dimanche 5 juillet 2009
Impostures
J'imagine la face de l'invité quand justement une associée dit à l'autre qui lui est supérieur: «Veux-tu t'occuper de l'invité, offre-lui donc ce morceau à 55$ et fais-lui cadeau des taxes!
On rit, mais ces travestissements du sens se multiplient, mais personne ne dit rien parce quand tu es payé dans un job précaire sans syndicat, tu ne discutes pas les non sens de tes patrons.
Bon, nous devenons des facilitateurs, des animateurs pédagogiques, des professionnels... et les élèves, des apprenants.
Tiens, avec la philosophie actuelle, on devrait les appeler des succès. « Les succès sont tannants ce matin, il va neiger»
vendredi 3 juillet 2009
Confession d'imposture
Toujours est-il que par association d'idées, j'entre dans ma recherche google «imposture et éducation» pour découvrir deux livres qui portent le même nom: " L'imposture pédagogique" de deux profs de philosophie en France: Bernard Berthelot et Isabelle Stal.
Berthelot nous parle de l'entrée de l'entreprise dans l'école avec la pédagogie par objectifs venue écraser l'essence même de l'école depuis les années 70. Il défend l'école des savoirs. Je vous conseille un détour sur le pdf disponible en ligne et aussi cette petite synthèse sur le site Insomniaque. Sur ce site, je note:
«Au fond, dit Berthelot, l’école des savoirs est celle du citoyen libre de choisir sa destinée et de faire ce qu’il veut de ces connaissances. Alors que l’école des compétences est noyée dans le moralisme où l’on dit constamment à l’élève quoi penser.
Voilà: les pros de l'éducation sont tellement moralistes et manipulateurs en plus avec leurs faux contextes signifiants et leurs faux projets venant des élèves. Leur fausse démocratie et leur délirante socio-construction des compétences." Il y a là deux conceptions irrémédiablement opposées de la liberté. " »
Pour le livre d'Isabelle Stal, on trouve des résumés. J'ai été notamment fort interpelé par cette citation extraite de ce résumé du livre: «Au terme de la démonstration, on comprend pourquoi et comment notre système d'enseignement "où les enseignants feignent d'enseigner et où les élèves feignent d'apprendre"… "est sinistré, de la maternelle à l'université". »
C'est tout à fait cela. Je feins d'enseigner et il feigne d'apprendre. Il feigne de s'inquiéter des évaluations et je feins de les évaluer. Et partout, il faut éviter les drames. L'école est une mascarade sans la réalité d'un contexte de travail respecté et valorisé et le respect du maître. L'école des recettes, des trucs, des raccourcis, des droits aux outils de références, l'école des bofs le nombre de fautes, des «en voie de maîtrise», «minimalement satisfaisant, des 3+, des échelles de compétences, tout cela c'est de la frime, de la maudite frime...
jeudi 25 juin 2009
jeudi 11 juin 2009
Suite de Home: taxe sur le carbone
Bon, comme je l'ai dit c'est probablement pertinent. N'empêche que c'est tout de même curieux de mettre sur la table une série de mesure de taxations après avoir balancé au privé de l'argent publique pour renflouer l'excès des financiers.
Au Canada, on devrait aussi en entendre parler bientôt, quoique nos sables bitumineux qu'Ignatieff défendrait mieux que Harper font peut-être obstacle à cette option trop pro-environnement...
Mais bon avec un déficit de 50 milliards prévu au printemps, on va bien chercher des solutions...
mardi 9 juin 2009
Bitchage: mon remède? Qui a dit quoi?

Hier, on a attiré mon attention sur des billets sur le «bitchage». Un prof au primaire dénigré par des collègues depuis 12 ans rapporte le billet de Martineau du 27 mai qui, lui-même, nous parle d'une dame, Marthe Saint-Laurent, qui a écrit un bouquin sur la question.
Aujourd'hui, en salle à dîner de profs, j'observais justement une prof vilipender un prof masculin et je me souvenais en même temps avoir été le mois passé autour d'une table où elle était elle-même dénigrée par une autre femme qui la déclarait rien de moins qu'incompétente avec plein d'autres profs, des femmes, autour qui en remettaient ou écoutaient sans mot dire...
Juste dire que tant que les quolibets ne reviennent pas dans la bouche d'un directeur (ou directrice) qui veut mettre de la pression sur nous pour une raison quelconque, ces ragots émotifs la plupart du temps ne portent pas trop à conséquence même s'ils ne témoignent certes pas d'une grandeur particulière propre à l'espèce humaine! Bon, l'expérience de prof solitaire est assez particulière, je n'ai pas vraiment rencontré ce genre d'attitude malsaine à ce point, même si j'ai senti souvent de mauvaises vibrations venant de collègues soucieuses de garder leur contrôle dans le milieu.
Ce qui est chiant pour l'avoir vécu récemment encore, c'est l'accusation anonyme et souvent imprécise qui nous place sur une défensive malsaine. «Quelqu'un m'a dit ou plusieurs m'ont rapporté que... » dans la bouche de l'adjointe... Dernièrement, j'ai trouvé une parade. Demander avec précision qui a dit quoi à propos de quoi. Juste pour sortir du procès kafkéen et du délire justificatif d'un Joseph K, ce héros accusé, qui ne sait de quoi. Évidemment, avec notre tendance à vouloir être parfait, on a toujours quelque chose à se reprocher... Ce n'est pas une raison pour tomber dans le piège...

Tout d'un coup, en demandant des précisions, la situation bizarrement s'inverse. La directrice devient mal à l'aise et se rend compte que son accusation sans accusateur n'a pas de fondement. Idem pour des plaintes de parents... Qui? et quoi? Combien de parents font plein de parents ont appelé, pour dire quoi précisément? Puis-je les appeler? Etc. Et là, de précisions en précisions, on peut expliquer précisément notre point de vue sur la question et démonter la mécanique de l'accusation délirante dans laquelle on tente de nous enfermer. Car une opinion, comme chacun sait, n'est pas une preuve.
Le remède au «bitchage», ne pas laisser les autres s'en servir sans les mettre en devoir de fonder leurs accusations... Bon, je ne crois pas que ça me prépare un job pour l'an prochain, mais je garde au moins ma dignité et j'obtiens le respect de ne pas être la carpette des humeurs d'un leader... Les coups par en dessous, malheureusement, on n'y peut rien...
Bon, pour le reste, avant de jeter la pierre, faut se regarder, «bitcher» est souvent un réflexe pour se défendre contre sa propre peur de ne pas être à la hauteur. Si on se faisait confiance entre professionnels au lieu de constamment s'imaginer qu'autour de nous les gens sont régulièrement incompétents... Enfin, depuis qu'on croit tout ce que les enfants disent contre la parole d'adultes dignes de confiance, que le concept de règles est en perte de vitesse et que l'autorité, chargés de voir aux respects de règles, est une figure décadente, les temps sont dures en éducation...
La dénonciation par les enfants est un thème pourtant évident de 1984 de Orwell, mais bon on ne note pas comment notre monde devient...
Si on pouvait reculer dans le temps, faudrait peut-être écrire le roman d'anticipation qui parlerait du royaume des bitches entretenues par des gars intéressés à régner sur le monde. Albator était peut-être un précurseur...
dimanche 7 juin 2009
Home et l'écolodrame

J'ai regardé vendredi Home, le film de Monsieur photographe La terre vue du ciel bien célèbre dans la francophonie outre-atlantique sur RDI. Belles images impressionnantes, mais aussi traficotées ici et là en jouant sur les couleurs. C'est beau, artistique. Le jeu continuel sur la paralaxe de mouvement, qui en tournant autour des points observés donnent une impression de 3e dimension, est intéressant. On a dû en brûler des hydrocarbures pour tenir des hélicos bien stables et les faire bouger comme il faut... Mais c'est «le plus grand éco-événement de l'histoire» selon la publicité des distributeurs!
Quant au commentaire, d'un bout à l'autre, le ton est dramatique. Les excès de l'homme montrés dans leurs splendeurs avec un commentaire culpabilisant... Et le danger qui guette... Bon, on se demande franchement tout le long si les chiffres qu'on nous balance sont rigoureux. On n'est pas dans l'argumentaire ou la discussion, mais dans la thèse orientée sans références en bas de page... J'ai aimé néanmoins qu'on nous rappelle que la facilité de vivre que nous avons est un événement rare de l'histoire... Le portrait de notre démesure est saisissant. N'empêche qu'on nous rabâche encore un message sur une situation sur laquelle nous avons tous peu de pouvoir, je ne construis pas le millier de gratte-ciel de la Chine. Je ne détruis pas la forêt amazonienne ou celle de Bornéo. Je ne construis pas des transports en commun sensés non plus ni ne conduit de voiture électrique parce que, en Amérique, c'est le modèle américain indiscutable depuis longtemps. Les 2% qui possèdent la moitié des richesses du monde et qui le domine, nos politiques, quand auront-ils le bon goût de prendre les mesures qui s'imposent. Peut-être sont-ils justement en train de nous y préparer... Hier soir, à Radio-Canada vers 19h, le même message dans une autre dramatique, cette fois d'une humanité rendue en 2075 avec des mesures à prendre de toute urgence... Bon je ne l'ai pas tout vu... Seulement, je remarque une insistance dans le message écolodramatique.
En lisant Le Devoir, un papier intéressant de Stéphane Baillargeon sur les donneurs de leçon de la semaine, on apprend que 23 millions ont été mis en publicité pour qu'on se pointe tous en même temps pour voir ce film sur nos petits écrans... que le film est produit par Luc Besson et que des gens dans l'industrie de bidules inutiles et luxueux en Europe l'ont financé.
Et pendant ce temps-là, Guy Laliberté ira faire du tourisme spatial pour sensibiliser au manque d'eau... avec 35 millions.
Bon, moi je n'ai pas de trouble avec une certaine forme de simplicité volontaire, n'empêche que si l'élite s'octroit comme au temps du communisme des privilèges exorbitants en comparaison du niveau de vie des camarades de la base, je me pose certaines questions. J'ai même l'impression de me faire fourrer! Guy Laliberté, un humaniste, un symbole, premier artiste dans la lune! Je me marre...
Le monde est franchement mal fichu avec ces gens qui essaient de nous faire prendre des vessies pour des lanternes... On veut tous changer le monde, mais je ne sais pas si on veut se faire fourrer par une élite ostentatoire...
mercredi 3 juin 2009
Suivre ou s'arrêter et questionner
Je sais bien, je suis acerbe souvent. Je n'ai pas le goût souvent de rire. Encore aujourd'hui, des jeunes qui me sortent une histoire à coucher dehors pour justifier le fait qu'on ne remettra pas de travail d'équipe parce qu'un élève a perdu la seule sauvegarde existante du travail (des heures de travail sans preuve). La faute de personne: un oubli de coffre à crayon, un vandalisme apparent, une calculatrice poignardée en plein autobus avec une rare agressivité témoigne de l'irréfutabilité de l'événement... et la clé usb disparue... comme mon coffre à crayon la semaine dernière... Et mon doute, terrible, comme si jamais je ne rencontrais le mensonge et la créativité mensongère...
Je pense que je vais avoir vu toutes les parades possibles et imaginables que la technologie offre de nos jours...
Le monde va tellement vite, pourtant je ne suis pas une tarte complète, j'ai montré souvent ce que j'avais dans le ventre, mais cibole... y a des journées une onde de dégoût, de déprime profonde me remonte les flancs et me met devant une question assez simple: qu'est-ce que je fous dans ce foutoir?
Certains, comme disait Desjardins, «suivent la loi le nez dans le cul pour mieux disparaître...» On pourrait mettre mode, politique, idéologie. Ils ne leur viendraient même pas à l'idée de faire autrement.
D'autres s'arrêtent et regardent un peu l'ensemble et se disent: «me semble que quelque chose ne tourne pas rond». Et prennent note qu'au fond, dans leurs tripes, quelque chose dit: «non».
Et on a joué à Tétris dans mon cours et j'étais sans voix...
Pas de règles, pas de critères, pas d'autorité, la débandade moderne

Nous vivons dans un monde qui cherche à s'affranchir de nécessités millénaires. Nous pensons pouvoir vivre dans l'insouciance sans réfléchir comme des enfants dans un monde sans âge et sans mort, sans nécessité de se perpétuer, sans besoin de se battre, sans règle pour nous endurer comme si l'autre était pour tous un orgasme perpétuel, oubliant le «l'enfer, c'est les autres» de Sartre ou que la guerre a longtemps gouverné les hommes quand ils étaient en profond désaccord. Que, encore de nos jours, des hommes déshérités deviennent délinquants dans un système qui ne leur donnerait autrement aucune chance.
Nous entendons les différentes trahisons contre le système sans même nous en émouvoir. Une dame de l'Ontario à la tête d'un organisme de santé se paie la vie de luxe à elle et la paie à ses amis oubliant les règles pour réduire le favoritisme, le népotisme, l'abus du système. C'est à peine si nous en parlons. On pourrait entendre sans s'émouvoir un copain ou un collègue dire: «et si on était à sa place?» Ouin, et si nous étions à sa place? Normal de se servir, de profiter des autres...
Sans y penser, on ne se rend pas compte de la décadence de pareils attitudes tant elles apparaissent normales dans un monde où la vie est facile, trop facile...
Partout l'attitude de la décadence se manifeste, ce je-m'en-foutisme total et cet intérêt personnel sans aucune morale, sans aucun regard pour le bien collectif...
Et nos banquiers aussi ont revendiqué de n'avoir pas de règles...
Le système monétaire a connu un détournement de sa fonction sans précédent...
Les gouvernements n'en finissent plus de renflouer cet abus avec notre promesse de contribution à venir...
Et nos écoles? Reflet de société: règles fluctuantes, autorité sans pouvoir ou sans volonté, évaluations bidons, apparence d'éducation, absence de consistance... Nous sommes des fonctionnaires bien payés sans âme.
Et le monde deviendra violent sans qu'on ne sache trop pourquoi... et tout le monde sera surpris...
Dans une monde d'économie, nous en avons oublié ce qu'est au fond le sens de l'économie, l'exigence de l'économie qui est le contraire de l'insouciance. Nous parlons sans cesse de cette planète limitée en ressources sans changer notre façon de nous comporter....
Tout le monde a voulu retomber en enfance pour retrouver l'insouciance et devenir les enfants d'un système oubliant que des gens avaient donné leur vie et leur temps pour que ce système nous permette de vivre avec un certain confort. Tout le monde veut la liberté 55, mais avons-nous les moyens de nous payer des voyages sans fin pour un 3e âge favorisé?
Nous sommes-nous vraiment posé la question? Comment collectivement allions-nous nous donner un tel privilège qui jamais dans aucune civilisation passée n'avait existé?
Tout le monde a oublié que les révolutions et les grands déséquilibres arrivent dans ce genre de situations insolubles.
samedi 30 mai 2009
Réflexion d'un pigeon d'argile!

On parle encore d'anonymat dans la blogosphère de l'éducation.
Bon, je ne vais pas revenir sur les raisons de vouloir demeurer anonyme, elles me paraissent évidentes.
Que les vendeurs de TIC, les compagnies d'informatique qui ont intérêt à nous compliquer la vie pour grossir leur portefeuille, aient pignon sur rue, personne n'est surpris.
Évidemment, notre grogne enseignante qui devrait encaisser dans l'enthousiasme leur improvisation doit leur être chiante pas mal. Surtout que la grogne parentale commence à faire écho et que, peu à peu, la réforme se réforme...
On recule un peu. Les illuminés qui ont tout investi chialent, les ambitieux nagent entre deux eaux opportunistes, les vendeurs de machines doivent être inquiets...
En plus, les anonymes jasent entre eux, les «découverts» aussi. De toute façon, le débat est stérile. Il y a les intéressés (vendeurs, ambitieux, idéalistes qui vendent de la conférence ou qui justifient leur job à 100000$) et les exécutants perplexes, critiques, pris dans leur quotidien essayant de se représenter l'ensemble et de comprendre ce qui leur tombe dessus comme une catastrophe envoyée par les dieux... Il y a les apôtres du pouvoir et les employés qui n'ont pas le temps ni la capacité réaliste de s'organiser contre ce pouvoir. De toute façon, le pouvoir ne discute pas, il vomit mur à mur son idéologie de langue de bois difficile à comprendre qui est là pour appuyer ses promoteurs sans effort. Le système leur a fourni les arguments. Monsieur Tout de go est cynique quand il écrit qu'il voudrait avoir des représailles pour que ça fasse avancer les choses... Il fait penser à ces gourous du management. Son job doit bien payer. Il y a tellement d'ouailles désemparées (en fait des ambitieuses bien souvent) à remplir de solutions ou d'apparentes solutions.
Désolé, je n'ai même pas le goût d'être diplomate avec ce genre de farceurs,... car j'ai perdu espoir de la discussion véritable. Je n'ai pas le goût de discuter avec les défenseurs de l'utopie qui m'écrase... Pour dire les choses vraiment, parce que je préfère la vérité à la langue de bois et que, sans rapport de force, je n'ai pas de pouvoir de négociation. On discute depuis des années, on est dedans quand même jusqu'au cou...
Et donc je ne discute pas avec les patrons, je prépare un pouvoir de négociation et oui, c'est une guérilla. Évidemment, subtile, de mots, d'idées, de réflexions pour aider les gens à se sortir des raccourcis de l'esprit que le milieu nous sert pour nous bourrer. Bref, j'influence les miens... et si les politiques nous lisent pour savoir comment améliorer les choses ou rétablir des ponts ou du bon sens, ben nous n'aurons pas perdu tout à fait notre temps... Je suis juste une manifestation du retour du refoulé! C'est fatigant, je sais...
Le dialogue en est donc un de sourds de toute façon. Et l'appel des gens du pouvoir à la transparence est un bon vieux stratagème. Le truc est simple, on met un peu de fromage sur la clenche... Ou on enfume le trou, les lapins sortent et on tire... Car ceux qui publiquement interviennent sont encore assez rare mais, avec les blogues, on commence à se multiplier et on montre un peu les dessous pas trop propres et parfois ridicules de nos administrations.
Bref, on aimerait bien tirer un peu sur les moineaux comme moi et les autres qui sont donc négatifs, qui sapent l'esprit d'équipe, qui brassent les enthousiastes en religion. Ou tirer les ficelles pour nous faire taire subtilement.
Leur courage de s'affirmer, leur belle invitation au débat public, leur carnet du 27 juin, pour vanter notre société libre et démocratique ne va pas me faire brailler. Allez intervenir sur leur blogue, vous vous retrouverez sous le feu nourri de 10 intervenants féru de langue de bois et idéologues convaincus. Ces gens ne discutent pas, ils dominent. Encore.
Monsieur Tout de go n'a pas trop pris la peine de réfléchir à la position du prof qui donne des exemples vécus en camouflant le nom des élèves et de la direction ou de parents tout en mettant son nom... ou si, il y a très bien réfléchi et il fait un peu l'innocent.
L'esprit critique a beau être au programme, au quotidien, c'est une autre histoire... Monsieur Tout de go fréquente seulement les ambitieux, celles et les quelques ceux qui épousent la philosophie au pouvoir et dépense beaucoup d'énergie pour acquérir la langue de bois pour avoir de l'avancement... Ces gens comme lui avec un plan de carrière: enseignant, directeur, consultant privé dans un monde dans un monde mue par le progrès...
Ces forces de la nature qui arriveront quelque part en avançant à visage découvert, «à visière baissée» comme l'un d'entre eux aime à dire, oublie souvent que la vie n'est pas juste un plan de carrière. On peut aussi vouloir avancer à une autre rythme. Le rythme de l'évolution technologique dans l'école est une tornade qui au quotidien n'a plus de bon sens.
Pourtant, j'aime bien l'ordinateur, je m'en sers tous les jours... Les jeunes aussi. Chez eux. Je suis prof de français, j'aime aussi l'idée de prendre le temps de travailler la maîtrise de la langue calmement et d'avoir le temps de le faire. J'aimerais qu'on cesse de répéter qu'il est ennuyant de travailler la maîtrise de sa langue. J'aimerais aussi qu'on cesse de me faire prendre des vessies pour des lanternes, de me faire gérer de grosses situations d'évaluation qui en bout de ligne permettent une perte de temps monumentale ou une tricherie qui ne veut plus rien dire. Au secondaire, les portefolios et les bilans ne sont pas praticables avec ses volumes d'élèves sans virer fou. Je n'ai pas de clé usb intégré pour me greffer un peu plus de cerveau ou deux pour la tâche ni le don d'ubiquité.
Ces gens qui vendent des machines ont décidé de nous vendre leur monde rose bonbon. Nos supérieurs nous l'imposent sans discussion tranquillement comme un rouleau compresseur. Leur monde rose bonbon au quotidien est plein de bogues informatiques et humains...
Voilà pourquoi je me permets souvent anonymenent, quand j'en ai le temps, de remettre en question leur philosophie du progrès et leur mécanique digne d'un roman de Kafka.
Je sais, ça fait manichéen de décrire les choses comme ça, mais disons que malheureusement de ce temps-là, dans les milieux, c'est comme ça, on te reproche assez vite ton manque d'enthousiasme... Changer les mots-clés et on est en plein communisme... jusqu'on nous met pas en prison, ou on ne nous déporte pas en Sibérie. On est plus subtile que ça... C'est l'évolution, parait-il...
samedi 23 mai 2009
Des dates par coeur... Qui est vraiment l'abruti? (avec quelques ajouts)

Je l'ai encore entendu d'une prof qui a mis toute son âme dans la réforme: « A .... (école privée de la région), ils font encore apprendre des dates par cœur en histoire (sur un ton de dédain).»
Le par-cœur (je prends la liberté d'en faire un substantif comme au Québec on le fait régulièrement en parlant et je propose cette graphie), en aurons-nous fait des affirmations gratuites sur son dos? Calamité du passé, la réforme décrète depuis des années qu'il faut faire du sens, développer des compétences dans des contextes signifiants. Le par-cœur a perdu sa cote: il est devenu le reliquat d'un behaviorisme associationniste lointain et décadent. Apprendre par cœur, c'est bêtement répéter des informations sans les comprendre. Ça sert pour l'examen et on oublie tout... On a tous entendu cela...
Mais bon, j'ai vécu l'époque du par-cœur, enfin celle où l'on ne devait pas se cacher pour faire apprendre des notions par cœur. Oui, on en est là... On dit que j'aurais tout oublié de mon histoire.
1534, 1608, 1755, 1760, 1763, 1838-39, 1867 sont les années jalons d'histoire du Québec qui sans effort me reviennent en tête. Allez demander à un jeune de nos jours d'aligner au moins ces dates et un minimum de contenu... Dois-je me souvenir dans le menu du détail des aléas de la vie parlementaire dominé par les Anglais depuis 1763, les différents actes et jalons de ce parcours? Question d'intérêt...
Comme pour le reste de mon secondaire, j'ai oublié les nombreux détails qui ne m'ont pas servi, ce que je n'ai pas recroisé et j'ai gardé ces quelques repères de l'histoire du Québec . Mais j'ai encore en mémoire, bien des concepts appris ces années-là dans mes cours de sciences, d'histoire, de français, de maths, etc. si bien que j'ai pu des années plus tard me rendre utile et enseigner dans des domaines que je n'avais pas approfondis à l'université.
Dans tous mes cours, j'ai dû apprendre des connaissances par cœur. Je me souviens d'exercices de mémoire au primaire: mémoriser un poème par exemple. On y arrivait en répétant beaucoup et un moment donné, magie, on le savait sans effort. C'était un fabuleux exercice.
Si je n'avais pas appris par cœur mes mots dans mes cours de sciences, dans mes cours d'anglais, mes tableaux en français, et tant d'autres choses, je ne crois pas que j'aurais cette capacité polyvalente me permettant de m'intéresser à différents domaines de la vie humaine.
Malheureusement, je n'ai pas la mémoire «eidétique», celle des détails, comme je l'ai vu chez de nombreux surdoués. Mon frère l'avait et de nombreux amis aux études l'avaient. Cette espèce rare de chanceux pouvaient se taper un bouquin la veille de l'examen et s'en sortir haut la main. Ils avaient beaucoup moins besoin de faire des exercices de mémorisation ou d'organisation de l'information pour intégrer les notions. Moi, je devais travailler un peu. Activer ma mémoire avec ce que j'avais appris au primaire et au secondaire: en répétant, en écrivant et en organisant... Pire, je perds plus rapidement que ces surdoués ma mémoire, il me faut passer du temps parfois pour réapprendre, resolidifier des connaissances que je n'ai pas utilisées depuis longtemps...
D'avoir appris la valeur, le sens d'un concept, des notions de base d'un domaine, n'empêchera jamais par la suite de réfléchir avec ses concepts. Mais réfléchir avec des concepts incertains, approximatifs ne mène pas bien loin. Tout ce qu'on apprend, c'est à répéter des formules creuses ou à trouver les adultes donc intelligents de manier des idées aussi compliquées... Et ce procédé fabrique à la tonne du décrochage en prime...
Bref, l'idée que le par-cœur est une activité bête n'a aucun fondement. Mais on la répète comme des ânes dans nos milieux de l'éducation.
Le programme de formation actuel n'accorde à mon sens pas assez d'attention à cette capacité fondamentale, préalable à toute activité intellectuelle qui est celle de mémoriser. Mémoriser des concepts-clés, des classements, des cartes, des structures dans le temps ou dans l'espace, des dates donc, qui permettent d'intérioriser souvent une base pour les représentations futures. On intègre les nouvelles connaissances à des réseaux organisés d'associations d'idées vus et revus qu'il a bien fallu apprendre un peu par cœur. Construire en apprentissage m'a toujours paru semblable à la construction d'une maison: il faut solidifier des bases. L'art pédagogique, au départ, me semble plus l'art de faire répéter sans qu'on s'en rende compte... Après oui, on passe l'art de la subtilité, de l'analyse, de l'examen attentif des choses... Mais c'est vraiment plus tard dans le cheminement d'apprentissage. Car la réflexion demande du vécu de toute façon... ce que les jeunes n'ont pas.... Par contre, ce qu'ils ont c'est une facilité de mémoriser... Mais on ne l'active plus de nos jours trop occupé à essayer de leur faire comprendre le monde...
Le programme manque de vision à ce sujet. Ce qui est central pour le moment, c'est un faire significatif, le reste est accessoire. Ainsi, en français, écrire est l'acte central à pratiquer. On apprends par la pratique. Certes, mais sans faire ses gammes et développer le doigté, il est difficile de devenir un bon musicien, précis... Évidemment, connaître le nom par cœur des notes n'est pas indispensable, mais c'est préférable si l'on vise de lire la musique et de l'interpréter...
Aujourd'hui, on a toutes les peines du monde à faire retranscrire des phrases dans un exercice parce qu'il est notoire que ça ne sert à rien. Pourtant, écrire des mots avec attention a toujours été un acte utile depuis que l'on connait l'écriture. Il n'y a qu'à faire une liste d'épicerie et de l'oublier pour s'en rendre compte...
Il est aussi impossible de faire faire une activité aussi répétitive et structurante que l'analyse grammaticale classique dans la mémorisation des connaissances utiles en grammaire, car ça ne sert à rien au premier abord... Et pourtant... c'était un mur porteur du développement de l'intelligence analytique à mon sens... Non, aujourd'hui, faut que tout aille vite, vite, vite et soit cool...
En écrivant, on a besoin pour corriger la forme, de référer aux connaissances sur la langue. C'est beau les outils, mais c'est long aussi. Sans un peu de par-cœur, on n'y arrivera pas... Faire des calculs avec des fractions sans connaître ses tables, c'est un peu comme vouloir travailler le bois avec des gants de boxe... Pourtant, mes deux jeunes, réussissant tout deux leurs maths aisément, en sixième, se trompaient régulièrement dans leurs tables de multiplication... Après, on s'étonne qu'en 1ère secondaire, les jeunes ne maîtrisent pas leurs fractions. Mais combien de temps perdu dans des résolutions de problème qui, sur le plan de la demande cognitive, dépassent la capacité normale d'un enfant du primaire?
Peu importe le domaine nouveau que l'on tente de comprendre, il faudra tranquillement se faire une base de connaissance de concepts-clés permettant ensuite de montrer les relations entre la réalité et ces concepts et, éventuellement, d'apprécier les interprétations ou théories intéressantes dans ce domaine ou de développer son propre point de vue. Le par-cœur est souvent une étape...
