont absolument faux. La cigarette cause le cancer est un énoncé faux ou franchement inexact. Non, ce qu'on peut dire c'est il y a une corrélation forte  et souvent observable entre deux événements. Le fait de fumer et celui de faire un cancer. Que statistiquement, les fumeurs sont plus souvent atteints d'un cancer. Mais la causalité est quelque chose de difficile à établir quand trop de variables peuvent entrer en interaction pour expliquer la présence de ce genre d'état morbide ou pathologique. Quand on voit de nos jours, nous suggérez de manger du chou parce que ça protège du cancer, parce que des études montrent que des populations qui en mangent beaucoup font moins  de cancer, cibole, on nous prend pour des valises! Pour comprendre le fait qu'ils en font moins, on pourrait aussi regarder tout ce qui fait leur mode de vie, car penser le cancer sans une vision multifactorielle est simplement imbécile et, en plus, en arriver aux simplifications grotesques qui passent au bulletin de nouvelles par un médecin qui nous précise bien que sa crédibilité repose sur des études sérieuses menées par des équipes scientifiques reconnus dans le monde entier pour nous faire devenir végétarien... Vous n'avez pas tout entendu vous sur ce qui vous protégerait et son contraire contre le cancer. Encore hier soir, à l'épicerie, la science qui avec un mot alyssin et des formules de chimie moléculaire et des interprétations d'un gourou de science sans explication vraiment convaincante vient appuyer une belle croyance populaire et le commerce d'une madame bien cool pour nous faire manger une gousse d'ail par jour... Tiens en pleine grippe A, mais bon ne vous faites pas avoir, les virus devraient s'en taper pas mal de l'ail selon leur théorie... Fiez-vous à eux autres... mais bon, je vous dirais juste d'oberver si l'ail pour vous n'a pas d'autres effets indésirables. Pris crus, c'est un cibole de décapant! Une chance qu'il le mentionnait. J'ai fait ça moi, en manger une gousse crue tous les jours. Moi aussi je voulais tuer les maudits microbes. Mon corps veut pu en entendre parler de l'ail depuis... Calvince, c'est un poison puissant qui tue des bactéries, alors que le système digestif en est rempli pour faire un job important, décomposer ce qu'on mange... On nous fait bouffer du yogourt cibole pour reconstituer notre flore bactérienne... On est jamais correct anyway avec ces prêtres de l'alimentation... Perso, couper vos produits laitiers, personne n'est un veau, et oublier l'ail, j'ai pas souvent mal à la gorge depuis ... je prends juste rien, pas de quelque chose contre, et je mange simple.

Mais bon, même au show de boucane du dimanche soir, on ne parle jamais de ces petites subtilités parce que trop de gens ne comprendraient pas et ça pourrait faire baisser les côtes d'écoute et peut-être même aussi ce pourrait être fatiguant pour la caste des scientifiques qui ont des belles positions dans notre société que trop de gens savent qu'ils ne savent pas trop bien souvent et qu'ils répètent sans cesse les mêmes visions des choses sans se poser de questions et laissent des inexactitudes peu innocentes faire la loi dans nos vies...

Aujourd'hui, la science se fait dans des entreprises et de grosses organisations institutionnelles. Bref, ce qui en sort dépend d'une gestion assez importante par un nombre d'acteurs faramineux. Vous  avez observé, vous, comment nos organisations humaines sont parfaites! Vous n'êtes jamais victime d'erreurs bêtes et inexplicables... Vous n'entendez jamais parler de scandales de gestion? J'imagine, je dois être un peu délirant, assailli par d'invisibles facteurs de lubies... Quand je me dis que toutes ces erreurs et manipulations sont aussi possible dans une science institutionnelle qui donne un job et des revenus à tant de monde, je suis apeuré un peu parfois.

Au moins, les politiciens, on peut bien souvent voir clair dans leur jeu. Avec nos héroïques apôtres des sciences qui combattent vaillamment l'invisible pour nous à coup de pilules et d'injections, c'est franchement difficile de critiquer. Ils ont un combat si noble à faire comme on le voit le dimanche soir...