D'ailleurs constamment, le programme de formation met la charrue devant les bœufs en visant bien davantage des intégrations complexes avant d'asseoir le réseau de connaissances préalable. Les manuels présentent depuis des années des lacunes à ce sujet. On passe trop rapidement au niveau de complexité sans prendre le temps de bien fixer les bases dans des séries d'exercices. L'évaluation ne s'occupe plus des connaissances en tant que réseau de connaissances qu'on peut apprendre, souvent dans une certaine mémorisation. Non, on évalue l'application sans se soucier de la qualité du réseau de connaissances acquis en amont. Du coup, ce genre d'activité qui teste la mise en mémoire des concepts utiles a perdu toute valeur et la plupart des jeunes n'en ont plus l'habitude. Je dirais même plus, il y a comme un interdit tacite sur ce genre de pratique dans le milieu. Ce n'est pas réforme... C'est un peu comme si on interdisait à des athlètes d'aller travailler leur musculature parce que idéologiquement l'entraineur est convaincu que c'est en pratiquant son sport qu'on améliore sa performance... A mon sens, toute cette vision superstitieuse est inadmissible dans nos écoles.
Aussi, on fait faire des textes et des textes et des textes, longs, longs, longs et nos jeunes ne connaissent pas plus leur tableau de conjugaison. Mais nous continuons le refrain ministériel: c'est inutile d'apprendre par cœur, pourvu qu'ils appliquent... Il ne font pas le transfert... car ça ne fait pas de sens! En fait, quand on n'a pas appris à apprendre, quand on n'est pas forcé par évaluation de faire du par-cœur, on fait de l'à-peu-près... Vous aurez noté: parfois apprendre signifie pour tous apprendre par cœur.
Voilà pourquoi j'observe que globalement dans un groupe moyen, il y a quelques talents et une masse de jeunes en plus ou moins grande difficulté, peu capables d'utiliser des stratégies rentables, car ils n'ont jamais appris à faire l'effort de les utiliser en y étant un peu forcé.
Quand on observe la performance des jeunes, on voit plus souvent une double cloche qu'une distribution normale dans une classe...Et quand c'est le cas, à mon sens, c'est que notre stratégie globale d'enseignement est dans le champ.
Il est temps qu'on se pose des questions: pourquoi la tradition éducative, millénaire, bonne pour l'élite, depuis que l'éducation se démocratise, semble devenu tout d'un cou désuète, passéiste, illogique?
Une bonne façon de garder le contrôle, tout patron le sait, c'est de ne pas donner toute l'information. Enfin, les gens trop intelligents, trop capables de réfléchir par eux-mêmes font de bons gestionnaires, rarement de bons employés, car ils sont capables de critiquer le fonctionnement de l'organisation... Dans bien des tests et entrevues de sélection, on les écarte.
Évidemment, un système ne peut admettre qu'il vise à abrutir sa population, il a besoin d'une couverture... La réforme actuelle, idéologie non scientifique, tissus d'âneries répétées, est la forme la plus évoluée de la mystification éducative moderne.
vendredi 22 mai 2009
Journée pédalogique et Réunion de matantes...

Pour discuter de quoi?
Surtout de cette réforme, encore et toujours. D'abord, réajuster nos notes: nos 4 (compétence assurée) à 76% sont trop bas pour la région. Ailleurs, on a mis 80 %. Du coup, 3+ a été discuté longuement, exigences minimalement satisfaites à 69, 70 ou 71%? La problématique se situerait dans le fait que nos élèves se retrouveraient déclassés par rapport aux exigences pour les entrées au Cégep...
Je ne veux rien insinuer, mais bon, je note le tiers de gars présent soupirent, mais les femmes discutent à fond la chose... «Ouin, faudrait peut-être mettre acceptable au lieu de minimalement...»; «ouin, pis dire que 70% c'est répondre minimalement aux exigences, c'est un peu étrange, non?»; etc. Faut dire qu'il manquait le gars pour sauver la face des hommes, celui qui prend tout cela aussi au sérieux que ces dames, il était occupé ailleurs ce matin...
En fait, l'échelle proposée par une comité de femme avait l'allure suivante: 52 (2+); 62 (3); 69 (3+); 80 (4); 87 (4+); 94 (5); 100 (5+). Prenez la peine de regarder cette échelle de près, les barreaux ne sont pas équidistants... Je ne sais pas, mais en plus parait qu'on parle de s'aligner sur ce qui se fait ailleurs cette année, alors qu'on faisait l'échelle de l'an dernier proposée par le MELS équidistante (de 8% entre les degrés) avec le 4 à 76%.
Je ne veux pas faire de polémique, mais je crois qu'un homme a du mal à accepter ce manque de logique flagrant... En tout cas, personne ne va noter la chose... Mais on va discuter une grosse demi-heure où mettre ce 3+ étrange qui délimite le minimalement satisfaisant de nos exigences... Oui, il y avait des profs de maths et de sciences autour de cette table...
Et en fait, comme trop souvent, les gars assez désabusés, pour ne pas dire écoeurés de discuter des niaiseries se sont permis quelques commentaires: «Heu, de toute façon est-ce bien important de perdre du temps là-dessus, si de toute façon on attends de nouvelles directives du MELS, qui consulte en ce moment, pour bientôt?»; «Je note qu'entre 60 et 80, il y a trois classements (3, 3+ et 4), et entre 80 et 100 (4, 4+, 5, 5+), il y en a 4. 4 sortes de fort et seulement 3 pour répartir l'essentiel de la courbe normale...»; etc.
D'ailleurs, un homme ne parle pas longtemps, il discute autour de la tâche, les femmes sont dedans, dans les détails, et nos observations extérieures agacent.
On a survolé ainsi les compétences transversales qui finissent par être quelques commentaires sur les méthodes de travail d'un élève qu'un titulaire finit par pondre pour satisfaire aux exigences de l'idéologie en place. Aucune méthode, aucun enseignement particulier, aucune mesure faite, mais une sorte de portrait d'inspiration et d'observation professionnelles bien balisé, nous verrons, par des énoncés types. Autant d'encre pour arriver à cette mascarade... Ah oui, nous avons été inspecté par les MELseux, une modame qui connaissait son affaire, qui n'en laissait pas passer, pointilleuse, qui savait tout, combien de prof avait fait les formations du MELS, etc. La Modame est en vue probablement comme prochaine sous-ministre, a-t-on commenté autour de la table. Femme impressionnée, sarcasme masculin: «Big Brother s'est installé au MELS. Ça me décourage...» ; «Compétente, dictatrice plutôt oui!»
Je veux pas passer pour sexiste ou quoi que ce soit, mais c'est juste pour illustrer une réalité sous-jacente, vraiment là, mais la plupart du temps invisible. Les femmes font le déni de notre présence. Et essaient de contrôler nos débordements masculins et nous, on se cache comme des enfants à ruminer ce qu'on pense vraiment, parce que si on ouvre 5 secondes la trappe, la tempête va pogner... On le sait. Les matantes vont se fâcher...
Pour la plupart des gars, c'est assez simple:dites-nous ce que vous voulez qu'on fasse, on va le faire, mais venez pas nous demander de trouver cela intelligent et de discuter les détails de l'absurde en plus. On ferme nos yeules, de toute façon, les directrices et les femmes ne nous laissent pas parler longtemps: le plus souvent, elles te ramassent le début de ta phrase, te coupent et enchaînent comme si elles étaient sûres de ce que tu voulais dire et hop, au suivant!
Entre gars, on parle de l'évaluation de la tradition statistique qui n'a jamais cessé d'être la seule intelligente, malgré 10 ans d'entêtements à des échelles descriptives où l'on n'en est pas à une simagrée près... Et quel gaspillage de temps toutes ses discussions sur des prémisses complètement farfelues que jamais personne ne peut discuter puisque nous sommes sous le joug du diktat ministériel et que ces dames prennent tout cela au sérieux et ce majoritairement. En fait, c'est plus complexe que cela, car, par moment, elles admettent: oui le ministère ne consulte pas vraiment, il expose ce qui va se passer. Ouin, c'est le chaos depuis des années. Mais ce n'est pas grave, elles jouent le jeu de prendre tout cela au sérieux et elles ont même du fun...
Les femmes, en sortant de la salle, se féliciteront de la réunion. Je vous le jure.
Les gars se sont tous poussés muets.
Je ne dis pas le dixième de ce que je pense vraiment de tout ce que l'on nous fait penser et dire dans ce milieu... Je suis constamment confronté à des dames qui donnent une allure raisonnable à des trucs absurdes et je n'y peux rien...
Et d'un milieu à l'autre, l'histoire se répète...
jeudi 7 mai 2009
Humeur évaluative
Cibole que c'est chiant et connard!
Par exemple, je fais une petite évaluation de lecture d'un roman au programme de l'étape. On s'assied deux profs de français pour pondre des questions. Une, au clavier, moi j'ai mes notes de lecture, et plusieurs idées de questions. Bref, on arrive rapidement à un nombre raisonnable de questions pour un examen de lecture d'une heure.
Bon, il reste une pondération à faire. Récemment encore, on ne se cassait pas la tête. Question facile: peu de points; questions difficiles: plus de points. On met la réponse attendue en corrigé. On propose de mettre des points par élèments dans certaines questions... On s'arrange pour un total qui donne un beau chiffre, histoire de faciliter les calculs. On regarde comment les élèves s'en sortent. Et on ajuste le tir. Comme dans n'importe qu'elle «mauzusse» de processus de mesures par questionnaire. Je le sais, j'ai fait psycho. La psychométrie est une science assez sérieuse, il me semble, dans les sciences humaines. Ensuite, je ne vais pas évaluer la province, juste 3 groupes dans une petite école. Même si l'instrument n'est pas parfait, il fait une mesure de compréhension de leur lecture selon l'intelligence de deux professionnels de l'enseignement qui ont bâti un questionnaire et mis une pondération raisonnable. Et même là, en regardant comment les élèves se comportent, on ajuste l'évaluation un peu si on se rend compte, par exemple, qu'une question était mal formulée ou créait de la confusion ou si une question n'est vraiment pas réussie par personne. La mesure d'un apprentissage ne se mesure pas à la règle, mais bon le questionnaire bâti avec intelligence fournit depuis belle lurette des indices intéressants. Allez vérifier chez Statistique Canada et les maisons de sondage... Ben, à l'école, ce n'est pas assez de nos jours.
Depuis qu'on m'a fait de gros yeux quand j'ai sorti une grille de correction que j'ai utilisée, l'an dernier, dans une autre école pour un texte explicatif qui, au lieu de faire dans le descriptif gaga à la mode, y allait de pointage sur des critères assez communs pour ce genre d'évaluation, je ne sais plus trop à quel saint me vouer en fait.
Va-t-il falloir que je détaille d'avance tous les cas de réponse et de partie de réponses? Que j'analyse si ma question révèle la lecture d'éléments explicites ou implicites que je fasse un regroupement de questions et une échelle descriptive, etc. Ou un raccourci presque réforme que j'ai vu l'an dernier aussi du genre R=3/5 pour dire qu'une question est réussie si on a 3/5. Oui, c'est beau la rigueur, mais si je dois mettre trop d'heure à peaufiner ma mesure, je me vais pas m'en sortir... Et pour donner quoi de plus, franchement...
Le pire dans tout ça, c'est d'essayer de comprendre tout cela à partir de leur bride d'information et de leur jargon d'expert à la noix et de leurs modèles donnés au compte-goutte. Pour finir par se rendre compte qu'on va finir par revenir au bon vieille façon.
mardi 5 mai 2009
La crise: une déréglementation délirante et coûteuse
Article intéressant pour comprendre le merdier mondial qui ressemble à un énorme paquebot qui lentement s'échoue interminablement et ce n'est pas que beau! C'est le genre d'analyse qui nous fait comprendre pourquoi les miracles n'existent pas... On va tous payer quelque part. On peut comprendre aussi que ce contexte n'annonce pas d'amélioration des conditions de travail en enseignement.
dimanche 3 mai 2009
Échelle d'incompétence (Commentaire chez PM)
L'évaluation est un sujet compliqué qu'il me semble primordial de soulever en ce moment. C'est à mon sens le nerf de la guerre. C'est, en tout cas, un gros irritant chez bien des enseignants. En même temps, même si l'esprit tordu de la réforme persiste, on sent doucement un vent de changement à venir...
Décidément, l'évaluation est dans l'air. J'ai un texte sur les échelles de compétence sur le feu!
J'ai l'impression Prof, que vous n'avez pas encore pris toute la mesure de la voltige de haut niveau qu'on tente de nous faire faire. Le 0 est un détail...
J'ai réussi pour ma part haut la main deux baccalauréats avec des moyennes de qualité et j'avoue que l'entendement pour faire face à la musique en évaluation me fait défaut et je me sens souvent impuissant (j'ai corrigé la faute de sens de ce passage). J'aurais besoin de 2 ou 3 greffons de cerveau pour arriver à computer leur marmite de concepts, si j'en avais le temps d'ailleurs...
Ce qui est étrange, c'est que les esprits simples s'en arrangent à merveille: on a des traces, on remplit la grille. On peut même éviter de grosses évaluations longues à corriger si on a des traces... Je dois avouer que si je me mets en tête de me foutre de la rigueur et de faire passer tous mes élèves pour m'éviter le trouble des contestations, c'est un système merveilleux! Son opacité est fabuleuse! Enfin, pour ramasser quelqu'un de trop pointilleux, la logique est tellement tordue, qu'on a forcément des incertitudes dans notre jugement. Bref, tout nous encourage à ne pas trop juger sévèrement le jeune même s'il est nul...
Il faut savoir que, au sujet des performances, on n'utilise pas trop ce terme dans les bilans de fin de cycle. Non, on évalue la compétence dans une échelle descriptive à 5 niveaux en fonction de «traces» récentes (production, travaux, performance en somme). Je rappelle que le bilan est un jugement professionnel que l'on pose sur le niveau de compétence d'un jeune pour chaque compétence disciplinaire, en sus des évaluations de l'année aux 3 ou 4 étapes de bulletin... sauf en secondaire 1... (j'imagine que pour pouvoir contrer le décrochage faut l'alimenter quelque part!)
L'échelle est à mon sens un fouillis pire que des grilles d'évaluation classique en écriture, par exemple, qui avait au moins l'avantage de donner une idée de l'importance relative des aspects à considérer et de définir des seuils attendus en terme de minimum de fautes là où c'était quantifiable. Là, chaque niveau combine pêle-mêle des sous-aspects qui vont du contenu à l'orthographe en passant par la syntaxe et la structuration dans un court texte descriptif sans précision, où l'on manie les adverbes d'intensité et les subtilités descriptives pour nous passer la patate chaude du jugement sans nous donner de normes claires. Combien de fautes représentent «peu de fautes dans les termes courants»?
En lecture, l'évaluation représente un défi aussi. On ne parle pas beaucoup d'outils qui permettent de faciliter notre jugement. Savoir répondre à des questions de repérage (éléments explicites), d'autres qui demandent de l'inférence (implicites, subtilité), d'autres des connaissances de vocabulaire est une chose, savoir distinguer un niveau de compréhension acceptable dans tout cela n'est pas aussi simple à mon sens... On nous demande d'évaluer aussi la qualité du jugement critique, la capacité de recueillir de l'information variée et crédible et le recours à des stratégies de lecture... Je ne vois pas ce qu'avait de si dramatique l'évaluation à partir de compréhensions de texte bâties avec soin par des gens compétents avec un corrigé standardisé. La démarche avait au moins l'avantage d'objectiver le jugement. Là, on nage dans un flou artistique de haut niveau... qui est en plus difficile à gérer cognitivement pour les évaluateurs parce que avoir une image claire de chacun de nos 90 élèves et plus dépassent probablement notre entendement! Évaluer la qualité de la stratégie de lecture utilisée de 90 jeunes directement, vous y pensez? Je peux juste l'assumer si le jeune fait bien son travail et soupçonner son absence si le jeune connait une contre-performance ...
Pour des références officielles, je trouve que ça fait dur...
Là, nos conseillères reviennent avec toutes sortes d'indications fascinantes. Il faut tenir compte de traces récentes, pas des anciens bulletins; si on a manifesté la compétence, on ne peut logiquement l'avoir perdue! Cependant, on peut justifier une baisse par le fait que nos critères et exigences ont augmenté en cours d'année (fiou!). Vous aurez remarqué, en passant, que nous n'avons le droit de regarder le passé que pour s'assurer que le présent n'a pas baissé... Surtout s'éloigner de la pratique du calcul de moyennes qui ne peuvent décrire la compétence actuelle...
On nous conseille de sortir nos marqueurs fluo de toutes les couleurs pour nous aider à comprendre les échelles du ministère, d'en discuter entre collègues, de nous faire des corrections ensemble pour discuter de nos visions de l'évaluation... On n'est pas sortis de l'auberge!
Ah oui, j'entends de ma conseillère que si tout est beau dans le respect du critère, on mets + (ex.: 4+), alors que s'il manque un sous-aspect, on ne le met pas. C'est différent de la prescription du document ministériel qui affirme plutôt que le plus (+) indique le dépassement de cette description sans atteindre la suivante... Enfin, je crois que le ministère a peur que nous soyons trop sévères. Imaginez: la compétence acceptable à l'écrit en 2e année du secondaire est de laisser peu d'erreurs dans les accords les plus simples. Si elle est interprétée rigoureusement disons aux accords sujet-verbe et adjectif-nom, ce qui me semble raisonnable, je prévois une hécatombe structurelle d'ici peu! Mais si justement la nuance du plus est inversée pour tirer vers le haut, ça réduit les risques d'échecs massifs!
En somme, l'évaluation est devenue un fouillis irritant parce qu'on nous demande des exploits d'évaluation quasi impossibles à réaliser en s'abstenant de nous fournir des outils d'évaluation clairs et simples d'utilisation et en réduisant la lisibilité des normes et des seuils clairs de réussite.
Nos moyennes d'étape d'antan, nos % attribués à chaque évaluation en commun, nos sommatifs à 50% discutés entre collègues et choisis dans des banques d'instruments d'évaluation ne faisaient-ils pas la job cibole? Me semble qu'on faisait moins compliqué et plus objectif en fait pour moins de prises de tête.Mais évidemment que pouvait un directeur contre la froide machine à calcul de l'équipe disciplinaire bien appuyée sur les outils standardisés... Il ne pouvait que majorer de manière gênante... Là, on entre dans les salmigondis et l'arbitraire ... Le népotisme a le vent dans les voiles...
Pour moi, on nous file la patate chaude de fixer l'acceptable et on nous dit en prime de s'attendre à des procès (gardez des traces) si quelqu'un n'est pas content! Où sont nos syndicats? Dorment-ils au gaz? calvince!
Échelles de compétence: on lance la patate chaude aux profs...
Les échelles de compétence:
Cette semaine, on nous a communiqué les échelles de compétence pour les bilans de fin de cycle dans le cas du premier cycle et celui qui doit être fait en fin de chaque année au deuxième cycle. Notez bien que, dans cette logique, un seul niveau n'est pas évalué: le secondaire un. Commode pour ne pas donner de services là où c'est justement un besoin criant dans le système. On veut éviter le décrochage et on le prépare par ce genre de vide coupable...
Bon, ce n'est pas sorcier, même si le principe est fortement discutable, l'échelle de compétence est une échelle critériée de 5 niveaux de compétence. Cela aurait pu être A, B, C, D, E traditionnel, c'est 5,4,3,2,1 avec un + pour des nuances. Ce qui est confondant, c'est que l'habitude de traduire les résultats des pourcentages critériés (oui, la connerie qu'on a depuis quelques années: 92, 84,76, 68, 60,52, 44...) pour les présenter en 5,4,3,2,1 avec le + pour nuancer, se faisaient depuis quelques temps.
Or, le bilan est censé être une évaluation finale de l'enseignant à partir des traces récentes en fonction de l'échelle descriptive des niveaux de compétences attendues. Bref, ce n'est pas une moyenne des bulletins, ni une traduction des pourcentages, mais une appréciation basée sur notre jugement professionnel qui est attendue. On doit situer chaque élève dans l'échelle officielle du ministère.
Voici le niveau 4, celui de la compétence assurée attendue en écriture qu'on peut lire dans l'échelle pour le bilan de fin de 1er cycle:
Écrit des textes dont le contenu est suffisamment développé et est organisé de façon cohérente. Adapte ses textes à la situation d’écriture et exploite des informations pertinentes. Fait progresser ses idées et maintient le point de vue adopté. Construit des phrases présentant une certaine complexité et les ponctue de façon généralement appropriée. Utilise des substituts variés, un vocabulaire évocateur et des termes justes en fonction de la situation. Rédige la version finale de ses textes en laissant peu d’erreurs dans les termes courants et dans les accords grammaticaux. Dans certaines situations d’écriture, intègre des informations pertinentes tirées d’une documentation ou d’autres sources. Améliore ses textes en y apportant des modifications de différents ordres.
Bref, une échelle présente, de 5 à 1, cinq portraits types d'élèves censés décrire le niveau atteint dans la compétence. Si on observe bien phrase par phrase, chaque sous-aspect est repris avec des nuances pour chaque niveau. Ainsi, pour apprécier par vous-mêmes, au niveau 3, on a:
Écrit des textes dont le contenu et l’organisation sont adaptés à la situation d’écriture. Structure ses textes en différentes parties et les ordonne de façon logique. Emploie adéquatement un vocabulaire courant et évite les répétitions abusives en ayant surtout recours au pronom personnel. Rédige la version finale de ses textes en laissant peu d’erreurs dans les accords les plus simples. Dans certaines situations d’écriture, utilise des informations tirées de sa documentation ou d’autres sources. Améliore ses textes en ajoutant, en retranchant ou en modifiant des éléments selon les suggestions reçues.
Vous notez qu'on passe de la cohérence à la simple adaptation au contexte qui peut être moins cohérente, je présume.
Commentaire
Je ne doute manifestement pas du sérieux (on aurait, en concertation avec des enseignants, trouvé des formulations jugées satisfaisantes pour décrire les niveaux de compétence, nous dit-on dans la partie élaboration des échelles dans le document; cela ressemble à la stratégie courante depuis une dizaine d'année des changements au ministère, des enseignants ont été consultés, comment? Ici, en répondant à des questionnaires, apprend-on) qu'on a mis à tenter de faire une description la plus claire qui soit pour bien évaluer les élèves et fournir un portrait utile et clair du niveau atteint de l'élève, reste que je me pose beaucoup de questions.
1- N'est-ce pas un peu compliqué pour une petite tête de prof pourtant bien éduquée de tenir compte de toutes ses petites nuances fines que délimitent des intensités fort vagues non quantifiées quand elles le pourraient? Ainsi sur le sous-aspect orthographe, en fouillant entre les lignes , on trouve: 5: pas ou peu d'erreur; 4: peu d'erreurs dans les termes courants et les accords grammaticaux; 3: peu d'erreurs dans les accords les plus simples; 2: rédige en corrigeant certaines erreurs d'orthographes d'usage et d'orthographe grammaticale qu'on lui a déjà signalé et 1: il les corrige avec de l'aide.
Bon, quelle valeur relative faut-il donner à chaque sous-aspect? Imaginons un cas de style assez raffiné dans le contenu avec un orthographe lamentable. Que fait-on? Heu... Ce genre de cas existent plus qu'on ne le pense. Et l'inverse aussi, des idiots sans faute!
2- Pourquoi les échelles demeurent-elles aussi vagues. J'aurais beau faire des discussions avec les collègues, mettre du marqueur jaune sur chaque aspects pour bien voir l'échelle du sous-aspect orthographe que je viens de résumer, participer à des petites séances de comparaison de copies d'élèves pour valider mon jugement comme le suggère notre responsable de français sur les recommandations des formations du ministère, la place laissée à l'interprétation est assez fabuleuse. Les adverbes m'ont toujours paru nuancer moins finement qu'un nombre un niveau attendu. Le document évite de placer des seuils clairs
3- Et j'ose poser la question: combien d'erreurs dans les accords les plus simples doit-on compter? Parce que beaucoup de jeunes pourraient se retrouver à ne pas atteindre le minimum attendu. Pour moi, peu c'est quelques-unes, je dirais un gros maximum de 5 fautes dans les accords les plus simples dans un texte de trois cents mots. J'ai l'impression qu'on lance la patate chaude aux profs, aux départements et aux niveaux de français qui vont trancher avec la direction pédagogique. Que de temps fabuleusement perdu à discutailler de nos valeurs sur ce que peu bien vouloir dire peu d'erreurs dans les accords les plus simples parce que le ministère refuse de mettre ses culottes et d'assumer une norme acceptable et de la proposer comme seuil de réussite.
4- Enfin, pour l'autre aspect de l'écriture qui se quantifie assez bien, même si rien n'est parfait, je l'admets, la syntaxe et la ponctuation, je note que dans cette échelle le niveau 5, ne mentionne rien. 4: Construit des phrases présentant une certaine complexité et les ponctue de façon généralement appropriée. 3: néant. 2: Construit et ponctue correctement de courtes phrases. 5: rien.
Désolé, mais pour moi, ces échelles de compétences, c'est du grand n'importe quoi...
Ainsi, on nous dit de situer nos jeunes, un à un dans une échelle globale plein de sous-critères mêlés, sans donner aucun repère sur la valeur relative à donner à chacun. On nous laisse organiser des outils pour y voir clair en suggérant comme pour s'excuser de prendre des marqueurs et de colorer nos échelles pour y voir clair. Pour moi, c'est clair, même s'il a beau claironner dans son document que les échelles fournissent les références officielles sur lesquelles doivent être fondés les jugements portés sur les compétences des élèves à la fin du cycle (Document sur les échelles de compétence du premier cycle, p.10), le ministère ne fait pas son job, soit de nous aider à définir des seuils clairs de compétence. Il n'y arrive pas. Et nous allons le faire?
D'un côté, on nous demande de garder des traces, pour finalement justifier notre jugement, si on nous demande des précisions. De l'autre, de ne pas faire un jugement trop tatillon: «Il faut donc éviter de faire une association point par point entre les traces consignées et chacun des énoncés d’un niveau.» J'ai l'impression qu'on nous place encore dans la situation de ne pouvoir porter finalement un jugement sensé et donc, pour éviter de nous emmerder dans des raisonnements tordus, on va mettre des notes pour faire passer tout le monde.
On nous rappelle que «le bilan des apprentissages ne résulte pas d’un calcul arithmétique réalisé à partir des résultats enregistrés en cours de cycle, mais d’un jugement porté sur le niveau de développement de la compétence atteint par l’élève à la fin du cycle». Je reste toujours stupéfait de cette prétention que nous pourrions avoir à porter un jugement sur la compétence du jeune à un temps t quand tout ce qu'on peut faire, c'est de l'inférer à partir d'un nombre de performances ou de réalisations concrètes. Voilà pourquoi des repères chiffrés nous donnaient une indication certes imparfaites, mais tout de même un résumé commode de nos jugements antérieurs sur des performances antérieures de l'élève.
Pour finir, il est assez clair qu'à vue de nez, on voit le niveau d'un jeune à parcourir une copie d'écriture d'un élève. Ce qu'on attend du ministère, ce sont des repères objectifs simples et pratiques pour faire nos évaluations, pas qu'il nous complique la vie. Les grilles de corrections du passé n'était pas parfaites, mais présentaient l'avantage de nous donner une heure plus juste au sujet des niveaux attendus et de l'importance relative des différents sous-aspects. Là, on nous laisse dans un flou artistique...
Nous ne sommes pas des machines à computer des évaluations justes et parfaites. Apprécier plusieurs productions demandent du temps. Au moins avant, nous gardions une traduction chiffrée des évaluations, que nous intégrions à nos jugements finaux par le procédé statistique de la moyenne. Aujourd'hui, il n'est pas praticable de gérer les portes-folios, ni d'accorder une attention précise à chaque cas dans sa globalité. C'est un travail d'orthopédagogue à mon sens qui travaille le cas par cas.
Un prof ne peut faire qu'un rapport du fonctionnement d'un jeune par rapport à l'ensemble du groupe (écart à la moyenne) et donner un indice du fonctionnement de l'élève face à l'objet des apprentissages qu'on lui présente normalement de façon graduée d'année en année, de simples à toujours plus compliqués. Un 60% de secondaire 5 vaut certainement plus qu'un 60% de 6e année du primaire parce que l'objet à l'étude et les exigences en secondaire 5 sont censés être plus complexes. A chaque production, nous donnions une valeur à la qualité du travail et une valeur relative du travail dans l'ensemble des activités d'apprentissages et nous faisions des moyennes. Les profs d'un niveau matière s'entendaient sur un certain volume d'évaluation commune, souvent basé sur des instruments validés ou qu'ils bâtissaient en se fiant à de tel instrument. Bref, notre note correspondaient à une démarche qu'on tentait d'objectiver sans nous compliquer la vie. Et je crois que, la plupart du temps, nous y arrivions sans nous prendre la tête.
Là, je note simplement que beaucoup de profs interprètent ce jugement global à partir de traces comme une façon de s'éviter de grosses évaluations. On fait passer tout le monde et pas de corrections. Vive la subjectivité efficace! Franchement, ce genre de réflexions et d'interprétations m'horripile tellement elles manquent de sérieux. Pourtant, avec les salmigondis que nous présentent le ministère pour ne pas virer fou, c'est presque un réflexe sain.