Ces gens tripatouillent nos corps, comme les curés d'antan tripatouillaient nos âmes. Notre véhicule, notre possibilité d'exister, nous leur confions ça sans nous poser de question.

Il y a une dizaine d'années, j'ai justement pas mal erré dans les couloirs de cette institution scientifisante dans mon combat contre l'invisible, car mon état régulier était devenu dysfonctionnel, j'étais tout le temps malade et fatigué. Je faisais confiance à notre science et à ses grands interprètes pour me sortir d'une situation qui me dépassait. J'en ai vu du gaspillage, de l'errance, des solutions faciles, de l'absence de compréhension des réactions des gens, des gens dépassés, stressés, fatigués pris dans une mécanique de protocoles d'accompagnement. Ça n'a rien donné. Que dalle. Des années! Pire, je dirais que la confiance que je leur ai accordée m'a fait errer dans des années perdues et lourdes de conséquences, alors que ce que j'ai appris étaient pourtant bien des connaissances disponibles bien que pas très publiées... Je m'en suis sorti tout seul dans mon coin en fouillant un peu partout et en m'observant et j'ai trouvé le problème, enfin j'ai réussi à retrouver un niveau de fonctionnement acceptable.

Encore récemment, j'ai pu observer la fait qu'on a beau avoir tous ces jargons, même les intervenants de première ligne ne comprennent pas des choses assez élémentaires du fonctionnement du corps, tant ils suivent des protocoles et leurs convictions institutionnelles, les belles interprétations toutes faites.

Je suis allé pour faire de prises de sang, histoire de voir après 10 ans ce que mes indicateurs indiquent au sujet de ma santé. Ajun un matin, après bien des éprouvettes de bon sang, j'ai perdu connaissance. Oui, oui, riez!

Bon, pour l'histoire, ce n'est pas nouveau ma problématique avec le sang. Je n'ai pas spécialement peur du sang, j'ai juste rapidement la nausée et des étourdissements violents un peu quand je me coupe et saigne abondamment après une coupure, ou quand j'ai donné du sang... C'est pas la même chose que la peur, non c'est plus de l'ordre d'avoir été brassé par un rotor, un manège pas vraiment épeurant, mais qui donne la nausée rapidement. Bref, j'aime pas qu'on me joue dans le sang essentiellement parce que ce n'est pas agréable. Mais bon, la perte de conscience, c'est nouveau!

J'aurai fait une syncope pour parler de l'invisible, m'a-t-on dit, qui a fait que je respirais pour me décontracter et la seconde suivante, j'étais blanc autant en dehors, que dans le rêve où je venais d'entrer qui d'ailleurs n'a pas manqué de m'intriguer (Que ce passait-il? tous les murs étaient devenus blancs et les gens et les choses, tout blanc!). Dans mon rêve j'observais un écran et commençais à me dire que je ne voyais plus les infirmières quand des images se sont mises à défiler en accélérant et je me suis senti pris d'un vertige et peu après j'émergeais... Autour de moi, la panique... Moi j'étais intrigué pour ne pas dire fasciné par cette expérience, même avec la terrible nausée et l'impression d'être sonné. Le rêve blanc et s'évanouir, wow!

Bon, je passe outre que je crois que le fait qu'on ait cherché à me réveiller coûte que coûte a été une intervention un peu violente. Mon corps m'a endormi, pas pour se faire réveiller par un stress, j'imagine des sels d'iode ou je ne sais quel technique. D'ailleurs, personne ne m'a parlé de ce qu'ils ont fait pour me réveiller.

Non, ce qui m'a frappé, c'est que l'on ait insisté fortement pour je prenne quelque chose à boire ou à manger alors que j'ai clairement communiqué que j'avais la nausée et une bonne nausée! Aussi, assez surprenament, on a évoqué que j'étais hypoglycémique alors que rien ne documente cette réalité. Donc, faut boire du jus! Ils pensaient que je m'étais évanoui parce que je manquais de sucre!