L'approche par compétence est certes intéressante, cependant elle repose sur une vue idéalisée de nos capacités d'appréhender la compétence. En psychologie, on voyait en cours de psychologie cognitive la célèbre distinction de Chomsky entre la performance et la compétence, qui en gros soulignait que la compétence ne s'infère qu'à partir de multiples observations, des performances. On semble avoir oublié cela au ministère...
Mais bon, je note en terminant, que dans un document ministériel pour l'examen de 2e secondaire écriture qui vient bientôt, on nous permet d'utiliser le résultat de l'évaluation pour faire 15 à 30 % de la note finale de l'élève. Serait-ce un signe que le balancier revient un peu vers le bon sens! Pour la qualité de notre santé mentale, il est à souhaiter que oui!
jeudi 30 avril 2009
Totem et tabou dans la subordination! Ou de l'impossibilité d'être un prof de français...


Aujourd'hui, j'ai fait une petite leçon sur les subordonnées improvisée parce que, on le croira ou non, mes élèves voulaient avoir un cours sur les subordonnées circonstancielles. Elles m'ont demandé aussi de revoir la complétive et la relative puisque les leçons du prof qui a quitté le navire dataient d'avant les fêtes.
Bon, heu, ok, je n'ai pas trop le temps comme on dit de préparer la leçon et hop, je me lance: bon, vous vous souvenez sûrement qu'il y a deux catégories de subordonnées: les relatives avec ... et les conjonctives, heu, désolé je suis un vieux, c'est trois catégories maintenant ( chu vieux!): relatives, complétives et la circonstancielle. Bon, en vérifiant après y a même maintenant dans la tendance super-exhaustive de la nouvelle grammaire: les subordonnées complétives interrogatives, ben oui: «Je sais pourquoi tu t'énerves avec les subordonnées et toutes leurs insubordinations!» Enfin, je revois dans Grevisse le tableau de Maurice (Pauvre Maurice, je pense que ses Précis finissent dans les déchiqueteurs ou les tonnes de papiers que même les Chinois n'arrivent plus à recycler) où, d'un bord, il y a un exemple de toutes les fonctions jouées par des mots et, de l'autre, toutes les sortes de subordonnées (sujet, attribut,etc.).
C'était une grande période pour les subordonnées et les circonstances. 8 sortes de subordonnées, imaginez! Essayez juste de faire apprécier de nos jours ce genre d'exposition d'ensemble! Ma formation en français de la vieille école est presque résumée dans cette page du Précis (p.235 dans la 28e édition revue! On gage sur quelle grammaire actuelle pour 28 éditions? Et c'était en 69. Et dire qu'on m'a presque conseillé de la jeter quand j'ai demandé si quelqu'un avait vu mon Précis traîner. Le livre a très certainement plus d'années d'édition que l'âge de la prof qui m'a dit ça...).
Les subordonnées sont toutes traitées superficiellement aujourd'hui et devenues des CP (Complément de Phrase): travailleur manipulable, supprimable, déplaçable... Je jure, je découvre comment la grammaire et le monde se prêtent à la métaphore filée et ce, sans effort!
Bref, mes apprentissages passés ne peuvent plus m'épargner une révision et une mise à jour inter-minable qui ne colle pas même si: «C'est bien plus logique de nos jours, que me fait la pimpante jeunesse responsable de français. - Tu trouves? Les filles et les gars ont juste moins de chance de reconnaître les conjonctions, l'individualisme oblige, divise et facilite les règnes, mais bon! - Toujours critique! -Ben oui, j'ai horreur de l'idéologie, ça ne se discute pas! » (Imaginez que tout cela est dit comme dans Virginie avec une vigueur scandée un peu surréel!)
Bon, je sais, je devrais pas, mais chacun sa personnalité, oui personnalité, j'aime bien faire un peu d'histoire de la grammaire (mammaire grand) et rappeler même si nous sommes dans le structuralisme autoritaire (heu logique) qui proscrit le sens et veut tout définir en terme de manipulation syntaxique (la manipulation est aussi la façon moderne de mener les hommes et les femmes sans qu'ils ne s'en aperçoivent avec de la musique de fond et du renforcement positif: «t'es beau, t'es capable». En somme, mettre des trente sous me disait un jour un boss qui me montrait les bossissitudes du métier). On doit maintenant tripoter du bout de phrase, en supprimer, en déplacer, et j'en passe... Pas foutu de foutre ses virgules entre les bouts de phrase, ou phrases syntaxiques (on dirait un problème de colonne), qu'on ne peut plus, bien entendu, appeler des propositions (péché véniel dans la nouvelle bible confondant pour les pauvres prépositions). «Quoi? me fait la responsable français, le terme n'est plus utilisé dans aucune grammaire depuis dix ans. - Un siècle. - Ainsi que indépendante. » Ben non, c'est pas beau l'indépendance, on dit autonome dans Graficor (manuel d'élève), comme dans travail autonome! et sous-traitance! et délocalisation et dislocations dans mon esprit tordu. D'ailleurs, nous sommes à l'ère de la phrase non verbale. Oui, Monsieur. Toujours est-il que je déferais ce que les autres font, parait-il, en y allant de mon petit historique sur la grammaire qui avait cours il y a juste 13 ans encore! Des fois, j'ai le goût à nouveau de claquer la porte pour un autre 3 ans! Chu fatigué et émotionnel ces jours-ci... Je dois faire une SPM par osmose dans mon milieu trop féminin.
Bref, parler du sens du mot subordonnée est presque un gros mot: les «medames» me font des gros yeux de l'évoquer comme quand je mange mes chips à 11 heures du matin. (3h ok- 11 heures non-ok, sibole que les matantes ont leur carte pour le parti facho-bouffe-comme-du-monde, le pire c'est que les gars les imitent, ça pue le pouche-pouche). Moi, je me sens plutôt prof de français, pas conseillé en diététique. En plus, leur bouffe saine comme leur nouvelle grammaire me rend malade, cherchez l'erreur. Je ne devais pas être fait pour ce monde...
Ben oui, pour revenir au principal, évoquer l'état subalterne de la subordonnée est tabou de nos jours même en grammaire. Non, il faut parler de la matrice, de la phrase matrice, du gros ventre maternel et non du principal (quelle horreur! mais je dérape: c'était la proposition principale) qu'on se représenterait bien plus en homme, en directeur d'école quoi, incarnant fermement la stature perdue de l'Autorité... Non! C'est démodé. Maudites modes! Mais bon, on doit penser quelque part éliminer le rôle principal (Rôle mateur? masculin de matrice!) Proclamons donc la phrase Matrice, à l'ère de The Matrix
Oui, à la blague, je lance à une collègue d'un certain âge que d'évoquer la proposition principale est presque un péché capital. Elle ne connait pas les péchés, oups, d'ous'que je sors coudons (me fait mon Desjardin-en-moi, les gens n'ont plus de mémoire, peuvent même pas rire mon modeste humour! Le pire c'est que dans l'école où je suis qui n'est pas jeune de bâtiments, les classifications du péché, on a du connaître cela... L'oubli, c'est un thème cher à Kundera. Je commence à comprendre. Non, elle, la collègue a tout changé, pas de problème, bout de phrase, enchâssement, enchassante, phrase graphique et syntoxique et le tralala... que nos jeunes ne comprennent pas.
Pour y voir clair, j'ai pris Graficor et son Rendez-vous! (Vous êtes cernés! et pas à peu près ces jours-ci!). Et voilà-t-y pas que j'observe ceci d'intéressant: on n'y parle plus de GS-GV-(CP) comme phrase de base, mais de sujet et de son prédicat.
Méditons à cela un peu: nous sommes passés du sujet-verbe-complément pour aller dans le délire des groupes des linguistes à la Madame Chartrand où tout est groupe, même le pauvre adjectif, la plupart du temps esseulé en orbite stationnaire près du nom, qui n'a pas le droit de qualifier depuis qu'on en a découvert de trop descriptifs (Quelle confusion, ben oui, Qualificatif est banni, je l'aimais bien, moi, tu sais, quand il se rapportait ou épithétait le nom. Faut qu'on rit, faut qu'on danse,...) Maintenant, il est une expansion supprimable, presque vulgaire du noyau du groupe nominal. Toqueville parlait de la tyrannie de la majorité, nous sommes à l'ère de la tyrannie des groupes et du travail d'équipe: un chef, des indiens. OUps, le droit des minorités va me tomber dessus.
Bref, de la folie des groupes, on revient timidement à S-P (sujet de phrase et prédicat de phrase).
Bon, bon, bon, un collègue m'explique: sujet-prédicat, ce sont les fonctions; groupe nominal sujet et groupe verbal, des natures, des classements. Bref, la fonction du groupe verbal est prédicat. Fascinant, n'est-ce pas? Je ne peux m'empêcher de penser que Maurice Grevisse a fait un Précis pour éviter de perdre les jeunes dans la profondeur de la description de la langue de haut niveau et se concentrer sur l'essentiel.
Prédicat, ça doit être de bon ton pour l`ère prédicative du Verseau!
Notez l'évolution: S-V-C => S-P et P=V-C
Et la meilleure: Vous savez comment on trouve le prédicat selon Graficor, 2e année du 1er cycle du secondaire (on en gaspille-t-y du temps en maux inutiles)?
Talam: «On repère le ou les compléments de phrases et le sujet, ce qui reste est habituellement le prédicat»! Je n'y avais pas passé. Mon char, c'est ce qui reste quand tu enlèves l'entrée, pis la remise à côté!
Pauvre groupe verbal, pauvre noyau de verbe déchu, je comprends qu'on ne sait plus conjuguer!
Imaginez avec toutes ces idées de bonnes femmes, je n'arrive pas à dire sans me sentir un peu coupable qu'il faut faire ses accords sujet-verbe... Il y a toujours un Groupe sujet bruyant qui veut s'affirmer et son ou ses noyaux, le pépin, qui nous emmêlent la pensée... Voilà ce qu'ont fait de nous les linguistes après nous avoir passé dessus et laissé au destin de ces furies qui les ont écoutés!
mardi 21 avril 2009
Les sciences maintenant! Et doit-on prendre notre mal en patience?
- Alors la réforme en sciences? A quoi ressemblent les cours de sciences maintenant en 4e secondaire?
- On a un peu tout mélangé en doublant la quantité de contenu à passer et là, on vient de recevoir le genre de questions d'examen de fin d'année. On a relevé le niveau de façon incroyable.
- Comme en math de 3 l'an dernier, tous les profs n'en revenaient pas. Et les profs de sciences, contents?
- Non, non, ça chiale partout... Mais bon...
- Quoi?
- Ben la réforme achève, on va nous la faire rendre au dernier niveau du secondaire pour tout défaire...
- Ah oui, d'où tu tiens cela?
-Ami, haut placé, faut que les maisons d'édition fassent leur affaire, pis on va revoir toute cette horreur...
-En attendant, nos jeunes auront servis de cobaye, le mien est sur la ligne de front.
- Ben, on s'arrange pour leur donner l'essentiel pour qu'ils ne soient pas trop pénalisés...
Bon, je n'ai pas de preuves et cela vaut ce que ça vaut comme «on dit», mais faute de réponses intelligentes de nos décideurs face au gâchis de la réforme, on en est réduit à espérer que la pire des aberrations soit l'ordre qui gouverne notre monde de l'éducation qui soutient sans qu'on le dise trop fort le charmant monde de l'édition...
Vivement qu'on en finisse!
mardi 10 mars 2009
La liberté syndicale, les autres, et la mauvaise attitude
Bon, pour un habitué des petits contrats, rien de bien surprenant. Pour approcher la recherche d'emploi en éducation, j'ai un peu d'expérience dans le chapeau. Imaginez, le téléphone a déjà sonné pour une entrevue et un besoin indéfini. A Mourial, je me doutais bien que trouver de quoi m'occuper d'ici la fin de l'année scolaire ne poserait pas un gros problème. Reste à voir les conditions qu'on m'offre... j'ai un peu peur, je dois l'admettre!
Rapidement, les faits ont confirmé. Une secrétaire: «Comment se fait-il que vous n'avez pas un emploi ailleurs?» Euh, j'étais en voyage et je n'en ai pas cherché encore... et , je n'ai plus de dettes, je peux me contenter de la moitié d'un salaire de prof pour vivre une année avec 6 mois de vacances, question de choix, au lieu d'y aller pour la débandade des investissements...et une santé précaire. Je ne lui ai pas tout dit... En plus, les bouches-trous ont la cote! J'ai peut-être été un peu prétentieux quand j'ai dit que je ne voulais pas faire de suppléances à la journée, juste des remplacements. «Faut commencer par le bas de l'échelle», m'a dit la pimpante secrétaire... Je ne suis contenté de lui dire que j'avais un Brevet et que je laisse aux jeunes la suppléance.
Du nouveau: les formulaires électroniques et la présence bruyante de déclaration de notre statut de minorité que je n'ai pas, sinon celle de mâle caucasien de la minorité francophone d'Amérique du nord, «sectariste et vivant de la détestation de l'autre» (selon Power Co, Desmarais, GEF, Sarcozy, le projet Nebraska, Gaz Prom et autre affairistes de la planète) qui impose, tel un nazisme immoral, une loi sur l'affichage qui empêche qu'un jour un boulevard Tachereau n'affiche qu'en chinois comme je l'ai vu à Vancouver récemment (On appelle cela évidemment de l'intégration!). On dirait que les commissions scolaires, ici à Montréal, sont dans une urgence d'intégrer de l'immigrant. Imaginez, dans une CS du coin, le truc fait deux pages remplies de discours «politicaly correct» pour nous demander notre appartenance à une race sans nous offenser et aussi si nous nous considérons handicapés selon une définition qui faisait bien une page écrite en petit que j'avoue n'avoir pas pris la peine de lire à fond... (la bureaucratie est endormante). Moi au jeu des minorités, je ne suis rien... Je coche non partout... On nous demande pas pour la minorité à laquelle j'appartiens... La seule qui probablement vient juste de découvrir, et encore, que nous nous enlisons dans une fabuleuse crise économique... Pépin, la bulle!
Personnellement, j'en ai un peu marre des discriminations positives et des droits des minorités sur les majorités, mais bon il est inadéquat d'avoir ce genre d'émotions et l'étiquette de raciste est l'outil de propagande qui rend ce sujet indiscutable dans notre société comme le communisme, le fachisme, l'ont déjà fait et, comme ailleurs, le négationnisme ostracit de la communauté. Comme le disait Yvon à TLMEP dimanche, je dois avoir mon extrême-droite-en -moi un peu active de revenir à Montréal, chez nous bref, me noyer dans le multiculturalisme... Chez moi, c'est un peu partout maintenant... Je n'ai pas de thèses, pas de solutions à proposer, je ressens un drôle de malaise que j'essaie de nommer... Hier, à la SAAQ sur Henri-Bourrassa, nous n'étions pas vraiment au Québec... La minorité visible était blanche. Mais bon, Montréal continue son évolution, je l'oubliais, simplement.
Mais bon, le plus surprenant, mais ce n'est peut-être qu'une prise de conscience, c'est qu'on m'a fait signé une carte de membre syndicale dans le kit d'admission à une CS avant même qu'on m'offre un job. Et il n'était comme pas trop question que je ne signe pas... Quand la liberté syndicale est devenue une formalité administrative, ça regarde mal...
Bon, en terminant, je ne sais pas si vous remarquez les bonzes de la philosophie de l'emploi. On en voit partout avec leurs petits livres de réussite pour nous aider à garder notre job dans la crise... Je remarque juste que l'on nous encourage davantage à être productif pour notre patron, plein d'énergie pour l'entreprise, à ne pas critiquer, à parler de la pluie et du beau temps avec les collègues, bref, à être toujours plus une machine heureuse de son sort... (D'après l'écoute de Denis Lévesque, hier soir). Mon copain, ingénieur, s'est fait remercié il y a quelques jours. On va répartir son travail avec ceux qui restent qui étaient déjà suroccupés... Il n'y a pas de syndicats là, car il n'y a plus vraiment de syndicat de toute façon... Il y a le «management». Le management, c'est la philosophie de l'esclavage dans le cadre néo-libéral de survie de l'entreprise... Hé oui, l'esclavage, c'est la liberté...
Pourtant la lutte de classe existe toujours. Voici d'ailleurs ce que déclarait un fameux investisseur Warren Buffett en 2006 : « Oui, il y existe bien une lutte des classes mais c’est ma propre classe, celle des riches, qui la mène et nous sommes en train de l’emporter ».
Évidemment, j'ai une très mauvaise attitude face à tout ceci... Je magasine un psy!
vendredi 27 février 2009
Les dessous de la caisse de placement ne sentent pas bons! (ajouts)
On a appris que l'investissement dans le papier commercial (PCAA) n'était peut-être pas aussi sûr que le triple A présenté en guise d'excuses. Une agence torontoise d'évaluation les notait AAA, alors que 3 agences américaines refusaient de le faire parce que le règlement ne protégeait pas assez les investisseurs. Tout de suite, on se demande comment de si bons gestionnaires payés des centaines de milliers de dollars par année ne pouvaient pas être au courant de si subtiles détails.
Mais ce n'était pas tout. Ces bouquets merdiques(sorte de CDO) de crédits hypothécaires, de cartes de crédits et de prêts auto, ont été vendu par Coventree dont la caisse de dépôt était le principal actionnaire en 2006. Bref, la caisse a acheté sans plafond pour plus d'une dizaine de milliards de ces papiers douteux fabriqués... par elle-même en un sens!
C'est Henri-Paul Rousseau qui aurait permis tout cela qui travaille maintenant pour Power Corporation.
Bref, on a réussi à affaiblir un pilier important de la richesse collective du Québec...
A-t-on ouvert une boîte de pandore hier à Radio-Can? En tout cas, on semble vouloir la refermer bien vite: en même temps, une autre agence de notation de Toronto vient à la rescousse de Charest et sa ministre Forget, qui sont en train de se faire mettre aussi en boite par les péquistes qui veulent gratter à fond cette histoire, et annonce mettre sous surveillance la note AAA de la Caisse devenue trop politisée...
Ajout: je suis tombé ce matin sur ces articles éclairant d'un point de vue souverainiste de ce qui se passe à la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec, on y rappelle l'enjeu de cet outil de développement de la richesse économique du Québec tel qu'imaginé par Jacques Parizeau. Enfin, on montre comment les déboires de la Caisse s'inscrivent dans une stratégie fédéraliste de couper les outils d'émancipation de la société québécoise. On y approfondit les drôles de collusion entre des sociétés torontoises et des partenaires québécois de plus en plus détournés vers des visées et orientation centralisatrice et la présence de l'ombre de Power corp. dans toute l'affaire.
Je continue à croire qu'on aimerait bien enterrer cette histoire pas très propre...
Petite histoire de la caisse
Une victime consentante
La cote AAA des PCAA (excuse mensonger)
mercredi 25 février 2009
Quand un avocat fait la morale...
Hier, on discutait de cette caissière européenne qui s'est fait congédier pour avoir encaissé des coupons et mis l'argent dans ses poches pour environ 1,5 Euros.
A l'émission hier, deux avocats nous parlaient du droit du travail. Évidemment, de l'extérieur, se faire virer pour environ 2$ paraît plutôt ridicule. Je n'ai pas pris en note les noms des deux avocats qui discutaient, mais bon il y a un homme très de droite, ce n'est pas la première fois que je le voyais sur cette émission.
Pour lui, c'est du vol et deux dollars, c'est la même chose que 10 000 $, ça démontre une facette de ta personnalité, bref, un employeur n'a pas à continuer de garder un voleur parmi ses employés. Son lien de confiance est brisé. On est la chose de l'employeur, c'est connu.
Disons qu'une chance que les bûchers et la guillotine ne sont plus à la mode, parce que je n'aurai pas donné cher de la vie de la pauvre petite dame si elle avait eu cet avocat comme juge.
Bon, je veux pas être méchant, mais si j'avais dans ma vie un métier qui me permet de charger 250$ de l'heure, il ne me viendrait absolument pas à l'idée de voler, moi non plus... Mais bon, il y a des gens dans le monde de la finance qui se font des millions et vont en tôle et se refont engager par des employeurs par la suite... Ce n'est pas la même confiance et les mêmes qui sont volés aussi...Il y a même des conseillers de président américain qui ne paient pas leurs impôts... Et c'est connu, ils doivent avoir oublié d'avoir déclaré un petit 2$...
Heureusement, tout de même que le droit prévoit au moins une chance pour un travailleur comme nous l'a expliqué l'autre avocate...
Dans un monde avec de grave inégalités sociales, il est évidemment important de rappeler que le pire crime est le vol des amis de l'élite au pouvoir... et de trouver des euphémismes pour ne pas dire que les taxes de tous sont volés par le gambling des gens riches et célèbres de la finance...
mardi 24 février 2009
Délocalisation, elle continue...
Heureusement, il y a les Européens, autrement, on ne s'apercevrait pas qu'on se fait entuber et qu'on est en plus admiratif...
Alors voyez un peu ce reportage sur Dell qui déménage d'Irlande vers la Pologne... et ne manquez pas le recul critique du journaliste... On aurait franchement besoin de ce genre de regard ici.
Au train où vont les choses, les hivers risquent d'être dure à chauffer dans quelques années...
dimanche 22 février 2009
vendredi 30 janvier 2009
18 Milliards en 2008 de bonus et primes au rendement aux dirigeants de Wall Street à même l'argent du contribuable...
Qui ne le serait pas!
Réchauffement climatique et les mondialistes-version française
The Great Global Warming Swingle
Récemment, je vous ai proposé le documentaire qui présente la version des alarmistes du réchauffement climatique. Bon, comme tout le monde, j'en avais entendu parlé. On nous prédit des catastrophes, des inondations, etc.
Cependant, la belle unanimité de la science derrière cette analyse de la situation ne serait pas ce qu'on pense...
Voici donc un documentaire qui présente une autre version. En fait, le facteur principal du réchauffement climatique est l'intensification des activités du soleil. En fait, ce qui est étonnant, c'est que le réchauffement climatique réduirait les catastrophes au lieu de les multiplier. On apprend que Al Gore traficote ici et là la vérité... sur une question franchement complexe... Et la question qui vient ensuite est pourquoi?
Bon, je sais qu'on n'aime pas les conspirationnistes, ils ont l'air de paranos qui s'inventent de belles histoires de peur. Cependant, ils attirent l'attention sur une tendance bien réelle: des gens puissants dictent de plus en plus l'agenda du monde. Il est difficile de nier que le monde via l'ONU et d'autres organisations subit de fortes pressions de la part d'un groupe qu'on appelle les mondialistes qui stimulent l'arrivée d'un Nouvel ordre mondial. Tous les derniers présidents américains depuis un quart de siècle en ont parlé assez directement. Kyoto et la normalisation de l'industrie planétaire par des normes environnementales sous un contrôle mondial dans l'intérêt de l'humanité est une façon fort subtile, si l'on y pense, de bien manipuler et contrôler le monde. C'est le nouveau Dieu qui permettra les nouvelles croisades.
Avec l'exemple de l'Union européenne qui dilue de plus en plus les souverainetés nationales et donc les démocraties réelles, plusieurs se posent de fameuses questions sur cet avenir de partenariat public-privé où les décisions se prennent le plus souvent dans des salles fermées au public dans des meetings mondains comme à Davos en ce moment.
Bon visionnement (c'est en anglais):
Global warming and Global gouvernance
Il est intéressant de lire un résumé de la controverse sur Wikipédia.
lundi 26 janvier 2009
On l'appelle Ni-co-ti-ne...

J'ai écrasé hier... Pas parce que j'aime les pubs «jche t'aime» (elles m'agassent...) ni que je suis du genre à m'arranger pour faire les choses en même temps que tout le monde. Non, je suis dans le processus depuis plusieurs semaines quand j'ai acheté des patches. Je profitais de cette période relativement calme pour arrêter. L'habitude du tabac recommençait à me fatiguer...
Non hier, ça a juste adonné que je terminais un livre qui traînait pourtant depuis longtemps dans nos affaires: La méthode simple pour arrêter de fumer de Allen Carr.
Ce livre est une expérience assez fascinante...
Lire le texte complet
dimanche 18 janvier 2009
Comment devenir riche (blague qui circulent sur le Net)
Once upon a time, le jeune Bob vivait au fond du Nebraska.
Un jour il décide de devenir riche, lui aussi. Pour démarrer, il choisit d’acheter un vieux cheval à un cowboy. Il emprunte sans difficulté 500 dollars à la banque du coin, qui aime par dessus tout les jeunes gens audacieux ; il verse au cowboy la totalité de la somme empruntée, et ce dernier lui promet la livraison, ferme, du canasson pour le 10 du mois.
Las ! Une semaine plus tard, le cowboy vient voir Bob pour lui annoncer une mauvaise nouvelle: le cheval est mort. Bob, qui est encore un pied tendre, lui dit alors :
- No problem, man ! Tu me rends mes 500.
- Gosh ! lui répond le cowboy, c’est que je ne les ai plus. J’ai été obligé de les refiler à ma sœur, pour qu’elle aille se soigner.
Bob, qui mûrit vite, réfléchit et lui dit :
- All right, chap ! Je prends quand-même le cheval.
- Le cheval ? Pour en faire quoi ?, lui demande le cowboy, très surpris (il ne sera jamais riche).
Bob lui répond avec assurance :
- Je vais le vendre en montant une loterie. Pour un cheval, je suis sûr de trouver tout un paquet de gens qui tenteront le coup.
Le cowboy s’étonne :
- Tu ne peux pas faire une loterie avec un cheval mort !
Petit clin d’œil de Bob :
- Pourquoi veux-tu que je dise que le cheval est mort ?
Deux mois plus tard, le cowboy croise Bob, chemise de grande classe, lunettes de soleil, montre étincelante et chaussures de cuir fin. Aussitôt, il lui demande :
- Alors ? Ta loterie, ça s’est passé comment ?
- Super ! lui répond Bob. J’ai vendu 500 tickets à 3dollars la mise. Du coup j’ai fait mes premiers 1000 dollars de profit !
- Mais…. Tu n’as pas eu de réclamations ?
- Si, bien sûr. De la part du gagnant. Mais on s’est arrangé : je lui ai rendu sa mise.
Aujourd’hui, Bob vend des produits structurés chez Goldman Sachs.
Quand les robinets du crédit coulaient à flot...

Les états ont permis aux banques de transférer les risques de leurs créances grâce à l'ingénérie financière (la titrisation) à des investisseurs trouvés par un tiers. Dans l'opération, elles retrouvent des fonds propres et peuvent augmenter encore leurs crédits... Le financement, dès lors, coule à flot. Enfin, se sont multipliées les sociétés de gestion et de financement opérant avec les principes de la titrisation des crédits... En fait, de nombreux investisseurs et opérateurs vivent du flux des crédits (intérêts). C'est même une industrie, donc il faut toujours plus de créance pour alimenter ceux qui ont de l'argent à faire fructifier.
Lire
mardi 13 janvier 2009
Au commencement est le manichéisme... à la fin notre responsabilité
En fait, nous vivons beaucoup dans la contrainte de l'ordre établi qui nous entoure même si nous avons tendance à l'oublier. Tous ces règlements que nous suivons dans notre vie sans trop y porter une attention consciente sont pourtant bel et bien là comme nous le rappelle une contravention...
Enfin, nous suivons aussi des modes et obéissons bien souvent à des conditionnements sans trop nous en rendre compte. Sans en prendre la mesure, on oublie souvent que ces contraintes absolument non obligatoires peuvent nous emprisonner. Dans cet aspect des conditionnements non questionnés est surtout l'espace où l'on peut retrouver de la liberté et s'ouvrir au choix conscient... Encore là, j'ai parfois bien de la peine à imaginer le monde sans cette structuration inconsciente de nos comportements... Le rôle que joue l'idéologie de la consommation qui remplace nos religions d'autrefois guident quand même un peu nos conduites. Sans cette gouverne, comment le monde se comporterait-il ? Qu'on le veuille ou non, la collaboration sociale suppose le partage de certaines normes sans quoi ce serait probablement un peu le bordel... Nous avons toujours besoin d'un principe rassembleur et de règles dès qu'il s'agit d'un fonctionnement de groupe... Même si j'ai beaucoup de mal avec l'impératif de consommation qui semblent inciter à consommer pour la survie du système, je vois de l'amélioration poindre avec ce salon de l'auto de Détroit qui, hier, mettait en vedette la voiture verte...