On est revenu souvent à la charge avec ce jus, alors que je récupérais sur une civière qu'on a eu la bonne idée de laisser dans la salle où plein de gens sont venus faire leur prise de sang. Pour soit-disant me surveiller. Écoute, quand tu viens de perdre connaissance à cause de prises de sang, entendre parler de piqûre, de sang, savoir qu'on fait des prises à côté, imaginez ce qui se passe, cibole, ce n'est rien pour faire passer la nausée! J'appelle pas ça du repos récupérateur...

Et bon,  malgré que je refuse et dis que je ne crois pas que c'est une bonne idée, je finis par boire le cibole de jus rouge dégueulasse et surinjecté de sucre de l'infirmière gentille et ,désolé, ce que je connais de la nausée et de mon corps a eu raison. Au bout d'un moment pas très long, je l'ai bien entendu vomi ce jus infecte, rouge par dessus le marché! Peu après, je me suis relevé, j'ai pris mon char et je suis allé me coucher 2 bonnes heures pour récupérer tranquille. Ils allaient finir par me tuer par stupidité!

Moi, ça m'épate encore de voir que dans le monde médical, on peut ne pas comprendre un symptôme aussi banal que la nausée, le corps nous dit:"mange pas", c'est pas le temps, y a d'autres urgence à régler que de mettre de l'énergie dans une digestion...

Bref, parler de l'invisible avec des mots souvent incompréhensibles avec des explications simplistes et toute faites pour interpréter le mystère qui nous traverse ne date pas d'hier. Pour ma part, quand j'observe ce qui m'entoure, je vois juste qu'on a troqué la toge pour le sarrau blanc avec un bon show de boucane le dimanche soir au lieu du dimanche matin. Et en bout de ligne, le résultat est le même, on laisse ces gens prendre de belles positions tout en laissant d'autres gens nous pomper via des taxes pour payer tout ce gros show et on leur donne le petit Jésus sans confession! Je vois aussi souvent que ce dont ils parlent n'a pas  souvent de cohérence avec mon expérience personnelle et que faute d'avoir une équipe scientifique et plein pouvoir pour contredire leurs âneries, je vais continuer de prendre leurs vérités pour ce qu'elles sont des hypothèses et des interprétations possibles de la réalité vu comme une norme, bref des hypothèses à expérimenter personnellement. Personne n'est la norme, c'est une technique statistique qui donne une indication de tendance de groupe encore là selon un échafaudage de présupposés pas mal discutables et qui dans la réalité ne sont même pas respectés la plupart du temps. On ne vous parle pas souvent d'échantillonnage au show de boucane...

Si au moins, ils guérissaient vraiment les gens avec leur magie... Même pas, quand on regarde attentivement le bilan dans des maladies comme le cancer, on voit surtout et toujours l'hécatombe... tandis que l'industrie pharmaceutique prospère!

Probablement, que dans quelques siècles, quand on aura du recul et compris un peu mieux le corps humain et ses interactions avec l'environnement, nos descendants se diront que les chimistes d'aujourd'hui ne faisaient pas grand chose de plus que les saignés d'antan...

lundi 2 novembre 2009

La vérité

En ce moment, avec la folie ambiante au sujet de la grippe A h1n1, on se demande franchement où elle est passée.

Objectivement, on a des listes de morts, moins que dans la grippe courante. On a aussi des cas bizarres qui étaient en apparente bonne santé. On a des gouvernements qui ont suivi des mots d’ordre de l’OMS, prompte à appeler pandémie cette souche étrange et nouvelle, alors que les grippes courantes en sont aussi sans qu’on en fasse tout un plat même si elle tue 250 000 personnes par année, d’investir des sommes faramineuses dans des vaccins dans un contexte de crise économique. On est presque tous, majeurs et vaccinés, donc bien sensibilisés à la théorie de Pasteur par nos bons shows de machines et de sciences du dimanche soir.