Résister à la tentation de simplifier
Je crois qu'il faut résister à la tentation de simplifier. L'État peut avoir parfois des reflets violents, cependant, avant d'en arriver au extrême, il y a une certaine liberté d'action qui donne de l'espace à des vies tout de même assez bonnes... Nous vivons dans un pays relativement paisible où l'État, tout imparfait qu'il soit, permet de réguler nos interactions ou de nous donner un climat de relative sécurité. Je ne partage pas donc pas la vision anarchiste d'un Molyneux donc. L'État n'est pas unilatéralement un voleur brutal. L'ordre qu'il instaure apporte une certaine paix qui permet d'aller plus loin que la survie immédiate. N'empêche que cette vidéo tout de même questionne un peu la conduite démocratique de notre voisin du sud et tout de même certain aspect de notre propre action nationale en collaborant étrangement avec les Israéliens (1) qui bombardent des Palestiniens ou en participant à une mission assez controversée en Afghanistan... qui fait beaucoup de morts... Pourquoi au juste?
Bref, l'état a le potentiel de violence. Je le préfère portant à l'esprit de Mafia qui énonce les lois de son empire sans condition et sans discussion et qui s'installe naturellement dans des pays sans gouvernance solides. Je le préfère à l'esprit privé dont on peut imaginer les abus quand le gouvernement au-dessus de sa tête n'a pas de force pour imposer un ordre protecteur des citoyens. Coca cola a payé des gens pour assassiner des opposants syndicaux en Colombie.
Il reste qu' avec un tel potentiel, il est important de rester vigilant et de ne pas renoncer à faire en sorte que nos États demeurent des entités qui gèrent le plus humainement possible les conditions qui permettent de vivre décemment et pourquoi pas le plus sereinement possible.
La démocratie et l'État de droits demeurent parce que nous lui rappelons tous les jours le contrat social qu'il suppose...
1- Le Canada et Israël ont signé une entente de coopération sur la sécurité publique en mars dernier évidemment contre les terroristes, il n'y a pas de quoi s'étonner de notre position clairement biaisée. Sans compter que le commerce bilatérale entre Israël et le Canada est franchement développé, vous saviez que nous avons un accord de libre-échange avec Israël?
samedi 10 janvier 2009
Gaza ou notre point de vue gazé...
En France, on retrouve une bien plus vaste couverture médiatique et une qualité dans la variété des points de vue.
En fait, selon CNN, Israël a brisé le cessez-le-feu. Ensuite, il est clair que le blocus contre Gaza affame la population. Il est connu que Israel n'a pas respecté aussi sa parole, ne laissant entrer que 20 % des ravitaillements entendus.
On découvre ainsi que, comme toujours, les médias imbéciles perroquets ont répété ce que certains intérêts ont bien pris soin de leur souffler à l'oreille. Et puis nous, ben on regarde les horreurs à la télé.
Je vous invite à lire cette analyse d'un observateur, Tariq Ali, qui nous parle de l'histoire récente et de ce groupe si méchant: le Hamas qui fait face à cette armée si angélique! (Tariq Ali est un historien, écrivain et commentateur politique britannique, d’origine pakistanaise).
Contre-info présente un grand nombre d'articles éclairant sur la question.
Réchauffement climatique
La destruction de la planète continue et, à la base, le mode de vie et les technologies qui en sont responsables aussi...
lundi 29 décembre 2008
La réalité de la réalité ou appeler un chat un chat
Là, ça pète sur Gaza, l'autre jour en Guinée, bon, on pourrait faire une longue liste de conflits sans fin...
Gaza, bombardé avec le soutien des milliards américains et le silence canadien. Une situation sans issu entretenue depuis plus d'un demi-siècle...
Enfin, sort une nouvelle intéressante aussi aujourd'hui sur Cyberpresse sur l'implication du Canada en Afghanistan: 18,5 milliards canadiens dépensés dans une guerre aussi douteuse que celle contre l'Irak pour tenter d'installer un pouvoir moins anti-américain que les Talibans. Allez m'expliquer ce que peut faire le Canada dans ce merdier entretenu par les Américains pour servir ses intérêts dans l'industrie des armes. Quand la force multinationale a sur les mains le sang des centaines de milliers de morts que génèrent sa présence dans le moyen-orient dans les années récentes, on peut quasiment parler de complicité génocidaire si l'on n'a pas peur de mots.
Pendant ce temps, nous vivons dans un pays libre et démocratique, vous dites... L'opinion canadienne me semble loin d'être favorable à la participation canadienne à ces oeuvres hautement contestables au plan de la morale. Et nous payons le bill... pendant que nous recevons toujours moins un service de qualité des institutions que notre État a le devoir, selon le contrat social, d'honorer. C'est sa contre-partie au pouvoir de prélever des impôts et de taxer. Non?
Essayez de ne pas payer vos impôts par objection de conscience, pour voir l'étendu de sa liberté est une proposition pratique qu'on pourrait tenter de tester!
En ce moment, Internet foisonne de ces polémiqueurs qui offrent des images frappantes de la réalité dans laquelle nous vivons. Hier, par hasard je suis tombé sur ce drôle d'illuminé de Toronto (freedomainradio.com) qui définit l'État d'une manière fort étrange: le droit exclusif d'user de violence contre les populations... C'est drôle, il y a de ces images frappantes qui des fois réveillent un peu!
Je trouve cette vidéo sur le problème de la définition du mot terrorisme particulièrement propice à dissoudre l'illusion ou la matrice de pensée dans laquelle nous baignons... comme un poisson qui soudain voit l'eau dans laquelle il nage. Bon, c'est en anglais...
Pertes de vie imputées à l'impérialisme américain: Imaginez un 9/11 tous les jours pendant 25 ans...
dimanche 21 décembre 2008
Pics du nez enneigés! Joyeuses fêtes!

La neige continue de tomber dans l'hémisphère nord, même si la banquise de l'Arctique recule toujours...

Le prix de l'essence diminue, mais... le pic pétrolier approche: 2020 selon l'AIG (Agence Internationnale de l'Énergie. Et nous sommes en retard technologique pour y faire face, 20 ans de transition systémique pour l'économie mondiale, évalue-t-on... On est pas sorti de l'auberge!
Paul Jorion, anthropologue et économiste, qui travaillait entre 2005 et 2007 dans les lieux mêmes du délire optimiste créateur de subprimes, nous donne une belle image de l'avenir:"Une image forte, c’est 1929. Souvent on me demande : « Est-ce que ça va être comme en 29 ? » Je dois leur dire qu’on est parti pour quelque chose de beaucoup plus sérieux que ça. A l’époque la bourse était le reflet d’une certaine réalité physique. Ce qui est beaucoup moins le cas aujourd’hui. Les effets sont démultipliés. Souvent c’est quand je dis que ça va être pire qu’en 29 qu’on me censure !"
On va suivre cela en HD!
jeudi 18 décembre 2008
La simplicité involontaire
Pourtant au milieu de cette gigantesque bulle d'optimisme créé par la révolution informatique que nous avons vu dans les années 2000, il y a eu pourtant beaucoup d'observateurs qui régulièrement tentaient de nous avertir de l'imminence d'une méga-crise. Ils étaient ridiculisés par des économistes majoritairement optimistes. Paul Dontigny, un analyste des affaires.com nous parle des prédictions qu'il faisait à la veille de l'an 2000.
Il nous explique en même temps ce qui s'est passé, avec beaucoup de retard finalement, car plutôt que de laisser aller l'économie au début des années 2000 vers une récession qui aurait dû permettre à l'économie de faire le ménage des ballons vides, la FED a saupoudré les crédits à qui mieux mieux créant les conditions de toujours plus de spéculations.
Son analyse est intéressante et ce concept de simplicité involontaire aussi:
L'utopie éco-économique (Contradictions modernes)
On le voit bien en ce moment: le consommateur n'est pas au rendez-vous de la consommation autant qu'il le devrait. Le crédit largement distribué pour nous faire consommer ses dernières années arrivent en bout de logique. Toutes les spéculations sur l'efficacité de cette stimulation sans fin de la consommation se sont effondrées. On a pas fait le calcul ou on a pas voulu voir qu'un beau jour le "payé demain" allait collectivement nous rattraper et nous faire arrêter de consommer. Et c'est le grand drame.
Et l'environnement?
Mais comment concilier notre prise de conscience collective environnementale avec la nécessité pour le système économique de consommer et même surconsommer pour faire tourner la roue vitale. Pour avoir l'argent qui nous permet de vivre, il faut participer à la production de biens et de services toujours croissants. Si nous arrêtons de consommer, la machine s'enraye et c'est un peu ce qui se passe en ce moment. Je me propose ici d'examiner la complexité de la machine à produire humaine face au enjeu écologique.
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mardi 16 décembre 2008
Crise financière: documentaire
On découvre en fait que la spéculation sur l'activité économique est devenue un moteur du développement où il faut toujours trouver de nouveaux investisseurs. Tout le système financier carbure à la spéculation qui s'étage jusqu'au délire. Toute une gamme de produits financiers a connu ainsi un essor sans précédant dans l'histoire. On comprend que finalement placer de l'argent est un "gambling" de par sa nature même qui en rapportant créé toujours et toujours plus de confiance et attire son aliment: de nouveaux investisseurs jusqu'au moment où la réalité rattrape la bulle et tout s'effondre.
Chaque effondrement créé un immense siphon dans le système financier qui créé une panique et une perte de confiance des investisseurs. Pour sauver les meubles, car la finance est le moteur de l'économie, les états doivent ramasser régulièrement la déconfiture de procédés plus ou moins honnêtes que tout le monde veut, car est bien ancrée l'idée que l'on peut faire de l'argent facile avec de l'argent quand on en a. Cette idée et ce désir est a la source de toutes les bulles et procédés frauduleux payants qui se développent pour répondre à cette demande irréaliste... Jugez par vous-mêmes, ce reportage est en 6 parties.
Alors la question qui se pose qu'elle sera la nouvelle bulle, la nouvelle cible des systèmes financiers? Si nous n'assistons pas simplement à l'écroulement de la confiance en ce système... Enfin, on comprend que si l'on a besoin d'argent pour développer et alimenter la machine économique, les marges de profits de ces machines à faire de l'argent en jouant sur la crédulité et les subtilités d'un système sont finalement payées par tout le monde un jour ou l'autre.
Bref, la pensée rigoureuse se perd dans la complexité au profit de la pensée magique...
lundi 15 décembre 2008
L'affaire Madoff
Voilà qui commence à relativiser notre rêve conditionné de souhaiter faire un jour de l'argent avec notre argent. La liste des gens floués par ce rêve s'allonge par les temps qui courent!
J'ai trouvé une petite analyse instructive, sur un blog que je fréquente depuis quelques jours, sur cette affaire.
samedi 13 décembre 2008
Truc de blogueur!
Après avoir gossé longtemps sans succès à essayer de jouer dans le modèle et le code htlm compliqué pour faire ce que d'autres blogues font en m'inspirant de méthodes diverses, j'ai eu cette petite idée simple.
J'explique ici comment ça marche: lire plus!
vendredi 12 décembre 2008
La jeunesse d'Europe désenchantée
On y découvre une jeunesse souvent surqualifiée qui a étudié beaucoup pour se retrouver avec des emplois sous-payés avec des diplômes tout à fait inutiles. Le phénomène Tanguy est fort dans le sud de l'Europe.
On parle d'un clivage entre l'école et les entreprises.
Dans certain pays comme le Danemark, les jeunes s'en sortent mieux, on les autonomise par rapport à leur famille et le lien entre les universités et les milieux du travail est favorisé.
Ici, la réforme tient le discours idéaliste entretenant ce genre de clivage.
Article intéressant
jeudi 11 décembre 2008
Analyse de la situation de la Grande-Bretagne en Crise

Tiens, ce matin je tombe sur cette analyse de Robert Peston, journaliste économique à la BBC, qui donne son analyse de la situation - plutôt sombre - du Royaume Uni. La situation qu'il décrit nous dépeint aussi, enfin je crois.
En passant ce site Contre Info est franchement une mine pour saisir les subtilités du monde moderne. Dans les filets d'informations, il est rare de pouvoirs comprendre comment fonctionne ce système qui se casse la figure! Je vous recommande les synthèses régulières de ContreInfo: les Radar qui sont publiés toutes les semaines, c'est intéressant.
Vous avez des dettes vous?
L'argent dette: un petit film intéressant
L'air de rien, c'est une question intéressante: comment l'argent est-il créé? Vous serez surpris.
Ce n'est pas les dépôts qui permettent le crédit, mais le contraire: le crédit crée les dépôts.
Les films proposant des théories de complots , je m'en suis rendu compte, ont cet avantage d'attirer notre attention et d'aiguiser un besoin de comprendre. Enfin, sur moi, ils ont cet effet. Ils démontrent quand même que l'opacité du monde a de quoi nous faire paranoïer. Enfin, Internet avec ses nombreuses communautés d'échanges d'idées nous permet d'approcher après quelques recherches de la vérité. J'imagine que certains profs futés s'en servent pour aiguiser la curiosité de leurs élèves.
Pour commencer à comprendre ce qui se passe dans notre monde en crise financière qui devient récession, c'est donc un bon début!
Version complète du film L'argent dette de Paul Grignon
mercredi 10 décembre 2008
Je n'ai pas voté... pour cela il faut croire!
Nos médias hier se demandaient pourquoi justement les gens ne se donnent même plus la peine de se déplacer pour voter.
Je ne sais pas pour les autres, mais moi, je ne crois pas que cet acte de nos jours ait un sens. Paradoxalement, c'est le fait d'être éduqué, d'être capable d'observer la scène politique avec un esprit critique, qui me mène au boycott de la démocratie.
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mardi 25 novembre 2008
Méthodes d'apprentissage de la lecture dans le champ (ou le fond du problème?) - curieux silence! - version révisée et augmentée

Québec-Science a publié un dossier vraiment intéressant sur les méthodes d'apprentissage de la lecture inefficaces que nous utilisons au Québec, vous étiez au courant?
Bon, je suis loin du Québec, et il ne m'est pas possible de prendre le pouls complet du dossier, mais bon on peut s'en donner une idée ici et surtout ici.
En faisant une recherche, on se rend compte que tout un mouvement critique de l'approche globale, mixte et idéovisuelle inventée dans les années 70 ("whole language") existe dans les pays anglophones et surtout en France du côté francophone. Cette mouvance s'appuie sur une documentation scientifique reposant sur des études comparatives et longitudinales et aussi sur les avancées des neurosciences. L'approche globale tend de plus en plus à être abandonnée partout alors qu'au Québec il y a un silence complet sur la question.
Lire plus
Quand l'argent pousse dans les arbres...
Plan Paulson: 700 milliards pour renflouer les banques...
Là, Obama et sa nouvelle équipe parle d'un plan de relance de 7 à 800 milliards en plus.
A combien se monte le déficit américain? plus de 10 trillions de dollars...
Est-ce la firme de crédit Moodys (de mémoire) qui voulait nous décôter dans les années 90 et qui, en passant a fait entre autre changer bien des choses dans le système éducatif au Québec parce qu'il fallait atteindre coûte que coûte le déficit 0, est-ce que cette firme donc rappelle à l'ordre le géant américain?
Qui passe l'argent? Ou au nom de quoi un pays peut-il créer de l'argent? Qui contrôle tout cela?
Si c'est si facile d'inventer de l'argent, pourquoi nous fait-on suer avec cette crise bidon?
Si Chrysler, GM et Ford ont produit des chars qu'on a pas besoin, pourquoi faut-il que des fonds publics les sauvent?
On a déjà 2-3-4 chars par ménage, c'est pas assez?
Tout cela pour sauver 1 millions de jobs inutiles... Ok, c'est du monde, je comprends, mais si on a pas besoin de chars de plus...
On délocalise des entreprises et on en subventionne d'autres qui produisent rien d'utile... On veut éponger la situation en récoltant de l'argent dans des arbres...
C'est déci-dément toute une science l'économie!
mercredi 2 juillet 2008
Sortir du carré... ou Chaque femme est un roman d'Alexandre Jardin
Jonathan
Vous connaissez sûrement ce petit problème:
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Il faut relier ses 9 points avec 4 droites sans lever le crayon...
En lisant Chaque femme est un roman, j'ai retouvé le souffle amusant de cet écrivain. Il y dépeint plein de personnages colorés nés de sa réalité déformante épris de la même passion : 'échapper à la monotonie de la vie programmée des "normaux". J'ai franchement savouré ce roman en forme de peinture ou de portraits saisissants de caractères originaux.
Sortir du cadre, réinventer sa vie, trouver une nouvelle façon de voir, échapper à la contrainte apprise, ne pas s'enliser dans la tranquillité, la fixité et la mort... Romancer, compter une histoire pour faire changement, au lieu de se radoter, radeauter, rade oté, rat doté ou rade au thé de jasmin pour créer et réécrire l'histoire cent fois entendu par soi-même Chaque seconde compte dans la vie, on ne la revivra pas deux fois. Oser être, oser expérimenter, oser faire différent, oser l'ombre comme le sublime... Je suis l'ombre et la lumière...
Jonathan, jo n'attends, jaune à temps Living-stone, Pierre vivante qui s'envole explorer ce qu'il n'est pas encore...
Sortir du carré, sortir du carré qui emmure, tel est la solution de ce problème et la solution de bien des problèmes. Changer la perspective disait le messie récalcitrant de Richard Bach". Braver la peur et accepter l'humiliation, l'erreur, la perte...
Le voyage... pour se perdre et se retouver, pour se dépayser, et ouvrir ses horizons...
Je suis à Montréal dépaysé par 10 mois d'absence, tout est différent, tout se goûte de nouveau puisque la réalité est plus dans le regard que dans les choses elle-même, quand le regard change, la réalité sécrète autre chose... Faire du regard neuf...
Au (quel) bonheur de s'engueuler! Battre la chamade qui tient en vie... FAIRE DE L'AUTOSTOP AVEC UN PANNEAU "TOUTES DIRECTIONS"!!!!!!!!
Bonjour chers lecteurs,
N.B. L'emploi du masculin est sciemment utilisé pour faire souffrir ceux qui en ont besoin.
mardi 10 juin 2008
Mon catillinaire: Vaseuses évaluations, je les emmerde...
En plus du tiers du temps, des correcteurs automatiques sur les ordis et des dictionnaires électroniques, ne voilà t'y pas qu'ils peuvent avoir leur texte d'avance pour préparer leur compréhension de texte.
Je vais voir le TS responsable des plans d'intervention, parce qu'une élève revendique son texte. Quand doit-on le donner? Ben, tu peux leur donner tout de suite. - Heu, comme ça... - Ben oui... - C'est que bon, si nos charmants privilégiés montrent le texte au copain, je ne sais pas, ça peut comme peut-être tsé brûler le matériel... - Ok, on va voir. Attend. Solution: appelle les parents, on mets le texte dans enveloppe cachetée à n'ouvrir qu'à la maison... -Hum, hum... Bon, le processus est sauf, j'imagine. J'ai quand même beaucoup de mal avec la petite dont le chum est dans la même classe...
Bref, bonjour les évaluations bien sérieuses.
En passant, je pense à cette évaluation du MELS qui donne un chapitre des Catilinaires d'une charmante et spéciale auteure de chez nous à lire avec un pré-questionnaire pour préparer la compréhension de texte du MELS. Fabuleux, pourquoi ne pas leur donner l'examen à faire à la maison tout de suite? On s'emmerderait moins...
Bon, il y a la petite aussi qui me revendique son 1/3 de temps pour un contrôle sur un roman fait jeudi. Comme elle va le faire dans l'isolement (autre mesure particulière), je la perds de vue, car j'ai comme d'autres chats à fouetter. Je réalise cette semaine qu'elle n'avait pas fini... Alors je me dis bon je lui laisse faire les questions de la dernière page qu'elle n'a pas rempli, mais le reste quand même, pourquoi aurait-elle le droit de lire les questions, de les travailler avec son bouquin un weekend et d'ensuite venir boucher les trous...? Bref, elle me fait une scène; je lui explique, intransigeant.
Terminé, ben non, le TS débarque en plein cours, me faire le discours des plans et des droits, des t'aurait dû... (ouin j'aurais dû emmener mon détecteur de connards, j'aurais pu fermer la porte à double tour...). Autre emmerde, j'ai pas le reste de la copie avec moi. Je lui exprime mon point. Où est la limite, un moment donné à l'aide? ET je finis par lui dire, j'ai un cours à donner et je vais aller lui chercher le reste de la copie, et il fera bien ce qu'il veut avec, mais bon je ne suis pas d'accord par principe avec ce qu'il veut laisser faire. J'étais fâché, sans compter que merde mon cours attend, un dernier cours de l'année avant l'examen de fin d'année avec un groupe que j'ai pas trop la chance de voir cette semaine en plus...
On revient: le TS a réfléchi, il prend mon avis: je permets à la petite de répondre à la question vacante et de corriger des fautes mais pas de changer des réponses déjà données.
Le pire dans tout ça, c'est que je devrais toujours prévoir tout un truc que je ne peux pas gérer et qui se passe sur un autre étage chez un ts. Je le sais t'y moi si elle va avoir besoin de temps pour finir, on ne peut pas s'occuper de lui faire faire tout de suite son temps supplémentaire si elle en a besoin. Sinon, c'est viciée comme évaluation...
Bon, voilà c'est dit, je les emmerde ces emmerdeurs avec leurs mesures spéciales gérés par des gens qui ne sont pas profs, qui n'ont aucune conscience de ce qu'est d'avoir le souci de la rigueur dans l'évaluation, de ce qu'est la réalité de brûler un matériel au plan de l'intégrité de l'évaluation, qui croit qu'un jeune de 15 ans va choisir l'honnêteté avant la fidélité aux amis.
L'éducation devient vraiment n'importe quoi.
Quand l'évaluation n'aura aucun sens tellement elle sera pervertie, l'enjeu d'apprentissage n'existera plus vraiment et l'école deviendra vraiment un endroit où l'on fait du temps comme en prison parce que peu importe ce qu'on y fait, on sort avec un diplôme de merde ou merdique.
mardi 3 juin 2008
Échecs et maths...2
Quelque chose ne tourne pas rond quelque part dans la circonférence du Mels...
samedi 24 mai 2008
Échecs et maths...
J'observe toujours. Je fréquente une école privée, pas celle des bolles du coins, ici les jeunes sont sélectionnées sur la base de leur habiletés sociales et dans les langues et les arts: ici il y a 3 langues enseignées, des options en art dramatique, etc.
Hier, la directrice vient en classe... pendant mon cours de français. Petit message: on va offrir un cours de mise à niveau en math sec.3 à l'école: 3 samedis, 3h le matin, 3h pm pour les élèves en difficulté en maths... Dans le préambule aux élèves: on a mis du contenu de sec. 5 et de sec. 4 dans le menu du sec. 3 (c'est ce qui peut expliquer les difficultés de plusieurs; sous-entendu), plusieurs ont besoin d'appui.
Petites jases avec les élèves un peu plus tard:
- Ils croient leur prof de math incompétent (bon, ce n'est pas nouveau)
- Ils trouvent qu'ils n'aident pas assez les élèves qui ont de la difficulté (ils ne sont pas en classe spéciale, le régulier c'est trop souvent une logique du nombre, pas celle du soutien individualisé, même le ministère ne comprend pas ça...)
- La plupart, en plus de payer (enfin leur parent) pour être au privé, ont en plus un tuteur privé justement pour les aider en mathématiques.
Bref, c'est un peu le bordel.
En rapport avec cela: il y a 2-3 semaines, j'ai jasé avec le collègue de ce petit changement au programme: combinatoire et probabilité intégré en secondaire 3. Son commentaire: "A quoi pense-t-on au Ministère?" Les jeunes n'ont pas ce qu'il faut intellectuellement pour faire face à ces difficultés. Il se souvenait que de son temps, on voyait ses notions à un niveau Cégep.
Bon, j'avais observé dans l'école publique cet hiver cette évaluation délirante tendance nouvelle.
Bref, sur le terrain, j'entends parler des collègues de délire ministériel, je vois qu'on offre des cours en weekend pour de la mise à niveau, dit-on, et on parle aux élèves justement de cette nouvelle difficulté. Tentative désespéré de colmater une situation d'échecs envisagés pour trop d'élèves. La plupart des élèves me disent avoir un tuteur privé pour les aider en math et croient leur prof de math incompétent.
Il y a quelques années, on disait qu'on allait probablement assouplir les exigences pour permettre les projets en maths. Et c'est exactement le contraire qui s'est produit... Combinatoire, permutation, probabilité en secondaire 3, en plus de l'algèbre, des solides, de pythagore... Bon, pour ce que j'en sais.
L'avis des collègues de maths rencontrés dans deux écoles cette années est que la cohorte de cette année, celle du front de la réforme, n'a jamais été aussi faible...
A une époque de sciences et de cognitivisme, ne pas tenir compte de la capacité intellectuelle en développement des jeunes qu'on connait depuis les thèses de Piaget, est presque un crime...
Curieux qu'avec le désir de réussite pour tous s'affirment une tendance à les mettre en échecs.
Le Mels aura certainement encore une fois à refaire ces devoirs.
Personnellement, je les fouterais tous, ces fonctionnaires à la noix, à la porte avec un bon coup de pied au cul!
jeudi 22 mai 2008
Allez savoir...
Bon, il y a toujours des moeurs d'école intéressantes. J'entends les profs commenter les décisions de la direction, mais je ne me sens pas plus impliqué qu'il faut, je ne vais pas travailler là longtemps, l'école est petite et les places rares, enfin... Mais bon, je ne croise plus ma directrice 10 fois par jour parce que son bureau est intallé adjacent aux bureaux des profs. J'ai une collègue de niveau sympathique au lieu de l'équipe chacun pour soi de l'hiver dernier. Je n'ai pas des yalatolahs de la réforme en face de moi à chaque fois que je prends place à mon bureau à l'école. Bref, ça calme un peu.
Je ne sais pas, je joue aux échecs sur le net ou je prends ma guitare de ce temps-là le soir. Et le matin, plus calme, je dors plus longtemps au lieu de me réveiller avec mes problèmes et mon stress avec une envie d'exprimer, de sortir, de voir, de comprendre.
J'ai toujours mon habitude d'aller lire prof masqué, toujours sympathique... Là s'arrête pas mal mon implication bloguante ces derniers temps. Le raeq, ben je les laisse tranquille, de plus en plus.
Comme le souligne Le Neuf, on est dans une nouvelle réforme sans nom. Bientôt le raeq va couler avec son idéal...
samedi 26 avril 2008
Une semaine dans le privé: costume, portail
Je suis peu à peu intégré dans ce théâtre du costume! Pour le moment, c'est bien. Bon, la tâche y compte pour beaucoup: un niveau avec 75 élèves en tout, c'est presque du bonbon! En plus, j'ai de l'aide pour orienter mon enseignement, ce que j'ai eu pas mal de difficulté à trouver cet hiver dans l'école publique où j'avais du mal à m'entendre avec mes équipes matières, grandes et disséminées aux 4 coins d'une grande école.
Pour le moment, ce qui m'intéresse, c'est le portail où l'on peut envoyer des messages aux parents. On a une aide facile à mettre en action. Par exemple, je remarque chez de nombreux élèves une désorganisation du matériel évidente. Je vais probablement lancer un petit message général sur l'importance d'avoir des cartables en ordre, j'ai hâte de voir le résultat. Cette semaine, je me suis présenté aux parents, en expliquant la difficulté de s'intégrer à ce moment-ci de l'année et j'ai fait appel à la collaboration de tous pour bien atteindre l'objectif: terminer l'année dans les meilleures conditions de réussite. J'ai d'ailleurs demandé l'aide des parents de rappeler que ce n'est pas le moment de lâcher, même si le beau temps est arrivé. Je ne sais pas si c'est ce message qui a porté fruit, mais bon certains élèves se sont placés dans les jours qui ont suivi! Bref, au bout d'une semaine, la relation avec la plupart de mes jeunes est déjà bonne. Plusieurs me saluent dans les corridors et sont même venus me saluer dans ma classe avant de partir pourt le weekend... Normalement, ça prend franchement plus de temps pour arriver à ce résultat. Évidemment, avoir qu'un niveau me calme, et je suis déjà en train d'apprendre les noms des jeunes depuis deux jours. Je n'ai rien amené pour le weekend avec la pédago lundi, tout baigne... C'est assez fabuleux!
Bon, les jeunes savent qu'on a leur parent au bout d'un courriel, peuvent pas filtrer les appels, savent que c'est facile pour nous, plus que le téléphone, cela a sûrement son effet.
Bon, le portail ne serait pas lu par tous les parents, ce n'est pas non plus utilisé de la même façon par les profs. Des collègues se plaignent que certains parents ont le courriel facile... et que ça leur prend du temps. Pour moi, c'est une question de gestion et de tact. Évidemment, si on répond longuement à tous ses courriels dès réception, on peut s'enliser dans le truc.
Enfin, faut pas s'imaginer que les jeunes ne bougent pas à cause de ces dispositifs... Non, il y a des conflits comme ailleurs, des parents chiants peut-être même plus qu'ailleurs selon les collègues. Des jeunes flancs-mous aussi. Des fins de journées où il est difficile de garder les jeunes centrés sur la tâche, mais bon, pour des élèves de sec. 3, c'est pas mal...