Objectivement, une grippe, toute grippe donne l’impression qu’un train nous passe dessus…Même si on le répète pour faire sensation au sujet de la grippe A… Les journaux n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent, les USA sont en déprime de subprimes! Sont en train de perdre doucement leur influenza hégémonique.

Donc, faut vacciner.

En même temps, objectivement, dépenser de l’argent pour rien ce n’est pas très bien vu, surtout quand la finance a fait des bévues, n’a pas tenu ses promesses et a créé des dettes objectivement astronomiques qu’on a épongé en douce avec des fonds publiques. Objectivement, la science, c’est aussi une industrie économique et marketing qui fait de grosses affaires. Objectivement, la science et sa méthode, bien qu’elle soit une démarche rigoureuse permettant parfois d’objectiver des processus naturels assez obscurs, n’est pas à l’abri du dévoiement, de la manipulation de données. Pour avoir fait un B.Sc. dans ma vie et côtoyé de près des demandeurs de subventions, pour avoir eu des chums qui ont été témoin de traficotage de données pour qu’un directeur de recherche puisse toujours jouir de sa notoriété et, au passage, continuer d’avoir les plus grosses subventions du département, je me suis toujours par la suite gardé un petite gêne au sujet de la religion des sciences et de ses vérités… Comme l’a dit avec à propos un humoriste de chez nous, ceux qui font des remèdes pour le diabète, font 6 milliards de profits par an… Si quelqu’un s’avise de trouver une solution définitive à ce problème, cette compagnie perd 6 milliards par an et tous ses actionnaires rentiers aussi...  Combien de jobs directs et indirects dépendent de l’existence du diabète? La maladie, qu’on le veuille ou non, légitimise des pans entiers d’économie. Quand on pense au nombre de fonds de pensions investis dans des actions de pharmaceutiques, on découvre que les flux financiers de cette activité font vivre pas mal de gens.

Après, je me suis dit que la vérité est difficile à saisir, pas toujours aisé à établir, on a même intérêt à la créer ou à l’entretenir pour ne pas que la structure s’effondre.

Elle reste provisoire, relative comme l’affirme d’ailleurs les épistémologues de la science, ces gens qui réfléchissent à la valeur de la méthode scientifique.

En bout de ligne, la pandémie qui nous affecte n’est-elle pas cette interdépendance internationale ou tout s’interpénètre pour nous ficeler dans des nœuds inextricables où la vérité, celle qui s’objective,  n’a plus aucune chance d’exister tellement les intérêts de tellement de gens en dépendent? La grippe Ah1n1 sonne comme la grippe à chaînes…

dimanche 1 novembre 2009

Changer l'heure de l'est!

L'heure de l'est, quand on y pense, ça va de l'ouest de l'Ontario au bout est du Québec. Moi, je ne suis pas très loin d'un bout. J'avais remarqué qu'en Gaspésie l'été, le soleil se couchait tôt.

Bref, je suis lève-tôt, j'aurai de la lumière en me levant... Mais bon, en sortant de l'école,vers 4-5 heures il va faire déjà noir... L'hiver ici, j'imagine déjà qu'à 15 h 30 ça va commencer et qu'à 4h il fera tout à fait noir...

Ce n'est pas guai quand on y songe. A se demander, pourquoi il appelle ça l'heure normale.

samedi 31 octobre 2009

Internet pour faire des économies...

Je cherche parfois du matériel pédagogique pour soutenir l'apprentissage de mes étudiants sur le Net. C'est loin d'être simple. Clic ici et là. Le temps file à chercher, c'est sidérant. C'est un bordel... Pis faut trier. Faut sûrement y mettre le temps!

Doit y avoir quelque chose que je comprends pas! Car, franchement, j'ai été mieux servi d'aller trouver une collègue qui avait accumulé du stock et l'a emmené dans une coupe de boites...

Quand j'ai parlé à mon boss pour savoir s'il y avait du budget pour avoir un peu de ressources didactiques complémentaires, la réponse ne s'est pas fait attendre bien longtemps:« Internet!».

Ouin ouin...