Bon, je ne sais pas, l'hiver est fini, me semble que j'ai moins de temps pour laisser des traces bloguantes!
samedi 19 avril 2008
Évaluation en maths diluée... L'évaluation des incompétences!
Bonjour M. Chartrand,
Vous avez beaucoup de patience d'analyser toute cette potion pour endormir de notre fameux conseiller. Merci tout de même, j'ai de moins en moins de patience pour me perdre dans les mots des endormeurs professionnels...
Je me bornerai à faire une observation de terrain. Je suis prof de français de formation, toutefois, par les hasards de la vie et aussi grâce à certaines dispositions naturelles, j'ai enseigné les maths assez longtemps pour prétendre y avoir une certaine expérience. J'enseigne le français en ce moment, j'ai cependant toujours une oreille et un oeil à ce que font mes collègues de maths, sait-on jamais je pourrais retourner enseigner cette matière un jour!
Or. qu'entends-je en ces jours assez surréalistes en éducation? Un prof de math d'expérience qui nous répète qu'en formation la semaine dernière, on lui a dit qu'à la limite, l'acquisition des connaissances, on s'en tape! Pour un "matheux", c'est assez effarent! Non, on doit évaluer l'effort du jeune à déployer des stratégies pour résoudre un problème. Il fait de l'humour: on approche d'évaluer le vécu du jeune en maths: comment il se sent par rapport à son problème de math? Je vous jure, ce prof est pas trop loin d'une bonne déprime, car pour lui, comme pour moi d'ailleurs, cette approche consiste à jeter au panier toute une conception des maths qui était gouvernée par une vision et des méthodes très structurées d'acquisition d'un langage rigoureux en vue de former une intelligence sérieuse et disciplinée ou de former des gens qui utilisent ces connaissances à des tâches utiles dans nos sociétés.
Autre observation: Un prof me montre une évaluation pour le secondaire 3. Deux problèmes assez ardus. De la démarche, en voulons-nous, nous en aurons. Juste le dessin (un diamant= deux pyramides, des données manquantes qui joue avec le théorème de pythagore), me laisse songeur. Mon expérience parle, j'ai quelques années de sec.3 dans le chapeau: ouille, deux-trois élèves vont y arriver dans le niveau. Bon, j'ai même pas creusé, j'ai autre chose à faire...
Et voilà, ce matin, un élève est arrivé à la bonne réponse par groupe à peu près, et ce même si des profs ne sachant pas quoi faire avec toutes ces conneries inadaptées ont montré un problème parfaitement similaire à leurs jeunes peu avant l'évaluation, histoire de les préparer un peu à l'impossible autrement.
Comment les profs doivent évaluer ce truc de fou? Bien, j'ai jeté un coup d'oeil à la grille, je commence à trouver que finalement, en français, je ne suis pas trop mal! Une dizaine de critères pour évaluer les démarches. Enfin, comme je connais un peu la réalité de la correction en maths, je me demande ce que va faire un prof devant un charabia de stratégies à peine esquissées qu'il faudra deviner d'un jeune complètement désemparé devant un problème franchement inaccessible puisque ce genre de problème convient à 2à 3 % d'élèves doués parmis les doués... On m'a sans blague rapporté qu'une personne (un adulte) bien formé en maths a mis bien du temps à trouver la solution d'un problème conçu pour des jeunes... dans l'esprit de la réforme... Doit-on rappeler à tous qu'un jeune de 3e secondaire n'est qu'en train d'accéder peu à peu à la pensée formelle selon le constructiviste bien connu Piaget?
Pendant ce temps-là tout ce qui est autour en préparation, soit un enseignement des connaissances pour se rendre dans la fameuse et fumeuse résolution, n'est pas vraiment évalué dans l'outil.
Enfin conclusion de l'observation: le prof qui vient en aide à l'autre et propose que: A est celui qui arrive à la réponse avec la démarche. B: celui qui n'y arrive pas, mais qui fait des erreurs avec la bonne démarche. C= celui qui utilise un théorème de pytagore peu importe ce qu'il fait avec... D: les autres. Voilà la rigueur émiettée balayée sous le tapis...
Quel est franchement la valeur d'un tel exercice? Voilà où nous mène l'évaluation des compétences: un prof dans son weekend en train de se demander ce que vaut une ébauche de n'importe quoi d'un élève qui n'a pas ce qu'il faut pour résoudre un problème qui n'est pas de son niveau... multiplié par 120 copies. DE quoi plonger n'importe qui dans des questionnements existentiels et dans le songe d'une réorientation professionnelle. C'est d'ailleurs le commentaire de mon autre collègue au sortir de sa formation: j'ai appris qu'il était temps que je songe à me trouver une autre job!
Voilà, j'ai soutenu ailleurs que le problème de notre école n'est pas d'être trop peu exigente, mais de l'être à un niveau démentiel au niveau des objectifs sans égard aux capacités cognitives de l'enfant en apprentissage et de, finalement, laisser dans les mains des profs de valider une réussite factice dans des procédés d'évaluation chimériques. Et ce en se tapant pour le délire des maux de tête insupportables à chercher un semblant d'intelligence dans ce qu'on fait.
Pour ma part, je revendique des objectifs réalistes pour nos jeunes. Une éducation structurée, y allant par étape, visant la maîtrise du simple, allant progressivement vers la complexité pour atteindre le réel estime de soi, celui de réussir à maîtriser et comprendre ce qu'on maîtrise. Pas de recevoir des c après avoir fait n'importe quoi et de voir dans l'oeil du maître la désolation et le sentiment d'échec, celui de n'avoir pas fait réussir des jeunes l'impossible inaccessible que nos beaux et bons leaders en éducation propose de viser au nom d 'un déni de la réalité: certains n'arriveront pas à faire certains apprentissages... Faut-il éliminer le processus d'apprentissage pour cela?
J'ai hâte que les intellectuels, plutôt que de songer changer de métier, descendent dans la rue pour négocier sans concession le retour de la formation intellectuelle que la classe moyenne moderne a droit pour pouvoir prendre vraiment part à titre de citoyen au débat de société d'une façcon active. Pour moi, il est clair, une volonté pas toujours innocente a choisi de diluer le trop grand succès même imparfait de l'éducation moderne pour tous.
Le drôle d'oiseau, F.P. ou Francis, c'est la même indignation! (Qui n'a simplement pas la position protégée pour prendre part au débat en son nom réel)
Bureau jaune et courriel rouge
J'en suis à développer la thèse que la réforme vise à détruire la tradition scolaire qui a permis à la première génération scolarisée massivement (les boomers) de se tailler dans un certain rapport de force des conditions de vie décentes pour une classe moyenne nombreuse (fin des années 70). Et les profs, dans ce mouvement, ont eu beaucoup de pouvoir.
Ce pouvoir, on cherche maintenant à le détruire.La comédie de l'éducation, c'est endormir les gens et les occuper dans l'insignifiance. Dans quelques années, personne n'aura vraiment de consistance pour s'opposer intellectuellement au pouvoir et la machine de propagande aura le beau jeu. La manipulation des masses deviendra facile.
Ce mouvement souterrain a commencé dès le début des années 80 et culmine maintenant. Le mode d'installation consiste systématiquement à utiliser un cadre conceptuel abstrait et douteux qui relève de l'idéologie irréfutable comme le discours des partis communistes du régime soviétique (belle récupération par la droite de procédés de gauche. C'est justement le mouvement des sciences humaines des États-Unis qui nous tombe dessus, on sait très bien que le pouvoir là-bas subventionne la recherche pour savoir comment contrôler les masses).
On forme des équipes avec des surveillants proches du pouvoir pour surveiller tout le monde. On surveille notre comportement d'enseignants, notre discours et on fait de la délation. On force des évaluations qui nous sortent de nos références traditionnelles, on impose des évaluations communes au nom de la peur du scandale médiatique. (Je vous juge l'adjointe chez nous m'a répété mainte fois qu'il faut faire attention à ce qu'on dit on peut déformer nos paroles et se retrouver avec un parent incontrôlable, et la direction nous laisse entendre qu'elle ne nous soutinedra pas si cela arrive...: ça ressemble aux comités des citoyens qui déforment et interprètent les conduites suspectes des personnages de Milan Kundera).
Bref, on contrôle le contenu par les évaluations. Un contenu qu'on s'acharne à diluer dans l'apprentissage fumeux des processus d'apprentissage. Il ne faut plus faire échouer personne pour éviter les scandales. Cela me fait penser à cet ennemi imaginaire placardé dans les médias dans le roman 1984. On vit à l'heure de la peur du scandale scandée!
La majorité des nouveaux venus en enseignement et ils sont nombreux n'ont pas le choix de se plier au discours. Leur précarité permet au parti de sanctionner. S'ils ne sont pas assez fervents, ils deviennent suspects, bref ils doivent se montrer enthousiaste pour continuer de toucher leur beau salaire inespéré.
On choisit les surveillants d'équipe d'ailleurs en fonction de leur âge et de leur formation souvent plus ou moins adéquate dans le champ où ils travaillent. Ambitieux, ils soignent leur relation avec le parti...Pour les anciens, on applique la méthode autoritaire avec des raisonnements creux...
En fait, ils attendent tous qu'on donne nos démissions, pour faire entrer à la limite n'importe qui. Ces nouveaux venus coûteront moins chers et seront plus dociles. De toutes façon, on forme déjà des animateurs pédagogiques... Bientôt, on les formera au Cégep, on le fait déjà pour ce qui reste de l'adaptation scolaire. J'ai vu quelques départs dans l'école où je suis, pas des profs, mais des gens d'une autre génération, ils ont tous parlé de différends avec la direction... On leur a à peine dit "bonne chance" après 22 ans de service...
Dans les salles d'enseignants, j'ai été frappé, par la manifestation régulière de profs qui songent à quitter le profession. Tout le monde ressent l'insignifiance de plus en plus palpable dans laquelle on nous plonge. Et il n'y a aucune place pour discuter. C'est l'omerta et la délation.
Où sont nos syndicats? Dans une timide demande de stopper la réforme pour la corriger. Ce n'est pas une correction dont nous avons besoin, c'est d'une défense de la rigueur pédagogique et de la formation consistante de l'être humain...En fait, tant qu'on ne descendra pas dans la rue, rien ne pourra bouger vraiment et le lent mouvement de sape continue dans le silence...
J'avais quitté le monde de l'enseignement depuis 3 ans. Je sens que le discours de la réforme devient opprimant sur le terrain. Beaucoup de profs vivent des vexations dans un bureau jaune d'adjoint ou dans des échanges de courriels rouges (encore plus insidieux).
Il n'y a pas si longtemps, on n'envoyait pas à la rue les jeunes, on les dirigeait vers l'école alternative. Mais on a dans bien des milieux démantelés ces réseaux coûteux, de toute façon, on va faire passer tout le monde... La peur des jeunes de la rue, c'est encore le discours pour démolir le processus éducatif, qui donnait la possibilité de développer une intelligence perspicace.
On m'a rapporté dernièrement que dans une usine, on réunissait les employés pour des "meetings" où des responsables, connards avérés sans formation, prenaient la parole pendant de grosses heures à dire n'importe quoi...Comment peut-on critiquer l'intelligence d'un discours imbécile? Et sans avoir soi-même quelques outils intellectuels et un réseau conceptuel solide en soi, comment comprendre que le discours en avant est creux et vide de sens?
On ne vit pas vraiment un débat de société. On vit les dernières manifestations de l'intellect se révoltant contre sa dissolution. C'est le pouvoir qui mène la bal, en l'absence de contre-pouvoir... On ne gagnera pas la bataille à coup d'arguments... De tout façon, la posture du pouvoir est bien évidente dans le discours d'un Tehami au Raeq, il y a deux dogmes, irréconciliables, je suis au pouvoir et j'ai la force, bref mon dogme gagne. Peu importe vos arguments, de toute façon, mon cerveau, comme le vôtre n'est pas ouverts aux contre-arguments de l'autre.
Quand on ouvre les yeux, on remarque que l'esprit de cette réforme est partout à l'oeuvre...La crise du crédits, où on a donné sans compter de l'argent à n'importe qui, nous laisse croire que ça va mal... On ne parle parlera pas d'argent en éducation, alors qu'on continue de constater qu'on vit dans une société où l'on se paie deux, trois à quatre automobiles par maison... évidemment achetées à crédit!On oublie aussi de parler du crédit qui enchaîne, qui fait taire pour ne pas perdre sa belle cote de crédit... qui fait fermer sa gueule au boulot pour payer ses comptes...
Curieux, je reçois toujours de nouvelles propositions de crédit.
Nous vivons un âge des ténèbres qui donne prise de plus en plus au totalitarisme.
mardi 8 avril 2008
Nouvelle aventure! Jonathan migre vers le privé pour finir son année!
Après des emmerdes incroyables, me voilà relancé dans l'aventure de la découverte. Un petit tour au privé pour finir l'année, espérons-le en beauté!
Voilà le goéland se faisait de plus en plus différenciel progressif, c'est-à-dire que sa tâche se faisait gruger par l'enseignante qu'il remplaçait. Bon, le goéland assume, il est déjà passé par là et comprend! S'il va avoir son 40 ans dans 8 jours et qu'il ne s'est toujours pas fixé et vole de précarité en précarité, il sait bien pourquoi... Il ne choisit pas le chemin le plus fréquenté parce qu'il aime explorer...
Mais bon, quand les gens commencent à lui soumettre des formules ésotériques pour calculer son salaire et qu'il s'en indigne, quand une dame lui dit qu'il est bien chanceux d'avoir son remplacement depuis janvier pour lui faire fermer le bec, il commence à sentir la moutarde lui monter au nez-bec et il comprend que le temps de partir est venu. Quand, au même moment, l'opportunité se présente de prendre une passerelle inattendue, il n'hésite pas. La passerelle est même souple, il va finir dans l'honneur le travail commencé pour s'esquiver doucement sans brusquer.
Après les embrouilles d'équipe, les reproches infondés, les effets jaunâtres de système, il part fier sûr de laisser une trace dans les airs où il a sillonné avec intégrité pour faire triompher la vérité. Pas celle qui enferme, mais celle qui grandit.
Voilà, ce sera le privé, une école jeune, moderne avec un portail et tout et tout! l'uniforme et le "monsieur", des parents qui mettent 3000 dollars/an pour leur enfant, bref qui s'en occupe, enfin j'ose croire un peu. Rejoignables par courriel au moindre faux pas. Des périodes de 55 minutes, quel bon sens... Des périodes de devoirs, l'école sans sacs, ben pourquoi pas? Bref, on va aller mettre le bec là-dedans Livingston. En prime, un niveau pour un temps plein, pas de p1 p2 machin! Et au même salaire! Les journées peuvent finir plus tard, inconvénient mineur et des remplacements pour l'année prochaine en vue si les parages sont cléments...
Voilà rares lecteurs! Votre drôle d'oiseaux vous tient au courant!
vendredi 4 avril 2008
Le respect de la personnalité de l'enseignant ou le combat des poules!
Ainsi, je suis pris au milieu d'une équipe de femmes profs de français bien idéalistes sur ce qu'est un enseignant de français. Il y a aussi un effet de clique, une d'entre elle est mariée avec un adjoint, vous voyez le truc... Bon, je veux pas être sexiste ou macho, mais franchement ce n'est pas souvent évident de prendre sa place au milieu de ses bonnes femmes qui ont une vision de la langue et du cours de français assez particulière. Il y a les effets de copines, le style nonne sans vie personnelle, perfectionniste et orgueilleuse. Enfin spécialistes des détails, les dames n'ont pas toujours le regard d'ensemble bien clair et franchement j'ai souvent l'impression de parler un autre langage et de comprendre le monde au travers d'une autre lunette. Enfin, juste pour étayer les deux autres gars de l'équipe, je les trouve d'une discrétion admirable. Bref, un gars dans ce monde assez féminin a bien souvent du mal à se sentir à l'aise.
Pour avoir croisé bien des profs de français, je sais que la pallette des personnalités peut franchement varier: certains sont des amoureux de la formule, de la poésie, de l'art dramatique, de la nouvelle. D'autres sont plus intéressés par des types de discours plus courants, je suis de ceux-là. Souvent ce dernier groupe aime assez les romans aussi. D'Autres aiment bien les aspects structurels de la langue, la grammaire entre autres. D'autres sont de bonnes mamans qui voient à tout, certains autres favorisent l'autonomie du jeune dans un style plus masculin.
Enfin, chaque discours peut être transmis avec une approche personnalisée aussi. En argumentation, je peux préférer insister sur le raisonnement démonstratif et trouver un peu vaseuse l'approche explicative pour arriver à des résultats avec les jeunes. Un autre pourrait se trouver fort à l'aise avec l'explication argumentative et davantage insister sur ce point. Même si les programmes visent qu'on présente un large éventail de situations d'écriture, il reste que dans tout ce vaste champs de la langue, nous avons tous quelque part des points forts et des points moins développés.
Le problème se pose quand l'équipe impose à tous un agenda d'enseignement des plus rigoureux et que constamment on se retrouve à se faire imposer sans égard à notre personnalité des activités, des visions de la matière, des instruments d'évaluation qui dicte un enseignement précis de notions parfois même discutables.
Là, le combat de coq ou de poule fait rage. C'est quasiment violent. Quand on ne peut pas changer une question ou deux, dans un examen pour mieux convenir à l'enseignement dispensé cohérente à notre vision et notre personnalité dans un examen de 3e étape, quand on se fait imposer le moment des évaluations constamment, où est la liberté pédagogique et le respect des personnalités enseignantes.
Quand au nom d'un idéal (souvent faux et cachant des intérêt assez douteux), on fait fi des particularités des enseignants, qu'on ose mettre même en doute leur compétence parce qu'il ne partage pas une vision théorique fort discutable, une équipe peu devenir assez violente. Enfin, il n'y a qu'en français en passant que j'ai vu des rigidités aussi manifestes. Mais bon, j'ai vu aussi ailleurs parfois des équipes plus détendus et respectueuses des différences individuelles. A mon école, j'ai parfois l'impression qu'il est simplement impossible de discuter. C'est presque tabou de parler d'une variété de styles en enseignement du français.
Hier, imaginez la directrice adjointe a voulu s'assurer que j'employais l'examen de l'équipe en même temps que l'équipe, avec les mêmes questions, que si je choisissais un autre instrument de le faire valider par la direction, qui en passant n'a aucune compétence en français. Elle a même tenu à s'assurer que j'enseignais vraiment tout le contenu évalué par la grille de la commission scolaire en écriture. Tout ça parce que j'ai suggéré un changement à deux questions d'examens à des collègues et que la discussion a tourné en queue de poisson avec l'une, la nonne, pour des divergeances de conceptions qui, à mon sens, viennent de profil de formation assez différent et de personnalités manifestement différentes.
Comme si je n'avais aucun sens professionnel, comme si je n'avais pas la compétence pour discuter de théorie argumentative...
Bon, je lui ai répondu, parce que le tout se fait par courriel maintenant, que je l'assurais que je travaillais avec tout le professionalisme qui s'impose (!). Ça m'a fait du bien!
Voilà un exemple qui démontre bien que la liberté pédagogique de l'enseignant ne va absolument pas de soi. Il faut considérer les effets d'équipe. Quand on y trouve une parenté d'esprit, on peut s'y développer. Dans le cas contraire, malgré la meilleure des volontés, on finit par passer pour un paria et subir un mur de silence et l'expression d'une violence sourde. Combien de burnout sont en rapport avec ce genre de dynamique? La guerre de tranchée dans les couloirs d'une école est une métaphore tout à fait appropriée. La réforme se passe sur fond de guerre de tranchée insidieuse de ce genre.
Bon, on est encore moins libre pédagogiquement si on est à statut précaire. L'expérience, le bagage antérieur, la bonne volonté, les milles succès d'adaptation qu'on a démontré en deux mois, ne changeront rien à l'affaire. On est suspect d'incompétence. A 40 ans très bientôt, la blessure d'orgueil reste vive en ces zones chatouilleuses...
Encore un fois, je suis un peu dégoûté d'un milieu scolaire...
Bon, un de mes pères (je suis moderne!) me rappelait récemment qu'il faut souvent avoir une "gang" pour se protéger et avoir de l'impact!
lundi 24 mars 2008
La fichue liberté pédagogique ou l'univers de Kafka (D'un Joseph K. parmi tant d'autres)
En fait, on vit dans un monde de règles, certaines évidentes, d'autres un peu moins.
Bref, on entend parler de liberté pédagogique. Un enseignant a le choix de choisir sa méthode d'enseignement pour passer tel ou tel objectif de matière. Bon, évidemment le système n'a pas trop le choix de nous laisser un peu libre. Comme on dit dans le métier, un coup la porte fermée...
Nos syndicats en font un cheval de bataille. On le comprend!
N'empêche qu'en ces temps d'idéologie socio-constructive, rien de telle que la précarité d'emploi pour ressentir combien l'école subtilement vient infléchir nos choix pédagogiques: surveillance des photocopies, inciter les gens à travailler en équipe pour mieux se surveiller entre eux, les manuels sont aussi très tendance, les bulletins avec des compétences, les portes-folios de lecture, tout cela, c'est du contrôle pédagogique, de la bureaucratie. L'univers de Kafka qui entre par la grande porte!
Depuis que je suis revenu à l'enseignement, j'ai bien senti que de s'appuyer sur son indépendance pédagogique n'est pas simple. Quand j'ai rejeté du revers de la main un outil tendu d'une prof qui veut me faire travailler les diagrammes d'analyse en arbre en nouvelle grammaire, j'étais à un doigt de l'incident diplomatique. Quand j'ai donné mes feuilles d'exercices d'analyse logique à des collègues et qu'on s'est empressé de me dire que le mot proposition et le mot principale avait été proscrit par le programme de 95, la discussion qui s'en est ensuivi commençait à devenir émotive parce que j'ai poussé un peu mes collègues à m'expliquer en quoi la phrase syntaxique enchâssante, traduit "en bout de phrase" (le bout de la marde!) pour les élèves avait apporté mieux que le terme clair proposition principale. En quoi le couple phrase matrice/ phrase syntaxique améliore le couple phrase/proposition? Je n'aurais peut-être pas dû conclure que la nouvelle grammaire n'était qu'une mode et que, dans quelques années, on n'en entendrait plus beaucoup parler! Mes religieuses n'ont pas aimé! Enfin, en France, on la flushe en ce moment, toute la francophonie va suivre, question de temps, patience mon frère!
De fait, tous ces gens me surveillent et rapportent quand la directrice le demande ce qu'il pense de moi comme enseignant. Normal, je suis un précaire. Un nouveau. Un suspect.
En fait, une école, c'est toute une petite hiérarchie qu'il ne faut pas trop déranger dans ses petites habitudes. Être indépendant d'esprit ou trop s'impliquer dans un débat, n'est pas trop bien vu dans aucune organisation d'ailleurs. D'Ailleurs, quand on entre quelque part, et qu'on a quelque habileté à influencer les autres, on assiste à une valse fabuleuse: un après l'autre, les camps de l'école viennent flairer, amadouer, vous expliquer leur vision des clans dans l'école... Bon, je me suis éloigné de ce genre de discussions rapidement, me contentant de vivre mes échanges sans trop me compromettre.
Évidemment, la hiérarchie quand elle est là pour la position, ce qui est souvent le cas (de nombreux profs fatigués d'être sur le plancher vont même aller se taper des cours d'administration pour cela), a tendance à épouser le discours du pouvoir. Elle vous écoute, mais on sent qu'au fond on est une menace dès qu'on soulève un regard critique sur l'institution. Vu que les précaires n'ont pas de protection, il est commode d'en lyncher un pour se prouver qu'on a du pouvoir. Cela m'est arrivé une fois après m'être fendu en quatre pour accommoder un directeur, il m'a lynché en fin d'année parce qu'on lui a rapporté des propos que j'avais tenus en assemblée syndicale et qui soulevait la question que des adjoints avaient fait pression pour que je donne de bonnes moyennes aux élèves que j'avais lors d'un remplacement. Bref, j'essaie de me faire petit la plupart du temps et de bien sourire à tout le monde!
Bon, j'ai compris aussi qu'un directeur souhaite une chose dans la vie, c'est d'être le moins souvent possible dérangé. Or, quand on ose prendre des voies pédagogiques peu à la mode, il arrive qu'un jeune ou des jeunes déforment ce qu'on a dit et que plusieurs parents appellent le lendemain, par exemple, lors de la remise des résultats peu reluisant, pour cause de je-m'en-foutisme, d'un contrôle. Je n'y peux franchement rien.
Il y a parfois des conflits nécessaires. Vu que j'ai pris l'habitude de ne plus discuter pour rien. Des fois, ça pète, mais globalement, ça va mieux depuis ce petit changement.
Bon, je ne m'empêche pas de dormir avec cela. J'ai aussi démontré bien des talents depuis mon retour. Un des directeurs est bien content de voir que je prends en main ce groupe difficile de sec.1 qui a fait suer depuis le début de l'année tout le monde. Quand je lui parle de mon approche que j'adapte aux jeunes, plutôt que de m'entêter à faire le programme comme les autres profs, il est capable de vivre avec cela.
Bref, la liberté pédagogique reste quelque chose de fragile. On peut vous lyncher pour un détail même si vous êtes parfait dans tout le reste. Et fatalement, on ne peut être parfait. ET même si on l'était, y a toujours un toto qui peut partir une rumeur et le délire peut devenir une réalité...
L'école est politique.
Même un permanent peut être franchement malmené par une direction qui le prend en grippe.
Bref, je trouve que la liberté pédagogique dans un contexte de socio-constructivisme n'est pas suffisante. Quand je suis devenu prof, j'ai très bien compris que j'avais un style directif assez naturel, moi laisser niaiser des jeunes, ça ne me le fait pas... Quand on érige en système, le lynchage du style directif, j'ai l'impression qu'on s'attaque un peu à moi donc. Et ce n'est pas la liberté pédagogique qu'on atteint en moi, mais ma personnalité d'enseignant.
Le pire, c'est que la plupart des profs sérieux ont un style directif de fait, mais tout le discours fait qu'il ne faut pas le dire trop fort, on a le droit au ton du conspirateur entre profs de confiance.
En même temps, si on a trop de difficulté en classe, on nous ramène le discours de la gestion de classe, sous-entendu le style directif dont il ne faut pas parler.
Enfin, quand on vit avec un programme idéaliste avec des objectifs pompeux à passer qui ne conviennent absolument pas au 2/3 de la population en face de soi, on peut bien être libre pédagogiquement, il y a un décalage entre le discours et la réalité qui nous place encore dans une zone franchement inconfortable où prendre des libertés, pour s'adapter aux jeunes et leur faire un cours adapté à leur niveau réel, peut être suant.
Bon, des fois, je pense que je suis plus réformiste que les réformistes. S'adapter aux jeunes, à l'élève pour entrer dans la zone où la relation permet de pousser le jeune plus loin, ça a été ma première école de prof. 3 ans avec les élèves en difficultés d'apprentissage à viser quand même les programmes ministériels, ça forme à un certain regard sur l'enseignement. Je ne vois pas malheureusement chez mes collègues beaucoup cette capacité. Elles essaient de copier le manuel réforme et d'inventer des activités ou projets réforme, la plupart du temps déconnectés, compliqués pour rien et aussi inutiles.
S'adapter à un groupe faible demande exactement le contraire: une structure plus ferme, un matériel simplifié, un dynamique disciplinée et directive, des tâches bien découpées, varier la présentation de l'activité qu'on refera plusieurs fois. Bref, on est à milles lieux des cercles de lecture avec des périodes de discussions entre jeunes, on est à des années-lumières d'activités de lecture qui peuvent s'échelonner sur 5 cours, on essaye d'éviter des activités d'écriture trop longues et improductives. Luc Germain, dans Le grand mensonge de l'éducation, qui a aussi travaillé en adaptation scolaire, soutient la même chose: le projet pour une jeune en difficulté, c'est de la fumisterie!
Bref, je suis entouré d'une équipe qui ne se rend pas vraiment compte d'être dans le champ avec leur attitude réforme, elles n'ont malheureusement pas d'autres modèles. Elles constatent les échecs, vont diluer la sauce pour encore l'année suivante constater que les jeunes se plantent toujours. Elles continuent de faire faire les mêmes activités d'apprentissage sans consistance, année après année, elles n'ont rien d'autres à essayer et, en plus, on les a endoctrinées: bah, ils ne réussissent pas, mais quand ils seront prêts, ils vont faire les apprentissages. Beau raisonnement... Voilà comment on fabrique l'incompétence!
Pire, il n'y a même plus de vieux manuels vers lesquels on pourrait se tourner pour voir. Des profs les ont jeté! J'ai réussi à mettre la main sur quelques rares rescapés pour m'aider, mais je dois faire bien souvent du matériel parce qu'il n'y a pas grand chose d'adapté. Tout est soufflé dans le moule nouvelle grammaire et le moule réforme, on n'en sort pas.
Voilà la liberté pédagogique toute relative que nous avons dans le credo socio-constructif.
À quand le credo de l'enseignement efficace! Je pense de plus en plus qu'il faut combattre l'idéologie par l'idéologie. Enseignement efficace, certain utilise cet emballage, faudrait travailler cela... Être contre-réformiste n'est pas très productif, il faut présenter une valeur nouvelle. Retour à droite en enseignement, on en a besoin juste pour remettre les pendules à l'heure et vivre moins de décalage entre l'idéal et la réalité...
dimanche 23 mars 2008
L'ouverture de l'esprit n'est pas une fracture du crâne!
En fait, le fou à convaincre n'est pas fou la plupart du temps: il est au pouvoir. Son discours est celui de l'idéologie en place. Il sonne creux en réverbération de tous ses semblables. Les gens du Reaq ne sont pas pour l'avancement de l'éducation, mais pour maintenir leur acquis dans une idéologie qui se présente comme novatrice. Je l'ai dit hier, épouser l'idéologie sert à se tailler une place ou bien à se sentir utile quand on est trop vieux pour penser en expérimentant la vie. On a besoin de nos vieux snocks, pour nous développer. Ils sont si difficiles à convaincre de changer ou de se remettre en question!
Pour ce qui est de ma place au soleil, ça peut encore attendre. Bohème et débrouillard, je me contente de peu, tant que j'en ai la force... Toutes les idéologies se présentent toujours comme novatrice, comme les religions nouvelles ont eu des messies apportant la bonne nouvelle: le renouveau. Curieusement, il y a dans tout renouveau de jeunes imberbes et de vieux barbus!Les systèmes humains évoluent d'une idéologie à une autre. Ces contenants creux donnent un minimum de cohérence au troupeau et mobilise l'activité des sociétés...
Bref, je n'ai pas ressorti mon dossier A quoi bon, pour le docte Hervé Bergeron, j'ai repris du début une deuxième version pour exprimer ma critique du pouvoir pédagogique actuel en ce qui a trait à la pédagogie du français. Je ne parle pas à un type qui se prend pour un poisson, mais à un type qui défend l'idéologie qui emprisonne et dénature mon action enseignante. Je défends une vision nouvelle de la pédagogie apparement tournée vers le passé, mais c'est inexact, je suis de ma génération et j'ai été introduit à des découvertes pédagogiques moi aussi. Avec l'enseignement explicite, efficace, j'ai expérimenté une approche directive avec des jeunes en difficulté d'apprentissage. J'ai dû vivre avec l'approche des discours qui structure tout le programme de français depuis le milieu des années 80. J'ai connu la folie structuraliste qui enlève souvent tout sens aux apprentissages, voire à la vie. J'ai vu le système s'adapter à des enfants rois pendant que je refusais que les miens soient des rois, fermement convaincu que tant qu'il cherche à me planter, ils grandissent. Le jour où ils me mépriseront, ils auront pris ce que j'avais à leur donner et feront leur chemin d'intégration de l'héritage et de l'expérience. J'ai mon propre parcours avec mes pères, je les ai méprisé, puis compris et enfin je me suis trouvé... J'ai ainsi mon expérience de parents, j'ai observé 3 enfants grandir avec l'oeil du psychologue et de l'éducateur, mes 2 formations, les deux points de départs de ma vie intellectuelle. Voilà l'héritage et l'expérience combinés de la vie qui se fondent ensemble pour tenter de proposer une vision nouvelle de l'enseignement, qui sait je dépasserai peut-être un jour ce domaine.
Mon destinataire réel n'est pas ce vieux con qui peut bien tranquille dans sa position dire au gens de parler avec leur nom au lieu d'utiliser un pseudo. Moi, je signe F.P. parce que j'aime pas trop mettre mon nom dans google et trouver des textes que j'ai écrit il y a 3 ans. Les écrits restent. C'est en fait la réflexion des potes et du raeq sur l'anonymat qui m'a fait prendre conscience de la nécessité de protéger mes fesses un peu.
Malheureusement. Le pouvoir peut se servir de cette réalité pour nous faire taire un jour. OUI, LE POUVOIR A DU MAL AVEC LES PSEUDOS. Et Luc P. prend des risques, mais bon il n'est pas précaire comme moi. Et à mon sens je reconnais son allure et son style ailleurs...
On travaille tous à faire avancer les choses, on est probablement en train de fonder sans trop le savoir un autre vision éducative encore en germe. Celle qui intègrera la tradition et la nouveauté dans un renouveau réel, qui deviendra probablement un autre discours creux récupéré un jour pour les prochains poseux de questions, quand on sera trop vieux "snocks"!. On aura posé notre brique, ça permet de dépasser l'Insoutenable...
Ensuite, je suis cet humain plongé dans le virtuel, le monde sans réalité, le monde des idées à l'état pure et des humains derrières qu'on doit se représenter comme des fantômes qui ont en réalité des corps, des bouches, une apparence. Monde plein de nouveautés, plein de nouvelles réalités d'échanges et de travers humains encore plus visibles...
Je ne dois pas oublier que l'humain derrière le masque est fait de chair, est dans une réalité humaine qui lui donne son interprétation de la réalité. Un riche dans son monde favorisé voit les choses différemment que celui plongé dans la recherche de sa subsistance. Tous deux sont des humains. Restez humain, autant qu'on peut. Revendiquer la valeur de ses interprétations, de ses analyses, écouter, intégrer, faire avancer les choses.
Évidemment, on ne changera pas le pouvoir sans faire trembler un peu ses bases.
Quand on est né agent de changement, on peut bien avoir le moment de fatigue, le a quoi bon, un moment. Mais si la vie nous a donné la capacité d'interroger le pouvoir ce n'est pas pour se cacher et se contenter de râler dans le silence. Non, c'est parce que l'aventure humaine a besoin du moteur de la dialectique, toute dynamique vivante a besoin du mouvement, pas de l'inertie. L'inertie c'est le déclin et la mort.
"L'ouverture de l'esprit n'est pas une fracture du crâne!"
Bref, voilà pourquoi j'ai répondu comme deux autres que je connais bien à ce M. B. sur la langue et sa vision bêtement idéologique, qui est un lieu commun de la caste au pouvoir en éducazionne!
samedi 22 mars 2008
Vaut-il la peine de prendre au sérieux ce qui ne l'est pas?
"Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu de disputer avec lui? Vas-tu te déhabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires? Vas-tu dire en face ce que tu penses?"
Son frère se taisait, et Édouard poursuivit:"Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou. "
(Milan Kundera, Risibles amours, Folio, 1987.)
Voilà, j'ai longtemps rêvé d'être un écrivain... Mais bon, il y en a qui l'ont mieux que moi!
Le morceau s'applique tellement à la situation actuelle en éducation... J'ai aimé dans Kundera la description du communisme au quotidien.
Les sociétés ne visent pas vraiment à former des gens critiques parce que le véhicule idéologique d'une époque demeure toujours simple. En épousant le discours de son époque, on se taille une place. Voilà où la réflexion de Kundera arrivait dans un de ces derniers bouquins: L'identité. Son personnage retourne dans son pays devenu capitaliste et le nouveau discours est dans la bouche de tous ces gens qui autrefois adoptaient le discours du parti avec les mêmes airs convaincus!
On est dans le discours du renouveau pédagogique... Ne le prenez pas trop au sérieux, ça va passer comme tout finit par passer!
Virtuelle: vires-tu aile? ou ré alité?
Je me souviens de cette petite histoire au revers d'un bouquin de Kundera qui racontait l'histoire du fou qui essayait de convaincre les gens qu'on était tous des poissons qui vivions dans un immense aquarium. Un jour, alors qu'il racontait sa théorie, un type se mit à essayer de lui démontrer qu'il était complètement marteau. Et l'histoire se concluait sur cette question: qui est le plus fou, le type qui croit vivre dans l'aquarium ou celui qui tente de le raisonner?
Dernièrement, je me suis énervé pour une petite histoire d'interprétation d'études "scientifiques", bon un certain membre du sélect club s'est ensuite énervé et m'a fait un bon caca nerveux (j'aime bien ma Française du Sud, qui m'apprend des tas d'expressions françaises...), pui j'ai pris une bonne soirée à démonter tout cela et à produire quoi: un texte pas trop génial.
Bon, ça occupe Livingston! M'enfin! J'aurais toujours quelque chose à redire des conneries qui se disent sur le blogue du Raeq, comme ce monsier Bergeron qui finalement veut simplifier le français, fournir des ordis avec correcteurs, comme technique d'apprentissage du français.
Mais bon, j'ai mis le texte dans mes archives en titrant le document: à quoi bon!
Tout le corps enseignant se fait mettre en boîte ces années-ci et on n'a pas le temps de réagir, de dire wo! On reçoit les infos sur le porte-folio de lecture, on regarde le beau petit tableau à colorier ses lectures qui va résumer son parcours de lecteur. On regarde la prof qui est allée chercher l'info à la CS et qui nous la transmet, elle est la réincarnation du prototype caricatural des soeurs enseignantes d'un autre temps, elle a l'air contente... Elle nous explique bien sérieuse, que ce moyen va nous permettre de pousser nos jeunes à aller lire d'autres genres s'ils ne font que lire des romans policiers... Du coin de l'oeil, je vois les yeux du seul autre prof masculin de la réunion avec un sourire narquois. Il a posé une question, je l'ai oublié, mais bon à l'évidence il riait de tout ça, comme moi, intérieurement. Quand je pense que je fais lire de la BD à mes jeunes, parce que j'aime mieux qu'ils lisent quelque chose que rien du tout...
Nos bons fonctionnaires nous ont encore une fois de plus concocté un beau truc saveur bureaucratique, un registre de lecteur. Voici mon cv de lecteur monsieur! Je suis un vrai Hannibal Lecteur, vous ne trouvez pas? J'en bouffe du livre, heing!
Après cela, on nous parle de liberté pédagogique!
Des conneries!
La seule réponse sensée au vendeur d'aquarium?
L'ignorer.
Vires-tu aile ce matin, qu'on aille se prendre un café bien réel et chatouiller la Française qui se lève!
dimanche 16 mars 2008
Influence des arts sur le développement intellectuel (critique des études bidons)
On ne saurait nier que le cerveau est une machine extraordinaire qui se construit en faisant des relations. Évidemment, l’école tend à se concentrer sur le développement intellectuel, notamment en développement des langues et des mathématiques.
Je crois que le lien entre les talents en mathématiques et ceux musicaux est depuis longtemps répertorié.
Je crois que l’école s’occupe de plus en plus de permettre de répondre aux besoins divers en développement en offrant des programmes particuliers (sport-études, option théâtre, option en musique, option en art, etc.).
Est-ce à dire qu’il faut arrêter de faire les activités spécifiques et utiles qui développent le cerveau gauche à l’école et qui ont leur utilité dans la vie? Ou encore diminuer ce temps précieux d’apprentissage pour les arts?
Est-ce à dire qu’il faut faire faire des arts et de la musique encore plus? Ils me semblent que depuis longtemps, on fait faire du dessin, du chant aux enfants au primaire, de la peinture, de la gymnastique pour le corps et que les activités parascolaires stimulent ces côtés créatifs. Personnellement, j’enseigne le français et je continue mon petit cheminement amateur avec ma guitare, je bricole toujours avec plaisir quelques inventions loufoques et tente de réparer mes bagnoles pour le plaisir de me confronter à ses défis. L’école du cerveau gauche ne m’a jamais brimé en quoi que ce soit. S’il y a de quoi, je l’en remercie de s’être contenté de m’apprendre l’essentiel et de m’avoir laissé seul découvrir le reste. Si on m’avait obligé à faire de l’haltérophilie ou à jouer aux échecs, si on m’avait forcé à lire plus que ce qu’on me proposait, si on m’avait forcé à faire des montages électroniques, si on avait occupé tout mon esprit en exigeant des trucs compliqués de moi, en aurait-il resté pour mes besoins à moi, ma créativité à moi? Mon propre processus d’humain, qui peut se passer de la machine éducative… Néanmoins, ce que cette machine m’a donné m’a permis d’aller à la rencontre de très nombreuses réalités fascinantes.
Pour moi, l’école tue la créativité en voulant s’occuper de tout. J’ai appris la créativité en admirant des gens qui l’étaient autour de moi, pas dans un cours de découverte. La vie est une découverte qu’on peut à chaque instant utiliser pour se stimuler.
Ceci dit l’école m’a appris une chose importante : un lien corrélationnel entre deux phénomènes ne montre pas de causalité nécessairement, comme on ne peut pas dire que la présence de pompiers sur le lieu d’un incendie prouve que les pompiers en sont la cause… Bref, il est un peu exagéré de dire que les activités d’art ont des effets positifs sur le développement intellectuel sur la foi d’une étude préliminaire qui concluent : much of their research was of a preliminary nature, yielding several tight correlations but not definitive causal relationships.
Et qui ajoute : Although “there is still a lot of work to be done,” says Dr. Gazzaniga, the consortium’s research so far has clarified the way forward. “We now have further reasons to believe that training in the arts has positive benefits for more general cognitive mechanisms.”
Bref, ces bons chercheurs travaillent sur des hypothèses de recherche et n’en sont qu’au commencement. En passant, en fouillant un peu, aucune de ces recherches ne sont disponibles pour évaluer la méthodologie et les échantillonnages. Comme trop souvent, parions que les études préliminaires ont porté sur un échantillon d’étudiants du premier cycle universitaire. Et donc la pertinence d’application aux enfants en serait douteuse. Autre détail intrigant, sur trois spécialistes qu’on présente en fin d’article, en fouillant, aucun n’avait dans son cv universitaire d’études publiées touchant le domaine des arts : Postner est un spécialiste en attention sélective, Jonides s’intéresse à la mémoire à court terme et Dunbar s’intéresse au développement des hautes habiletés intellectuelles (raisonnement, habiletés scientifiques). Ils ne s’intéressent apparemment aux arts donc que depuis très récemment. Personnellement, je me méfie des œuvres d’organisation qui cherchent des mécènes comme la Dana fondation (The Dana Foundation is a private philanthropic organization with particular interests in neuroscience, immunology, and arts education.)
On a construit l’architecture de la réforme sur des groupes et des études tout aussi douteuses.
En conclusion, même si je ne renierai absolument pas l’importance des arts dans la formation de l’être, je suis tout à fait à l’aise avec la politique et l’analyse d’un Sarcozy qui veut recentrer l’école primaire de la France vers un objectif louable : obtenir que les jeunes y apprennent leur base en langue et en mathématiques, parce qu’une nation a besoin de gens rigoureux pour se développer. Rien n’empêchera les enfants de faire des arts aussi pour se développer. Si on ne profite pas de la marge précieuse d’apprentissage que constitue cet âge pour faire les acquisitions difficiles des bases intellectuelles, le cheminement scolaire est rudement compromis. A quand pour notre propre société, une analyse aussi perspicace.
samedi 15 mars 2008
La France prend le taureau par les cornes et nous... on regarde l'autruche!
En gros, Sarcozy et son ministre de l'Éducation Xavier Darcos constate que l'école primaire est le noeud de la guerre. Un élève qui sort du primaire sans les acquis du primaire est en route pour l'échec. En ce moment, on dit que 15 % en France en sortent avec des difficultés sévères et 25 % avec une réussite légère.
Bref, on va intervenir sur le cadre, l'organisation et le programme. Ainsi, on va garder 2 heures par semaine pour aider les élèves en difficulté en petits groupes, on va aussi recentrer les programmes sur la langue (vocabulaire, lecture, écriture, grammaire dépouillée du charabia moderne) et le calcul. On va remettre en valeur le développement de la mémoire comme outil d'apprentissage.On va aussi réintrodure le cours de morale et réinstaller la figure d'autorité de l'enseignant qui est le transmetteur du savoir. Bref, on remballe la pédagogie centrée sur l'élève, ce que le Président de la République croit absurde. L'élève n'a pas à s'éduquer, n'a pas cette responsabilité, c'est au maître d'école d'encadrer, de prendre en charge l'instruction. On va enfin faire des évaluations sérieuses et évaluer le travail des enseignants sur leur résultat. Ce qu'il y a de frappant, c'est l'implication personnelle du Président. Il se fixe un objectif d'ici 5 ans. Il invite tout le monde à s'impliquer, à se rassembler autour du projet, il veut que tous puissent comprendre ce qu'il veut faire. Il veut écrire des programmes lisibles, dépouillés des jargons techniques inutiles.
Pendant ce temps, nous en éducation, nous avons une ministre qui fait des relations publiques, qu'on ne voit pas souvent, qui n'a pas trop l'air de savoir où elle va. Et le train de la réforme continue d'avancer. Aucun représentant ne vient expliquer à la population, par exemple, les nouveaux programmes de maths qui s'installent. On n' a jamais autant été submergé par des papiers ministériels remplis de jargons insipides en plus d'être incompréhensibles. L'éducation est devenue un gros truc obscur et ésotérique, on peut bien avoir peur que le ciel nous tombe sur la tête! La tête dans neige, on aura l'air d'une belle autruche de Sibérie. Jo, y a des autruches en Sibérie? ! - Non, Livingston, elles ont migré par ici depuis des lustres!
Personne n'évalue sérieusement ce train. Les élèves sortant du primaire montrent des signes inquiétants et personne ne parle trop fort de ce qu'on entend dans les salles d'enseignants... de ce que l'on constate le soir en corrigeant...
La réforme comme moyen d'éponger les coupes budgétaires
Je lui ai fait ce commentaire:
M. Tehami,
Je me demande si les coupes faites dans les années 1990 n’ont pas finalement mené à la réforme pour finalement éponger tous ces manques à gagner. Une baisse de 29,2 à 25,9 % du PIB pour l'éducation de 1992 à1999 doit bien correspondre à quelque chose dans la réalité, non? Si l’on s’en tient à la tendance des années 2000, on ne verra évidemment pas que l’Éducation a été singulièrement amputée dans ses budgets de fonctionnement.
Il est assez remarquable de voir comment les données récentes du MELS sont présentées en fonction d’une logique qui escamote ces coupes faites dans les années 90. Vous ne vous rappelez pas qu’on annonçait en ces années des coupes de plusieurs centaines de millions régulièrement sous l’impératif des déficits 0. L’école a pu continuer de fonctionner un certain temps avec la mise à la pré-retraite massive d’enseignants qui a permis de récupérer dans la masse salariale des enseignants de l’argent pour payer l’épicerie. Mais dès 2000, la réforme et l’intégration des élèves en difficulté, avec une tendance nette à ne plus les évaluer, se sont installées dans nos écoles. Déjà, on notait dans ces années que même ceux qui avaient des cotes avait souvent de la peine à recevoir des services. On utilisait les sommes des EHDAA pour payer aussi l’épicerie.
Bon, en cherchant, on peut trouver des données, qui ne sont jamais simples à comprendre, mais j’ai fini par trouver ce résumé éclairant :
Un document intéressant du gouvernement du Budget 2001-2002 montre l’évolution des budgets des années 1990 (voir le tableau p.163). Grosso modo, on voit que le budget de 1990-1991 d’environ 10 milliards en éducation n’a pas bougé pendant 10 ans, toujours 10 Milliards en 2001. Il y a même eu des baisses significatives au milieu des années 1990. Pendant la même période de temps l’inflation est de 17%, si on en croit le site que vous indiquez où l’on peut la calculer. Bref, le budget pour l’éducation a perdu pendant les années 1990 près de 1/5 de sa valeur. On le sait, on a mis massivement les profs expérimentés avant leur temps à la retraite et on a commencé la politique d’intégration des élèves EHDAA en classe normale. Faut-il rappeler qu’on allouait une subvention doublée en dollars pour des enfants reconnus en difficulté? 15% des jeunes, il me semble, recevait cet argent et on l’utilisait pour des services adaptés quand j’ai commencé à enseigner dans les années 90..
Bref, si on tient compte de la réalité des années 1990, ne peut-on pas être d’accord avec M. Saint-Germain ou, à tout le moins, constater que les États généraux coïncidaient avec un contexte particulièrement incisif de coupes. Puis, la réforme, notamment en intégrant les élèves en EHDAA en classe normale, en n’évaluant plus les élèves, en les dés-étiquetant lors du passage primaire-secondaire des élèves en difficulté, et en reléguant le redoublement (500 millions d’économie par an) à une mesure exceptionnelle, ne vient-elle pas finalement rééquilibrer le manque à gagner des coupes des années 1990.
Mais il y a bien autres choses qu’on a fait aussi pour économiser. Les bacs 4 ans des enseignants a permis de rendre normal pour tout enseignant la prise en charge de plusieurs matières en plus d’endoctriner bien solidement la valeur de la réforme dans la tête des jeunes enseignants.. On alloue plus volontiers des 26 périodes (que 24 auparavant) par cycle à un maximum de profs, avoir 2 niveaux d’enseignement du français à mon école est pratiquement la norme, ce qui permet de sauver des postes ici et là, de la masse salariale ou de baisser sensiblement les ratios, ce qui paraît bien sur le papier, mais se traduit par une augmentation de la tâche des enseignants.
On a alloué de l’argent pour les enfants en difficulté dernièrement, l’école va se payer une orthopédagogue de plus . Vous croyez que ça va changer quelque chose à la réalité difficile que nous vivons des classes régulières au secondaire surchargées d’élèves qui ont des retards scolaires non reconnus. Les manuels-réformes ne tiennent absolument pas compte de cette réalité. Ce matériel constamment servis à la dernière minute depuis des années ne donnent aucune prise à la critique. Si on ajoute que peu d’enseignants du réguliers ont été préparé à recevoir une telle quantité d’élèves en difficulté, on comprendra que beaucoup d’entre eux ressentent un malaise. Je soupçonne qu’on éponge les résultats désastreux qu’obtiennent les jeunes confrontés à ce matériel rédigé pour des surdoués.
Pendant que tout le monde se demande où donner de la tête, personne n’a beaucoup de temps pour confronter réellement le MELS à la réalité de terrain qui devient à mon sens assez surréaliste par moment.
Puisque les enseignants désertent massivement la profession de toutes les façons(burnouts, congés parentaux, abandon de la profession…), on entre dans nos écoles depuis des années des suppléants avec un simple Cégep pour garder les élèves occupés… Encore des économies. Vous pensez qu’on fait redoubler des jeunes non performants quand ils ont eu 4 profs pendant leur année?
Pendant ce temps, on essaie encore de comprendre comment évaluer nos compétences. On m’a balancé un article du MELS sur une compétence qu’on veut que j’évalue. Voilà l’ « in-formation » qu’on m’a donné sur le sujet! Quand je vois comment s’installe les programmes de 2e cycle de maths dans l’improvisation la plus navrante, je suis désolé, je me permets de douter sérieusement de la volonté du MELS d’implanter une vraie réforme de l’enseignement. J’ai l’impression qu’on a intérêt à entretenir la confusion pour escamoter le fait que l’école publique doit coûter moins cher et ceux qui ne sont pas contents ont juste à inscrire leur enfant dans une école privée. La plupart des enseignants considèrent sérieusement cette option pour leur propre enfant… Ce qui permet encore 40% d’économie par pipe.
Vous continuez de croire que M. Saint-Germain fabule?
On a mis mon commentaire en attente de modération... Bref, juste au cas, le voici ici!
lundi 10 mars 2008
Forums ou blogues? Mon bug de blogue...
Bon, ça va aller. En relativisant, on se fait sa raison... J'aurais pris une autre semaine. Mais bon, la vie est ainsi!
Je prends un peu d'énergie pour écrire ce matin. Je ne sais pas combien de temps je pourrais m'en garder pour cela. Notre travail est prenant.
Ce weekend, j'ai réfléchi un moment sur ce nouveau phénomène que sont les blogues. Quand j'ai commencé à évoluer il y a quelques années, j'avais d'abord découvert les forums de discussion. Ils avaient une forme semblable aux blogues, à cette différence près que le rôle d'un maître du jeu qui ouvre la discussion en amenant sa mouture quotidienne que ses visiteurs commentent n'avaient pas une aussi grande importance. Je crois que le blogue est né des sites personnalisés et des journalistes qui invitaient à faire des commmentaires.
En éducation, il existe plusieurs bons sites pour aller lire des échanges forts intéressants où l'on en apprend beaucoup. N'empêche que la structure blogue maintient une espèce de structure hiérarchique incontestable. On ne peut présenter de textes ou d'apports à mettre en discussion sur le blogue d'un autre. Sur le blogue du Raeq, par exemple, l'agenda de discussion est réglé par quelques administrateurs, toujours les mêmes, qui amènent leur matière à débattre. On ne peut intervenir qu'en commantant leurs textes. L'air de rien, cela contrôle franchement l'orientation des discussions.
Bon, selon mon observation, même sur les forums, on s'apperçoit que rapidement certains leaders finissent pas prendre le contrôle des discussions en assurant une présence constante.
L'humain est humain, et animal, je le répète souvent. La hiérarchie dans un groupe est une donnée naturelle et elle tend à se recréer dans toutes les situations de regroupement. Même l'utopie des coopératives et de la démocratie n'y change rien. On ne peut que tempérer l'effet de domination ou les leaderships. Or la parole, chez l'humain, c'est une forme de pouvoir qui permet de révéler la Parole: la voie à suivre ou ce qu'il faut penser. On parle dans les sociétés primitives du bâton de la parole. Le religieux avaient compris cela. Bref, partout où se rencontre les hommes, on cherche à prendre le bâton.
Ceci posé, je reste convaincu qu'un forum en éducation répondrait quand même à un besoin de trouver un lieu neutre ou les paroles pourraient débattre sans a priori et sans l'avantage de la position que crée la structure des blogues pour certains.
Bref, lancer ce genre de lieu me semble une action que j'aimerais entreprendre prochainement...
dimanche 9 mars 2008
Foutu merdier ou défi palpitant?
J’aurais un livre à écrire. J’aurais bien des recherches à faire pour appuyer mes thèses. En fait, j’aimerais mieux continuer de travailler ce projet intellectuel, à mon sens utile, que d’aller sur le terrain dans les conditions invivables qu’on nous donne pour faire le travail.
Je ne veux pas me plaindre, mais bon avoir deux niveaux en enseignement du français, c’est trop. Dans l’école où je suis, c’est la norme. On économise un prof ici et là en donnant à presque tout le monde des 26 périodes. IL y a une prof de français qui en a 28, je ne sais pas si c’est parce qu’elle est Black, mais c’est elle qui l’a! Elle est bien sympa. Mais elle n’est pas du genre à manifester! Elle a, elle aussi, 2 niveaux : 3 et 4. La plupart des profs n’ont pas d’enfants…
Bon, l’équipe en sec.3 semble plus réaliste, ils ont du meilleur matériel à ce qu’on dit. Ben, moi avec mon 1 et mon 4, pas de mathos bien intelligent. Mon équipe en 4 comporte des vendues à la réforme et à la nouvelle grammaire, qui ont une conception très particulière du travail d’équipe, c’est-à-dire directive. L’équipe est jeune évidemment et en pouvoir par-dessus le marché. Ben oui, les élèves sont bien meilleurs en syntaxe! m’a dit la responsable de français de l’école. Je sais pas moi pour ce que je vois de mes jeunes de sec. 4, pas mal d’entre eux font des fautes énormes. En secondaire 1, plusieurs ne mettent même pas de majuscules et de points. Mais le pire, c’est qu’à part la comparaison avec le langage parlé, les jeunes n’ont aucun système de références internes pour questionner leurs phrases. Ce qui reste de ce qu’on leur a enseigné est trop lacunaire et fragile. En secondaire 4, vu le moment où j’arrive dans l’année, je n’ai pas le temps d’installer quoi que ce soit d’utile. Mes tentatives d’enseigner l’analyse logique sont pratiquement vaines. Et l’impératif de produire un texte argumentatif sous peu prend l’essentiel du temps. Il a fallu montrer longtemps ce que c’est.
En sec.1, ben, ben fines les filles, mais ce sont elles qui ont donné un 10 pages à lire en évaluation. Bref, on ne partage pas les mêmes vues. Elles appliquent et finalement constatent le désastre pour l’éponger en partie, comme c’est la manière de faire de nos jours. J’ai comme un bug dans cette approche. C’est à mon sens la dérive des 30 dernières années : monter sans cesse les exigences au niveau cognitif en réponse à la sous-performance des jeunes selon la bonne vieille conception : si on exige plus, ils donneront plus. Cependant, on éponge les mauvais résultats, ce qui biaise toute l’affaire. On voit où mène cette approche : à certains résultats navrants…
Exigeons bien oui, mais ce qui est à leur portée : des apprentissages de base. Systématisons une didactique de la phrase. Une maîtrise de la grammaire de base. L’orthographe. Pour la composition, allons-y dans le simple au début (les classiques : raconte ce que tu as fait pendant tes vacances, etc.) et peut-être qu’à la fin du secondaire, on pourra les lancer sur des productions plus organisées, mais ils partiront avec une base solide. Là, on ré-enseigne sujet amené, posé, divisé et les jeunes te disent qu’ils ont vu ça, mais ils ne le maîtrisent pas plus… comme le reste d’ailleurs…
En sec. 1, j’ai décidé de faire bande à part. Jusqu’à maintenant, on me laisse tranquille. J’ai l’air de me débrouiller avec un groupe assez difficile. Et de fait, la relation commence à être bonne. J’enseigne de l’analyse grammaticale, je veux travailler la conjugaison, je fais faire de petits textes, je fabrique des questionnaires avec des questions de repérage pour les lectures. Je crois que je vais stimuler la lecture de bandes dessinées. Au moins, ils vont tous un peu lire…
Bref, je suis un peu morose à la veille de reprendre le boulot. La fin d’étape de mi-avril risque d’être difficile à atteindre en un morceau avec une production écrite en formatif (bon, évalué vite tout de même), une en sommatif à corriger à fond, puis une compréhension de texte à corriger et un bulletin à produire. Tout cela en continuant d’animer le parquet. Je ne parlais que de mes groupes de sec.4. J’ai un groupe pour un super orthopédagogue en sec.1 à aussi soutenir et évaluer…
Et je vais avoir 40 ans le dernier jour pour entrer les notes. Beau cadeau!
Je vieillis bref et depuis mon burnout d’il y a dix ans, ma marge énergétique est limitée et je dois la gérer avec attention et respect. J’ai beaucoup de mal à le faire dans ces conditions extrêmes.
J’en viens à souhaiter que la prof que je remplace revienne en fin mars, moment où sa prescription médicale de repos sera réévaluée.
Bon faut me ressaisir!
Faut voir le truc comme une ballade reposante dans la nature. Non, c'est con! Comme un défi palpitant pour le superprof que je suis... Guère mieux mais l’image des galères me rend dépressif!
mercredi 5 mars 2008
Passe-temps utile de Livingston-bricoleur: la gratte-delta!
La relâche a de bons côtés Livingston!
Du temps pour faire des trucs qu'on n'a jamais le temps de faire.
Remise en forme de mon jeep!
Ça faisait deux mois que mon nouveau Jeep Cherokee rouge 2-portes 87 (!) était inactif, depuis que son réservoir d'essence s'est mis à fuir. Vu que j'en suis à un deuxième jeep dans la même année, mais qu'un des deux, le 1990 4-portes, a été percuter un gros caillou l'automne dernier et est sur les blocs jusqu'au printemps pour voir s'il y a quelque chose à faire avec lui, je peux prendre les bonnes pièces de l'accidenté pour réparer le deux-portes. Bref, samedi j'ai défait un réservoir le matin, puis l'autre dans l'après-midi. ET dimanche, j'ai installé le réservoir du 90 sur le 87. ET vroom! Bon je l'ai amené pour une job de freins arrière nécessaire chez Ben.
Bref, mon jeep peut servir et ce matin, il a servi!
La tempête!
Une autre tempête s'est abattue ce matin encore une fois sur l'Outaouais. Bref, après avoir rentré une bonne rase de bois gelé qu'on a reçu hier parce que notre provision sera à sec bientôt, nous nous sommes tous mis sur la neige. Mais bon, elle est pesante aujourd'hui et nous habitons un petit chemin privé de 100 mètres environ qui n'est pas déneigé par la municipalité. Quand le voisin est là, c'est-à-dire le weekend, il emprunte la gratte et le pick-up de son frère et il déblaie. Mais bon, au milieu de la semaine, si la tempête est trop importante, on doit se taper une belle job de déneigement à la main.
Bref, on en est rendu au moment où ma Française favorite commence à pester contre l'hiver québécois quand on entame une conversation créatrice sur le thème des grattes! Oui, nous sommes pris un peu dans un contentieux bizarre entre notre voisin et un type qui devait venir nous déneiger cette hiver. Chicane de village d'anglos, chu pas trop sûr de comprendre le fond de l'histoire... Finalement, il a été rare qu'on a pas pu se débrouiller, mais ce matin la neige était abondante, pesante et le weekend un peu loin! Anyway, j'explique à mon amie que ce serait cher d'en faire installer une sur le jeep. Puis bon, mon amie me parle des grattes qu'on attelle aux mules ou des poneys pour niveler la carrière où pratique les chevaux et les cavaliers. Et voilà, l'idée est là, me faire une gratte en v en bois à tirer derrière le jeep.
La gratte-delta!
Une autre occasion de montrer à mes gars que dans la vie, pas besoin de payer cher des fois pour se débrouiller avec rien! Deux 2X4, une planche d'OSB déjà prête, de bonne largeur et quelques autres bouts de bois et zou zou, quelques coups de vis plus tard, on installe le prototype derrière le jeep et on passe dans le chemin et, ma foi, ça travaille bien! On a passé le reste de l'avant-midi à perfectionner le truc et à déneiger finalement les 200 autres mètres du chemin privé qui vont aux deux propriétés de locations vides (!) du voisin... Il y a même une selle pour asseoir un gamin qui veut rendre son poids utile! J'ai fait aussi une appendice amovible qu'on ne voit pas sur la photo qui permet d'élargir la gratte d'un pied de plus chaque bord quand on a passé une fois et qu'on veut encore élargir le chemin un peu! On s'est bien amusés!
Bref, finies les corvés de pelletage du chemin privé en milieu de semaine! Et peut-être qu'il y aurait de l'argent à faire avec ça, Jo! Mais bon, je me connais, Livinston, je ne le ferai pas... Je suis un patenteux, d'une longue lignée de patenteux! Le fun, c'est de la faire!
Hé, elle a la forme de nos ailes déployées Livingston!
Dressage, éducation, leadership et socio-constructivisme
Je réponds à votre commentaire dans ce texte.
Évidemment parler de dressage pour les enfants ou les humains répugnent à l'homme. C'est un terme qui s'applique à l'éducation des animaux. Mais substituons le terme éducation justement et souvenons-nous que nous fonctionnons aussi à un niveau inconscient très souvent comme les animaux.
En allant suivre un cours de dressage de chiens, on apprend à jouer adéquatement son rôle de maître, de dominant, de leader de la meute quoi. On apprend à passer des commandes claires, à adopter un ton de voix ferme quand on le fait, à se tenir à ce qu'on dit, à faire faire sans discussion (c'est stupide de discuter avec un animal et tout aussi stupide de discuter avec un enfant à propos de nos directives), à aussi féliciter son animal constamment quand il se comporte bien (récompense, harmonie). Je n'ai pas fait ce genre de cours, mais bon j'ai dressé un chien à la marche sans laisse, qui m'obéissait par commandes verbales, et ce chien que j'ai donné un jour est maintenant un très bon chien de zoothérapie, qui a été évalué comme un chien très équilibré pour ce genre de tâche. Bon, c'est un résultat que j'ai obtenu malgré bien des maladresses, puisque je suis autodydacte en ce domaine.
En classe, j'admets avoir beaucoup de difficulté encore. Dernièrement, cependant j'ai pris conscience d'une chose: discuter et expliquer mes décisions me faisait perdre ma crédibilité. Je discute trop. Biais d'intellectuel, qui a tendance à tout justifier, à vouloir montrer l'intelligence de ce qu'il fait pour se rassurer. Mais la tendance à justifier ce que je fais ne me sers pas comme leader. Dire un nom ferme et convaincu, à une requête inopportune d'un jeune, est cent fois supérieur (je l'ai observé ces dernières semaines) à expliquer que non, on ne sort pas de la classe parce que si ou ça... et de partir des débats sur l'attitude comportementale souhaitable pour le bon fonctionnement de la classe. Un non ferme et je continue ce que je fais et le jeune retournait à sa place sans discuter comme par miracle. Ma Française favorite essayait de m'expliquer cela un peu avant les rencontres de parents: ne pas laisser de prise à la discussion. Affirmer une raison évidente. Répondre brièvement. J'avais beaucoup de mal à faire cela, sans cesse j'entre dans des explications exhaustives encore... C'est un autre prof du PEI qui m'a mis aussi sur la piste qui me disait qu'il ne discutait jamais ses directives. Je comprends que le jeune a moins besoin de se faire expliquer ce qu'il a cent fois entendu d'ailleurs, que d'être encadré par un leader qui a de l'assurance et qui crée un environnement sécurisant ainsi. Dale Carnegie (Comment se faire des amis) explique aussi que la meilleure façon vivre de remporter la victoire dans une discussion, c'est de l'éviter!
Même chose en ce qui concerne les directives d'un travail: brièveté, clarté, fermeté. Trop emballer le truc dans le sens de ce qu'on fait génère du stress de compréhension, de l'inquiétude sur la difficulté, des réflexes de fuites, des prises à la critique. Allez plonge, t'es capable, point barre... C'est tout ce qu'il faut dire dans un premier temps. Et de s'y tenir, de mettre au travail, sans discuter. Le jeune a besoin de se faire dire: fais ce travail. Discutez est une perte de temps pour notre rôle en plus de ne pas plus susciter l'adhésion et de faire exactement le contraire la plupart du temps. Répondre au pourquoi constamment est s'enlever soi-même son statut de leader. "Je ne sais pas pourquoi, tu sais écrire, tu as des idées, allez écris et montre-moi ça tout à l'heure" Le jeune n'a de toute façon pas compétence pour juger de ces choses, lui chargé la tête ne le fera pas progresser, mais stresser, et il se rebiffe. Au pire, il se sert de votre manque de confiance, ou de votre excès de bonne volonté pour fuir la tâche.
Il doit faire confiance à son prof, le leader, et faire son travail. On doit rester dans cette ligne de force. Et son prof doit être un bon prof voilà tout, sûr de lui. S'il est là, il a sûrement quelque chose à montrer.
Dans cette perspective, les élèves tannants sont les mandatés inconscients du groupe pour "challenger" l'autorité pour résoudre le stress du leadership quand celui-ci souffre d'un manque d'assurance. La seule réponse intelligente en ce cas est de cadrer adéquatement par des instructions simples et de s'en tenir.
Quand on débat, on entre en stress de résolution. Il y a des moments pour cela. Mais la plupart du temps, un groupe humain demande une gouverne claire et sensée. On débat quand on a un problème: un stress à résoudre.
Le modèle socioconstructiviste est ainsi aberrant à mettre en place dans une classe parce qu'il place le jeune sur un pied d'égalité avec l'enseignant, il génère le conflit, le stress. Or, même les théoriciens du socio-constructivisme expliquent que nous avons tendance à vouloir éviter le stress, bref à résoudre le problème. La notion de stress est reliée à celle de survie dans nos dispositifs inconscients. On ne dort pas quand on est stressé comme l'animal qui a un abri trop peu sûr dort mal... Dès qu'un groupe animal n'a plus de leader, la priorité inconsciente du groupe est de procéder à l'élection d'un chef. Dès qu'un groupe a un problème, il a besoin de prendre des mesures pour solutionner, il se tourne vers son leader, s'il n'agit pas. Bref, chacun postule et cherche à résoudre le stress du groupe. Sans leader, c'est alors la désorganisation, le chaos.
Si nos leaders en éducation nous donnaient une gouverne claire et censée, je ne serais pas à écrire des contre-thèses, à défier l'autorité qui manque de vision, mais j'enseignerais dans un univers qui fait sens et je dormirais sur mes deux oreilles!
Nous avons beaucoup plus besoin pour notre calme d'une bonne direction, d'un leadership éclairé qui travaille pour le groupe efficacement, que de conflits et de débats stériles, de guéguères de pouvoir.
Le leadership est en mutation dans nos sociétés, il a perdu ses symboles autoritaires visibles et certaines manières frustres de s'imposer. Nous n'avons pas moins besoin de nos jours de bons leaders. Et les principes de gouvernance ont moins changé qu'on ne le pense. Ce changement crée passablement de remous en ce moment...
mardi 4 mars 2008
Tiens, j'ai envoyé cela au Raeq en réponse au raisonnement délirant de François Guité.
Hé oui F.P. est Jo, Livinston!
M. Guité,
J’ai franchement du mal à suivre vos raisonnements. IL me semble qu’on apprend dans cette étude que les enfants, dont les parents sont issus de la classe moyenne et qui vont dans des écoles moins réputées, réussissent mieux que la moyenne dans des écoles à milieux défavorisés. On y apprend que ces enfants se mélangent moins aux autres. CE que je comprends du socio-constructivisme, c’est que c’est dans l’interaction avec les pairs en générant des conflits cognitifs qu’on permet l’apprentissage. Je ne vois pas comment s’applique le socio-constructivisme à votre situation. Évidemment, on parle d’effet culturel, ses enfants ont une autre ambiance parentale et un milieu de vie différent. On peut supposer des valeurs différentes face à l’école. Et une mentalité différente face à l’enjeu de faire des efforts. Ces parents suivent de près leur enfant et demande aux enseignants du soutien pour leur enfant. Ils draineraient vers leurs enfants l’attention des enseignants… Voilà ce qu’on apprend dans l’étude en question.
CE que je vois dans cette étude, c’est un effet de l’encadrement parental. Pas une validation du socio-constructivisme qui parle de la construction dans l’interaction sociale du sens et de la connaissance du monde.
On peut certes penser que les parents des jeunes quart-monde ont moins les outils pour revendiquer une attention à leur jeune. Et que l’influence culturelle joue en ce sens. Mon observation cependant me montre que beaucoup de nouveaux immigrants mettent de la pression sur leur enfant pour réussir. On le sent au travers de notre interaction avec les enfants. Mais on ne voit pas les parents. Mais bon le quart-monde est vaste et tout mettre dans le même panier peut nous induire en erreur. Bref, ce n’est pas sur ce sujet que porte l’étude, mais bien sur la fraction de la classe moyenne qui envoient leur enfant dans l’école locale plutôt que les écoles réputés.
Je rappellerai que la critique du sociocontructivisme n’est pas dans son évaluation de l’influence sociale dans la construction de la connaissance, mais bien dans sa méthode qui souvent ne présente aucun intérêt pour l’apprentissage de savoir qui ne s’y prête pas. C’est la généralisation du modèle socioconstructivisme qui surtout pose problème à bien des intervenants, car en nous plongeant dans l’impérative pédagogie de projet et dans l’interaction entre les pairs, le travail d’équipe, on gruge le temps de l’enseignement explicite, systématique et structuré des notions de base comme la connaissance du fonctionnement de la langue ou l’apprentissage des base du calcul. Je ne ridiculise pas socio-constructivisme, mais les fidèles qui lui vouent un culte. Quand le nécessaire pour faire ce travail adéquatement disparaît toujours plus de nos manuels scolaires qui s’égarent dans des activités ingérables, qui méprisent les bases réelles des jeunes, il y a de quoi s’inquiéter et s’indigner. Si on fait des manuels scolaires depuis si longtemps, c’Est que voyez-vous un enseignant n’est pas une machine qui peut travailler 100 heures par semaine. Nous avons besoin que la didactique soutiennent notre rôle qui est surtout d’animer les activités d’apprentissage. S’il faut penser à tout toujours, on ne dort plus, Monsieur.
Quant à la transformation de la langue, les linguistes nous montrent depuis longtemps l’influence de l’usage, du sociale sur les nouvelles normes. Influence sociale n’est pas le socio-constructivisme qui est une théorie cognitive qui montre que, dans certaines situations, l’interaction entre les pairs qui confrontent leur représentation du monde, crée les conditions d’un déséquilibre générateur de nouvelles perceptions. CE courant paraphrase un lieu commun : de la confrontation des idées naissent des idées nouvelles. On n’invente rien.
Ma principale critique du socio-constructivisme, c’est que son application à l’enfant est inadéquate. L’enfant est à construire ses premières représentations du monde, selon le développement normal de l’intelligence. Il passe d’une représentation concrète, peu complexe cognitivement, à des modes de représentation plus abstraits. Les représentations des enfants sont fragiles et souvent inconsistantes. L’enfant a besoin de modèles qui renforcent certaines représentations du monde. Pour développer l’organe de représentation, il faut l’exercer avec des représentations stables, pas avec une mouvance de représentations qui déséquilibre et stresse l’enfant, comme on veut le faire avec une exposition à des tâches complexes sans préparation adéquate.
On place l’enfant devant des enjeux de l’âge adulte, sans égard à son niveau de développement. On veut faire des écrivains depuis 30 ans avec des jeunes en développement au lieu de leur apprendre la base du langage écrit, sa grammaire. Avec la réforme, on atteint des sommets, on fait confronter 2-3 textes et réagir l’enfant. Je vous parle d’une évaluation de la méthode Rendez-vous de sec.1. qui propose la lecture de 10 pages de texte, dont 7 extraits avec une banque de questions visant à observer le style, et les procédés utilisés, de la reprise d’information quand un jeune connaît à peine ses pronoms en sec.1 parce qu’ on n’enseigne plus systématiquement et régulièrement par une reprise régulière au primaire des connaissances de base. Voilà le problème d’une philosophie socio-constructiviste, c’est l’aberration fonctionnelle dans laquelle elle nous plonge. Je dois complètement repenser une approche avec ces jeunes en difficultés ou en retard scolaire.
Mais évidemment placer le jeune devant des représentations stables demandent de notre part un engagement et des prises de position. Quoi enseigner? C’est notre influence et oui elle est biaisée, personnalisée, mais il faut assumer ce rôle sans quoi on prépare des gens instables pour leur avenir. Sans former avec lui ses représentations qui activent son appareil intellectuel, comment parviendra-t-il à se développer? Évidemment laisser à l’éducateur ce pouvoir, ce pouvoir d’enseigner certaines représentations du monde, est risqué pour le pouvoir.
Aussi, c’est pourquoi je crois qu’on nous propose de plonger les enfants dans le gouffre de la représentation autonome ou socialement construite en dévalorisant la fonction contrôlante de l’enseignant dans ce processus et qui restera inconsistante faute d’une certaine répétition. Pour certain apprentissage de base, comme la grammaire, mais aussi les tables, c’est un désastre d’enlever l’avantage d’un enseignement explicite, structuré, progressif au profit de trop nombreuses périodes de temps alloués à des projets cognitivement inaccessibles pour un enfant. Les acquisitions faites restent superficielles, on fait de l’enfant un bon perroquet d’idées qu’ils ne peut franchement analyser par lui-même. D’ailleurs on ne lui enseigne plus aucune méthode d’analyse simple comme l’analyse grammaticale le faisait. A mon sens, c’était fondamental dans l’acquisition de la faculté d’analyse en plus d’être un excellent outil d’intégration des connaissances des fait de langue.
On perd notre temps royalement. Ou au contraire, on vise à rendre nos jeunes incapables de faire autre chose que de suivre une opinion consensuelle, même stupide, portée par des leaders minables. On est loin des idéaux de faire des gens autonomes intellectuellement consistants qui feront évoluer notre société.
L’école doit déjouer les facteurs sociaux, pas les encenser. L’enseignant doit trouver le langage qui lui permet de communiquer son savoir à tous les enfants et à les mettre en action pour que ce savoir connaissent un apprentissage. Le rôle directeur de l’enseignant est crucial pour soutenir les acquisitions des jeunes peu importe la provenance des jeunes. Le rôle de l’école est d’amener son apport particulier, la transmission d’un bagages de connaissance et de méthodes qui permettent à l’humain de se développer, pas de rejouer ce que l’école de la vie apporte…
Encore là, le bon sens ne nous indique-t-il pas de former des groupes plus homogène pour adapter un enseignement adapté avec une économie de moyen et une efficacité accrue.
Évidemment, si tous les intervenants autour de l’enfant soutiennent l’importance de l’apprentissage scolaire, notre tâche s’en trouvera facilitée. Encore faut-il que l’enfant sente qu’il apprend quelque chose, qu’il progresse. Pour le moment, avec des méthodes sur le marché, qui trop souvent mettent la barre trop haute au plan cognitif pour nos enfants, qui nous obligent à consciencieusement adapter du matériel perpétuellement pour une classe hétérogène de 30 élèves, on a l’impression qu’on rame pour rien et pour peu…
D'un enseignant qui en a marre de la folie idéologique...
lundi 3 mars 2008
Malarky, un jeu anodin! Le socio-constructivisme ne serait-il pas un modèle pour la thérapie de groupe d'adultes?
Bon, rapidement, je résume le jeu qui ressemble au jeu du dictionnaire: dans un banque de questions insolites sur des phénomèmes divers de la vie, on pige une question qu'un des participants lit sans voir la réponse. Puis, on attribue au hasard qui aura, à l'insu de tous, la question et sa réponse. Tous les autres joueurs ont le mandat de bluffer une réponse, celui qui a la vraie réponse en donnant la bonne réponse doit quand même faire comme si ça lui venait d'une zone particulièrement allumé de sa créativité. Bref, il doit éviter de lire.
Bon, on vote pour les meilleures réponses et des points sont attribués aux meilleurs bluffer, à ceux qui trouve la bonne réponse, etc.
Alors on lit la première question: pourquoi les enfants du tiers monde souffrant de malnutrition ont souvent un très gros ventre. On distribue les cahiers, je suis bluffer. BOn, je me concocte une histoire de bactéries qui prolifèrennt dans les ventres mal nourris! C'est d'ailleurs à moi de présenter, je bafouille un peu. Mais bon je m'en sors pas trop mal. Puis viens le tour de mon fils qui aura bientôt 10 ans. Il est là déjà le moton dans la gorge, les yeux humides au bord d'éclater. Je réalise que la tâche est franchement difficile. Moi, j'ai tout mon bagage et une relative aisance en langue, je m'en sors. Mais pour un jeune de 10 ans, ouille, je comprends le côté déconnecté. En fouillant, il avait la savante réponse: le fameux ventre est causé par un manque de protéines, caractéristiques des enfants nourris à base de riz. Le ventre est gros à cause d'une accumulation de liquide ou parce que le foie est anormalement gros.
Bon, même moi remettre tout ça dans mes mots en quelques minutes m'aurait demandé un certain effort...
Mon fils, qui a quelques peines à lire certains mots encore, n'a pas trop de conception de la biologie, les protéines ne doivent pas être une fréquentation régulière de son horizon et finalement recracher tout cela n'est pas une tâche des plus aisée.
On pourrait certainement s'exercer à faire ce jeu en se donnant un peu plus le temps de préparer nos réponses. Leur donner une forme écrite qu'on peut lire. Mais à l'évidence, si je peux me servir de mon bagage de connaissances pour organiser un bluff, je ne vois pas comment mon garçon y arrivera. Bref, je conclus: le jeu est plus un jeu d'adultes que d'enfants ou d'adolescents assez doués.
J'ai bien observé l'effet de mettre mon enfant dans une situation d'échec, devant une tâche tout à fait inaccessible.
Je relis les théories socio-constructivistes: on y parle de conflits cognitifs, que de la confrontation des points de vue va naître un conflit permettant à chacun de se faire une représentation nouvelle. Ou de la confrontation de nos connaissances antérieures à d'autres conceptions, on va développer le conflit et créer un déséquilibre et enfin un nouvelle conception enrichie, intégrante. Bon, voilà ce que j'en comprends pour le moment.
Ce qui me fascine, c'est que toujours les présentations sont très théoriques et je me demande toujours oui mais bon sang quel est le genre de connaissances qu'on passe dans ce genre de mise en situation. En grammaire, j'ai vraiment l'impression que de mettre nos conceptions antérieures sur la table et discuter entre pairs des heures ne va pas mener à une meilleure saisie de la grammaire. Non, le jeune a besoin d'un guide pour l'aider à se rappeler ce qu'il sait, rectifier des erreurs, puis consolider les connaissances antérieures, enfin passer aux notions nouvelles à apprendre, faire des observations, des exercices, exercer, répéter, réévoquer, y revenir régulièrement pour faire le sillon dans le disque dur quoi!
Je ne vois pas ce que le socio-constructivisme peut bien venir foutre d'intelligent là-dedans. Car on est dans un savoir méthodique basé sur une connaissance assez fixe que partage une tradition sur la compréhension de la langue et son fonctionnement. Il y a une norme à transmettre: pas une évolution cognitive.
ET si je vais plus loin, franchement, comment un enfant à part de répéter comme un perroquet ce que pense sa mère ou un prof peut-il bien produire un point de vue personnel, cognitivement élaboré j'entends. Enfin, même chez l'ado, la pensée est le plus souvent très primaire. Contredire l'autorité, dire comme les amis (culture ado) et encore répéter des points de vue adultes entendus sans trop comprendre. Bref, conflit cognitif de points de vue de jello, je crois pas que ça mène bien loin que le jello mélangé deux couleurs! Livingston, ça doit pas être mauvais!
Qu'on le fasse à l'occasion, mettre en scènes les idées de nos jeunes, pour se rendre comte de la vacuité ordinaire et courante de nombreux ados, pourquoi pas? Leur inexpérience normale de la vie pour juger de la valeur des idées ne sera pas comblé à l'école, mais à l'école de la vie. Ils sont justes encore immatures et en apprentissage, pas encore rendus au point d'assumer dans une vie des positions confrontables. Bon, il se pratique en faisant suer les adultes à coup d'arguments ballons vides tournés vers leur nombril, c'est déjà ça...
Pour moi, le socio-constructivisme doit émaner de la thérapie de groupe d'adultes qu'on a stupidement appliqué à la réalité des enfants. Le pire, c'est qu'un tas de connards répète ad nauseum cette stupidité en trouble d'objet d'application et qu'on impose un modèle pédagogique prévu pour la thérapie de groupe adulte!
Je dis peut-être une grosse énormité Jo! Mais bon à vue de bec, ce pourrait être vraisemblable. Une belle illusion de réalité! Oyez! oyez! Qu'on suscite un conflit cognitif! Je veux apprendre quelque chose! - Calme toi, Livinston! - Enfin, je vais mettre mon esprit limier sur l'affaire pour vérifier cette hypothèse.
Bref, j'en reviens à mon point, on veut faire de nos jeunes des spécialistes de Malarky avant de leur avoir donné une éducation, de la culture, des connaissances générales...
On a une grosse poutre à s'enlever de l'oeil Livingston! On est des gros méchants dominateurs qui veulent transmettre de la culture et des connaissances, Jo...
Livingston, on va manger une frite dis? Ouin Jo, une poubelle au plus vite!
Dialogue avec les fauves, réflexions sur l'apprentissage
Ma copine est monitrice d’équitation, elle a fait cela 17 ans. Elle trouvait que le type qui parlait de son art avait de la bouteille. Il savait de quoi il parlait. Une de ses bonnes amies est dresseuse ici au Québec de chevaux pour des numéros de cirque. Avec un félin qui n’a besoin que de quelques moments pour oublier le contrôle de son maître et « focuser » sur une jambe et sauter dessus pour revenir à son instinct chasseur, la marge est mince. Un cheval fait pareil, il peut vous envoyer une ruade, qui peut être mortelle, pour faire son espace s’il sort du cadre de la leçon d'équitation et de son travail. Il peut oublier qu'il est en travail et se mettre à déconner avec les autres chevaux, ses copains. L'instructeur doit toujours garder ses animaux avec lui. L’erreur ne pardonne pas. Écouter ce type m’a semblé être instructif sur la source de nos erreurs. Moins dangereuses, nos situations d'apprentissage peuvent utiliser ces structures d'apprentissage qui travaillent avec la matière inconsciente et animale en nous. En ne respectant pas ses données de l'apprentissage, peut-être que nous nous compliquons la vie et que nous n'aidons pas nos enfants.
Le dresseur de fauves racontait qu’on devait faire travailler l’animal à son niveau, le pousser mais pas trop. Le faire réussir quoi. Constamment, il gardait une communication avec l’animal, plaçait des demandes et félicitait chaque succès de l’animal. Il le faisait travailler progressivement. Utilisait les lieux de sécurité de l’animal : le premier enseignement, la lettre A de l'éducation d'un fauve, est la ligne droite. Il passe d'une cage refuge à une autre cage refuge. Puis on va placer un obstacle, un tabouret où il doit faire un arrêt, entre deux refuges qui à la longue devient sous l'effet du renforcement de son maître un lieu de transition sécuritaire pour lui. Vous avez sûrement vu dans un cirque un animal qui revient après chaque tour à des positions bien précises sur un tabouret, ou qui va d’un tabouret à un autre. Ce sont ses lieux de sécurité. Le dresseur lui fait apprendre ce qu’il est capable d’apprendre en tenant compte de l’animal. Ma copine dit qu’on procède exactement de la même manière avec les chevaux.
Il montrait aussi que lorsque l’animal avait compris quelque chose, il passait invariablement par une phase où il teste l’autorité. Il ne répond pas à la commande qu'il connaît juste pour voir comment va réagir son dominant. Si on le laisse faire, si on n’intervient pas, la prochaine fois, il fera encore pire, niaisera encore plus longtemps l’autorité de son maître. Bref, on ne laisse pas argumenter un félin qui se sent fatigué ou qui n’a pas le goût. Si on le laisse faire, la fois suivante, il va vous niaiser encore plus longtemps. Si on prend 10 minutes à le recaler. La fois suivante, on mettra peut-être 3 minutes, puis enfin de moins en moins jusqu’à ce que l’animal ne confronte plus son maître. Il a compris que ça ne sert à rien. Que la situation est plus stressante, quand il défie. Encore un truc instructif, pour nos dérives disciplinaires, et notre attitude fasse à l'inertie de certains jeunes, il me semble. Tu ne trouves pas Jo?
Le spécialiste résumait cela en 3 phases importantes de l'apprentissage: l'animal ne sait pas; l'animal sait, il fait le comportement; l'animal sait, il ne le fait pas (défi).
Point capital : il rabroue son animal qui refuse de faire ce qu’il sait faire. Le chicaner sur ce qu’il ne sait pas faire est inutile et dommageable. L’animal va se sentir perdu. Le maître a la responsabilité d’évaluer son animal, c’est lui qui décide quoi et quand faire les choses. C’est sa responsabilité de ne pas trop stresser son animal dans des apprentissages trop difficiles qui va le désorganiser. D’ailleurs, instructif, quand deux animaux travaillent ensemble, si l’un deux se fâche parce que ce qu’on lui demande est trop difficile, il va retourner son agressivité vers son congénère, pas vers le dominant. Méditons cela pour les situations d’agressivité en classe envers les pairs.
L’animal n’a pas besoin vraiment besoin de récompenses comme de la viande-bonbon, c’est le maître des félins qui le dit, mais de sécurité, et sa récompense c’est le contentement de son dominant qui le sécurise qui crée l'harmonie. Ce contentement manifesté par la voix qui félicite et des caresses est tout ce qu’il a besoin.
Quand il est en captivité, il n’a plus à chasser, à se trouver un abri, à se nourrir à se défendre des prédateurs. Son cerveau n’a plus ces enjeux de base pour s’occuper. Bref, de faire travailler un animal occupe son cerveau de manière positive.
On croit, dans des philosophies "gnagnans", dirait ma copine, qu’il est affreux de dresser des animaux. Or, les animaux en captivité qui n’ont pas ce genre de défi s’en sortent bien mal, développent des troubles du comportement et on voit de plus en plus de clinique psychologique pour animaux de nos jours. Hier, les dresseurs de félins confirmaient cela aussi. Le cerveau de l'animal est conçu pour faire un travail. L'apprentissage est une façon d'occuper ce cerveau à quelque chose de stimulant et les animaux dressés présentent un meilleur équilibre. De toute façon, un animal social vivant en liberté vivra dans le cadre hiérarchique de sa bande. Le fonctionnement de la bande a besoin de cela pour survivre. Et tous lui montrent, l’éduquent dans le sens d’une conduite appropriée et respectueuse de la hiérarchie et tous lui montrent les tâches de survie à maîtriser. Un jeune membre se fait corriger quand il s'éloigne du troupeau. On apprend aussi très jeune à faire attention aux autres, car une charge peut être mortelle.
Voilà pourquoi peut-être qu’on observait dans un autre reportage que j’ai vu je crois la semaine dernière, cette fois sur des chevaux sauvages remis en nature, des conduites très agressives dans le troupeau. Tous ces animaux, élevés en captivité, n’avaient pas été éduqué par la horde à faire attention, à respecter des distances, à respecter une hiérarchie.
Quand on voit ce maître des félins travailler, on remarque qu’il ne laisse pas faire l’animal. Cet animal a un potentiel de force destructrice fabuleux, il pourrait dominer. Et va chercher à le faire, il va tester la hiérarchie régulièrement. En gestion de classe, on nous parle de cette attention constante au groupe qui font parti des habiletés à développer pour que le groupe fonctionne bien.
Faire travailler un animal dans le cadre du dressage, d’un apprentissage, dit le spécialiste des fauves, c’est essentiellement faire apprendre un langage commun, un même langage. Assis, signifie tel comportement pour l’animal et le maître. Bref, c’est de l’association.
A mon sens, on aurait tous avantage à méditer cela, l’humain est un animal avec un cerveau conçu pour des enjeux de survie et de vie sociale, il est très capable de développer un langage par association claire d’événements comme le font les animaux sociaux. L'éducation n'est-il pas de faire maîtriser des concepts, des méthodes, des comportements, des habiletés, pour enfin un jour voler de ses propres ailes et avoir en poche des outils qu'on pourra par la suite utiliser ou adapter à nos tâches de la vie adulte? N'ai-ce pas la pratique d'habiletés simples qui permet plus tard en collaboration avec d'autres habiletés maîtrisées d'effectuer une tâche complexe de manière appropriée. Avant d'arriver au stade de la gestion cognitive de différentes tâches permettant d'atteindre un but, ne faudrait-il pas d'abord bien développer chacune de ses tâches ou habiletés simples? Dans le mirage du cognitivisme, n'avons-nous pas oublié le B-A BA-A de l'associationnisme orienté et contrôlé par un maître qui permet de développer des apprentissages de base? N'avons-nous pas oublié qu'il faut un maître et des apprentissages de base avant de passer à l'intégration, à la maîtrise? Regardez, les principes qui gouvernent notre monde de l'éducation sont tous ancrés dans un cognitivisme de maîtrise et cette tactique échoue lamentablement sous nos yeux. Avons-nous oublié qu'un enfant n'est pas un adulte? L'enfant n'est-il pas à l'âge d'acquérir des autres les habiletés de base utiles qui lui permettront plus tard de viser des maîtrises professionnelles, artistiques, sportives, personnelles? En le plongeant dans des projets visant des situations significatives de vie réel, n'est-on pas en train de lui faire perdre un temps précieux pour acquérir adéquatement les bases de son intelligence adulte?
Comme le souligne le spécialiste, les mêmes principes d’apprentissage s’appliquent à tous les animaux : travailler avec le besoin de sécurité, respect du rythme d’apprentissage, association d’un langage, récompense sous forme de contentement, donnée par la voix et le langage du corps, du dominant qui sécurise, qui crée l’harmonie pour l’animal, corriger quand l’animal confronte le maître pour tester son autorité, sa valeur de dominant. L’emmerder quoi jusqu’à ce qu’il s’exécute. Apprentissage progressif, appuyé sur la maîtrise des phases précédantes. Après chaque animal a ses spécificités. L'humain fonctionne de la même façon, si on regarde derrière le vernis de civilisation. Il a bien sûr ses spécificités.
Nous, en éducation, nous faisons comme si montrer au fauve se faisait dans l’arène avec les spectateurs (situation de vie réelle) en allant vers la ligne droite d’une cage à une autre (deux lieux de sécurité) qui est la lettre A de l’apprentissage du fauve (apprentissage des détails permettant d’exécuter un comportement de vie réelle organisé et complexe). On est complètement fou. Une chance que nos enfants n’ont pas de griffes!
On met nos enfants constamment devant des tâches cognitives trop exigeantes sans avoir consolidé des bases solides (jetons un coup d’œil à nos manuels). On ne travaille pas vraiment avec le besoin de sécurité et le besoin de contenter le dominant (harmonie). On a jeté l’apprentissage systématique et progressif au panier du passéisme associationniste, bref on stresse nos jeunes dans des tâches qu'ils ne peuvent réussir. On laisse l’enfant défier son maître trop souvent sans le corriger. On nous les mets à 30 dans une classe. Qu’espère-t-on franchement?
- Sont fous ces humains, Levingston!
- Je ne te le fais pas dire, Jo!
vendredi 29 février 2008
La relâche! Devancée! Bilan d'un retour... et sarcasmes de grammairien...
Me voilà libre un peu "de mon temps, faire un café, fumer..., la chose à faire en ce cas-là, n'est pas prescrite par la loi, ni par les tables de la foi!" Bon, je vais tout de même me contenter de clopes! J'ai passé l'âge pour autre chose et mon battement d'ailes s'en ressentirait.
Bloguer
Je me remets au blogue. J'avais bien tenté d'en commencer un peu avant mon retour dans la corrida de l'enseignement, mais bon j'ai perdu le code. Mon vieux blogue à peine amorcé est déjà orphelin. Et puis, je dois être nul, mais c'est tellement galère, google ne me donne pas le moyen de rentrer sur ce vieux blogue, parce qu'il m'envoie sur l'adresse, que je n'arrive pas à accéder, le nécessaire pour réintroduire un mot de passe. Oui, mais je ne peux pas l'accéder! J'ai oublié le mot de passe...
De toute façon, ce n'est pas bien grave. L'outil blogue est un lieu d'échange et d'expression. Je ne sais pas si je serai visité. Moi, il m'offre un lieu de réflexion, de retrait, de délire, de relâchement, contrepoint salutaire à ma fonction un tantinet essoufflante et crispante que j'occupe. Pendant mon immersion, je me suis contenté d'aller lire la blogosphère enseignante où j'ai intervenu à quelques reprises.
Bref, ce matin je reste à la chaleur de mon poêle à bois, devant le spectacle superbe de la rivière Gatineau tout blanche de son couvert de neige et de glace, et oui j'ai cette chance pour 650$/mois à deux (être troubadour permet de dénicher des "spots" intéressants à l'occasion), et j'écris de mon bureau.
Quelques impressions d'un prof qui fait son retour
Après trois ans d'absence, reprendre le collier ne s'est pas fait sans heurt évidemment. Les conditions ne se sont pas améliorées. 26 périodes semblent être devenus la norme en enseignement du français sur deux niveaux d'enseignement. 2 journées de 4 périodes, c'est lourd.
A l'école où je travaille, il y a une spécificité que je trouve intéressante, on y fait 3 périodes en avant-midi, on commence très tôt: 8h. Pour mon côté lève-tôt, c'est parfait. Ensuite, ben la lancinante après-midi, qui ne finit plus, n'existe pas dans cette école. Du coup, un 4 périodes me semble passer un peu mieux. Bon, ça reste 4 périodes sur le plancher.
Je suis fumeur, aller s'en griller une à l'orée de la rue est aussi un petit changement. Mais bon, je sens ce petit moment, volé à la logique, salutaire. Sinon, je ne ferais même pas de coupures. J'ai fait mon long burn out 6 mois après avoir arrêté de fumer!Bon, reprendre en français pour moi était un défi. Je ne l'avais pas enseigné depuis 2002.
Ma dernière phase où j'ai enseigné dans le sillage de mon divorce, je m'étais fais prof de maths. J'y respirais davantage: la correction y était moins lourde, il m'a semblé; la préparation aussi, puisque j'ai l'esprit mathématique assez aiguisé, je me repose sur ma capacité pour l'enseigner.
En français, la tâche me demande un certain effort. Si c'était à recommencer, je ferais probablement mes maths et, pour tout le monde, je serais un prof de math. Là, je suis pour tout le monde un prof de français et, dans mon for intérieur, je me sens plutôt prof de maths.J'ai aussi bien plus d'expérience en enseignement des maths, c'est à peine si j'avais 2-3 mois d'expérience en enseignement du français au régulier avant de reprendre cette année.
Et oui, Livingston, je suis un drôle d'oiseaux.
J'ai enseigné 3 ans aux élèves en difficulté dans une école spéciale et j'y enseignais le français, les maths et les sciences. Puis j'ai fait une année de suppléance surtout en français, un peu de maths, et un long contrat en école alternative (enseignement modulaire du français de 3 et de 4), puis j'ai passé un an et demi à enseigner les maths.... avant d'aller voir ailleurs si j'y étais... en menuiserie, en décors de spectacle et en pèlerinage globe-trotté! Je me suis même essayé à être thérapeute un jour, j'ai un bac en psycho, mais mon mariage a explosé et je n'ai pas persisté dans cette voie un peu monacale, je dirais....
Retour à la folie
Or donc, retour en français, on manque de profs pour cette folie. Car, à l'évidence, enseigner le français de nos jours est une folie presque furieuse! Je ne me suis pas obstiné à rester prof de maths, j'ai pris ce que la vie m'offrait.
Folie, il va falloir s'expliquer, Jo!
Ben, par où commencer? Par quel "boutte" prendre la question.
Commençons par l'évidence. J'enseigne en 1 et en 4, aux deux niveaux, les méthodes achetées par la commission scolaire sont inapplicables: désolé, mais la série Rendez-vous de sec. 1 est une merde, ensuite Répertoire en 4, est tout aussi merdique. Ainsi, je dois passer un temps fou à adapter et inventer du matériel potable...
Des méthodes compliquées, surchargées, hors d'atteinte pour les jeunes du régulier que je côtoie. Dans Rendez-vous, peut-être encore la section sur les monstres pour le récit d'aventure, mais bon quand on regarde les questions à répondre, c'est d'un compliqué inouï.
Cette méthode, qui est réforme en passant, passe son temps à questionner les jeunes sur des faits de langue complexes, sans vraiment offrir de la construction de connaissances progressives. Puis, on pose une ou deux questions où le jeune doit inférer. Pour finir, on lui demande de réagir au texte. Les questions de repérage ont été éliminées. Trop bébé pour des secondaires un! Bon, c'est le programme qui voudrait cela, parait-il! On se met le doigt dans l’œil.
Imaginez, j'entre en classe avec l'examen de lecture pour des jeunes de 12 ans, je ne pose pas de questions, j'arrive. Il y a 10 pages à lire, comprenant 7 extraits, avec une série de questions portant sur tous ces textes dont certaines sur 2 ou trois textes. Les profs de l'école ont même retiré plusieurs questions de l'instrument fourni par cette méthode. On laisse les jeunes mariner 5 périodes dans ce truc de fou. J'ai une élève qui avait les capacités pour faire l'examen, deux autres s'en sont sortis un peu. Le reste de la classe s'est planté à fond dans le truc.
On y martèle des questions sur les GN, les expansions du GN, les Gadj, les Gprép., des GCFP, des subordonnées relatives, la reprise d'information en demandant quels sont les GN qui reprennent l'idée du GN suivant, etc. On demande de repérer des organisateurs textuels.
Je ne sais pas, c'est de la folie. Mes jeunes ne sont pas mieux que les élèves en difficulté avec qui je travaillais il y a 10 ans. La terminologie, c'est pas leur force. Les Gmachins, il n'y pige rien. Évidemment, qu'il n'y pige rien.
L'enseignement de la grammaire est tellement rendu superficiel.
Il manque de la force que crée la répétition scandée d'un processus d'apprentissage sérieux. Là, je n'ai aucune pitié : les ravages du programme de 95 sont palpables en sec. 1, mais aussi en sec.4. Les jeunes n'ont aucune prise sur le langage, ils ne savent pas identifier grand chose dans une phrase. De nombreux jeunes ne mettent même pas de majuscules et de points dans une longue suite de phrases.
Voilà où mène une méthode visant à faire repérer des groupes mouvants sans une articulation sérieuse sur le plan analytique. Tout est amalgamé, agglutiné...
Wow, Livingston, tu es bien sérieux ce matin.
Ouin, je parle d'un truc compliqué et en fait, capital dans mon quotidien...
Bon, autre donnée intéressante, il n'y a pas de cahiers de grammaire pour nos jeunes. L'école a décidé de ne pas en faire acheter pour recueillir des sous pour les photocopies. Bref, on galère à préparer, gérer du papier.
Si vous voulez mon avis, on enseigne de moins en moins la grammaire.
Et pour ce que cela donne avec cette grammaire de logiciens universitaires. Je comprends bien qu'on se lance dans les journaux de bord, oui écrire, écrire, cela permet de s'améliorer, euf, puis-je faire une observation: écrire n'importe comment améliore l'art du n'importe comment. Enfin, les profs qui s'entêtent à être en relation avec leurs 120 élèves en leur écrivant devraient aller tout de suite demander un billet au médecin pour dépression... Bon, la mode est aussi de donner des phrases mal orthographiées et de demander aux élèves de les corriger. On fait de la dictée aussi, des journaux de scripteurs où le jeune est censé noter ses difficultés, des listes de trucs à vérifier, des méthodes en 10 étapes pour se corriger en situation d'écriture présentes dans l'agenda de l'élève.
Panoplie d'outils tout aussi inefficaces les uns que les autres pour la simple et bonne raison que c'est long, fastidieux, ancré sur aucune connaissance solide.
On aura beau faire lire et relire et corriger et recorriger des fautes sans exercer les jeunes à analyser et voir les constituants de la phrase, on se met le doigt dans l’œil.
A part ceux pour qui les langues sont une disposition naturelle, ces méthodes n’ont aucun impact notable. Ce qui est remarquable, c'est que cette méthode de correction dans l’agenda des élèves reposent sur la bonne vieille grammaire: sujet-verbe-complément du Précis de grammaire sur laquelle on plaque le vocabulaire inutile de la nouvelle grammaire.
Observation critique d'une méthode de correction de texte nouvelle grammaire
Prenons-là pour voir.
Première partie: orthographe d=usage (sic).
1- Identifie les mots dont tu es incertain de l'orthographe en mettant un point d'interrogation (?).
Un jeune qui doute est une espèce en voie de disparition. Surtout que le doute amène quelque chose de difficile à faire en 2.
2- A l'aide du dictionnaire, vérifie l'orthographe de ces mots.
Moins je doute, moins c'est long. Et en passant nombreux ne savent pas leur alphabet dans l'ordre ou que le dictionnaire est classé en ordre alphabétique...
Deuxième partie: orthographe grammaticale
1- Encercle la Majuscule et le point de chaque phrase.
Bon, je n'aurais pas classé la ponctuation dans l'orthographe grammaticale, mais l'intention est noble... Mais bon, la majuscule symbole de la domination est en voie d'extinction aussi... Vive la liberté, Livingston! Le point doit trop évoquer la mort, la fin, la séparation, l'isolement, que sais-je? Ce qui est tendance, c'est la virgule, qui relie, qui poursuit, qui n'arrête rien... Proust aurait aimé notre époque!
2- Souligne les verbes conjugués.
Tiens moi je ferais faire ça avant le no 1, histoire de s'interroger sur les endroits propices où couper un peu ses phrases. En passant, remarquons ici que la nouvelle grammaire qui demande dans un premier temps de séparer un Gsujet d'un prédicat ou groupe verbal qui met dans le même sac verbes et compléments, adverbes et autres satellites verbaux hormis le sujet, n'aide en rien dans toutes ses élucubrations syntaxiques à faire une chose fondamentale: identifier un verbe conjugué.
3- Encercle le noyau O du GNS. (sic)
Bon, on voit le truc: le noyau du GNS. On entraîne à voir le GNS, puis si on a le temps, on cherche un noyau dans la pomme... Pourquoi faire simple.... Vous voyez le gain... Oui, oui, les sujets multiples sont mieux identifiés à la condition qu'on trouve les noyaux! Pépin, pépin! La bulle!
En passant, on ne s'accorde toujours pas pour dire si un pronom est un GNS ou un GS. Le noyau d'un GNS est normalement un nom, mais dans un pronom, il est difficile de trouver un nom (sauf si on enlève le pro! Arrête Jo! tu sapes l'esprit d'équipe avec tes commentaires! Ah Livingston, je rigole, ma directrice m'a servi cela à peine 5 jours après être arrivé, pourtant je ne suis pas à faire une critique tous les 5 secondes, mais bon il m'arrive de partager des observations).
4- Identifie la personne grammaticale (1re, 2e, 3e du singulier ou 1er (sic), 2e, 3e du pluriel)
La parenthèse me semble superflue, mais à notre époque où l'analyse grammaticale n'est plus une activité pratiquée, puisque passéiste, le seul endroit où l'on parle des personnes est quand nous faisons de la conjugaison. Puisque aussi, il est rare de demander par les personnes des questions de conjugaison du genre : quel est la 3e personne du pluriel du verbe aimer au conditionnel présent, ben il est nécessaire de faire cette parenthèse et en fait, elle n'aide pas plus beaucoup de nos jeunes à qui on doit rappeler ce qu'est la personne d'un verbe.
5- Fais une flèche du sujet donneur au verbe receveur et accorde le verbe receveur.
On remarque la promotion du noyau du GNS en sujet donneur. ET du noyau de GV ou prédicat en verbe receveur. Le "et" est souligné, transition indispensable, et puis ce stupéfiant « accorde le verbe receveur ». Receveur était-il vraiment nécessaire? Je me suis mangé des dons de sujet en plein poire, monsieur! Précisons : ma copine est française, je sais, j'ai des expressions françaises, je trouve que de se mettre dans un esprit français aide un peu à la critique. Mais bon, regardez bien ce qui suit:
6- Surligne tous les noms, y compris ceux du GNS (couleur au choix: orange, vert ou mauve)
Qui n'aimait pas trop la couleur rouge ou jaunnnnne, rouge ou jaunnnnne!
Fascinant dirait Spock.
Après avoir passé tout notre temps à trouver des GN, à montrer des expansions de GN qui sont des GN, des Gprep, des sub. rel. (même pas groupe!), voilà qu'il faut surligner des noms, qui ne sont plus des noyaux de GNS, mais de simples et délicats petits noms! Et choisis la couleur de ton choix: orange, vert ou mauve. Évidemment, ces couleurs doivent avoir été étudiées pour leurs propriétés qui favorisent l'identification d'un nom! Vous avez remarqué cette précision: y compris ceux du GNS. Fabuleux!
7- Identifie le genre (f. ou m.) et le nombre (s. ou p.) du nom donneur.
Remarquons ce nom est vraiment un joyeux luron: il est tour à tour, noyau du GNS, sujet donneur, nom, et enfin nom donneur. "Monsieur, il est de groupe A, B, AB ou O, + ou -!"
- Livinston, arrête!
Bon, je parierais que le mot genre et le mot nombre sont insuffisamment utilisés de nos jours: d'où les parenthèses. Quand il arrive de croiser des jeunes qui vous demandent ce qu'est un nom, on reste un peu stupéfait par l'inefficacité de nos méthodes. Cela arrive, je certifie!
8- Relie les noms donneurs aux receveurs d'accord en encerclant la terminaison et vérifie l'accord de ces receveurs:
Les déterminants;
Les adjectifs;
Les participes passés; (sic, je le dis mettre un point de nos jours…)
Bon, tout cela est d'une éloquence! Je ne savais pas que le déterminant était un receveur d'accords. Je croyais qu'il fallait accorder en genre et en nombre les adjectifs. Dans le temps, un article se rapportait au nom, aujourd'hui il le précise. Enfin, si on me demandait mon opinion grammaticale je dirais que le déterminant détermine le nom, comme on le dit de nos jours d'ailleurs. On le disait à des niveaux avancés avant. Mais bon, il est du club des receveurs. Si le jeune a oublié son s au nom, va-t-il l'enlever à son "des" ou son "les" placé devant?!
On voit ici aussi que le mot terminaison normalement réservé au verbe est étiré pour les besoins de la cause au domaine des noms donneurs, noyaux de GNS, sujets donneurs parfois. Admirons ce donateur d'accord! Ce donneur universel!
Suis:
Exemple d'une phrase grammaticale à corriger:
Les personnes les plus déterminé réussirons avec fierté leurs année scolaire. (sic, ici les fautes sont voulues par le maître de la méthode, personne ne signe le truc en passant)
Oui il faudra beaucoup de détermination pour utiliser cette méthode et la faire utiliser par les élèves dans leur correction de texte.
Voilà la folie de l'enseignement du français, enfin une partie de cette folie.
Je ré-enseigne à mes jeunes l'analyse grammaticale. Je redécouvre la force consolidante de cette activité depuis quelques semaines: on classe nos mots, on parle de personne, de genre, de nombre, de fonctions, et j'ai ajouté sur la suggestion de prof masqué dans un de ces commentaires la place des mots dans la phrase.
J'utilise ses phrases en schtroumpf qui montrent que le français a une organisation qui se passe de la sémantique. Je répète constamment qu’un sujet est normalement avant le verbe, qu’un complément vient normalement après le verbe.
Je fais distinguer les questions qui permettent d’identifier les CD et les CI. Je montre les prépositions, les fais apprendre par cœur, fais revoir les pronoms aussi, remplir des tableaux.
En analyse, on montre l'accord des choses en l'écrivant un en dessous de l'autre. J'aborde mes analyses sous un angle thématique: le sujet, le complément direct, le complément indirect et on ne cesse pas de tout revoir en même temps.
Je vais parler des attributs du sujet. Je parle des particularités des pronoms compléments qui en français ont leur place entre le sujet et le verbe. On démêle des confusions chaque jours, Avenir est-il un verbe? Etc.
Je fais les liens avec la Nouvelle grammaire sans insister: un complément indirect oui, c'est une groupe prépositionnel, mais c'est plus ou moins utile d'en parler, pose comme il faut ta question et tu vas trouver ton C.I. C'est tout ce que tu as à savoir.
ET je vais aborder les règles du participe passé avec ce savoir solide en eux. Pas avec un tas de trucs sans fondement.
Et croyez-le ou non? Bien qu'ils aient tous chialé au début, je commence à voir la flamme dans les yeux de certains qui se disent: " bon sang, je comprends!". Oui, il y en a aussi quelques-uns qui ne suivent pas, d'autres qui font encore plein d'erreurs, mais voilà je leur enseigne la structure de leur langue, on la répète dans un langage simple, on avance dans le terrain de la grammaire pas à pas, en conquérant chaque notion.
C'est comme ça que j'ai appris et je me sentirais un faussaire de ne pas enseigner ce qui a fait de moi un scripteur qui a une certaine maîtrise de la langue.
Quand je leur dirai: souligne tes verbes, coupe tes phrases trop longues, surveille les accords sujet-verbe, les accords avec le nom, les participes passés. Ils vont balayer leur texte en reconnaissant sans l'ombre d'un doute les natures et les fonctions des mots qu'ils écrivent.
Ils pourront comme moi aller consulter une grammaire et ne pas être dépaysés devant cet univers structuré pour répondre à leurs questions. En ce moment, les jeunes ne comprennent le langage d'aucune grammaire. Ils sont dépendants de nos listes de trucs. Si on ne leur en fournit pas, ils n'ont rien à quoi se raccrocher.
Voilà la folie de l'enseignement du français en 2008 au Québec.
Comment enseigner l'utilisation du bon pronom relatif dans certaines constructions de phrase sans avoir des bases en analyse grammaticale et sans avoir appris à reconnaître des propositions en analyse logique? Oui, ceux qui viennent de milieux où la syntaxe est meilleure à l'oral s'en sortiront, mais les autres immergés dans notre seul joual ne pourront pas vraiment apprendre à construire des phrases correctes.
On montre en Grammaire nouvelle à identifier des subordonnées, mais jamais on ne le montre sérieusement comme la discipline de l'analyse logique le faisait et encore là, on commet des débordements terminologiques absurdes.
Une Yallatolah de la Nouvelle grammaire m'a fait remarquer que le nouveau programme a proscrit les mots proposition et principale pour les remplacer par les termes lumineux de phrase syntaxique (qu'on traduit en bout de phrase pour les jeunes, je vous jure) et en bout de phrase enchâssant. Désolé, quand va -ton mettre fin à ce niaisage de gens savants? Nos jeunes méritent mieux que cette farce grotesque...
- Livingston?
- Quoi Jo?
- Tu t'énerves.
- Un peu oui! Mais se battre contre des moulins à vent, c'est dure pour la santé! et les nerfs!
- Oui, je sais, mais bon, va te reposer un peu.
- Ben non, faut que j'utilise ma méthode en dix points pour m'auto-corriger.
- Tu vas te coucher tard!
- Je vais sauter des étapes, t'inquiète!
jeudi 28 février 2008
La canalisation qui qu'analyse!
Bon, la vie est comme un rêve disent des drôles de langues folles à lier qui voient des liens partout et qui sentent que leur pendule leur indique l’Ouest. Dans un rêve, si j’étais un de ces guignols, je verrais quelque chose comme un surplus d’émotions qui éclatent et coupent la vitalité. Il faut réparer les dégâts, prendre une journée de repos.
Faut dire que de mon bord, le repos est le bienvenu. L'adaptation a ce nouveau mandat depuis la mi-janvier de m'occuper de 3 groupes de sec.4 et d'un de sec.1 m'a demandé d'outrepasser mes capacités normales. Mon battement d'ailes s'en ressent!
Bref, or et donc, mais ou et donc ornicar? J’ai besoin qu’Adam par pour Anvers avec sans sous sur (lui). La surdose "overdosée" d’enseignement que je me suis administré depuis deux mois me sort par les oreilles de Livingston…
Rêve ou pas, je crois que l’émotion faisait rage comme d’hab… Lundi, en entrant avec mes petits sec.1, j’en ai vu deux petites qui pleuraient. Bon, moi ça allait mieux que la semaine dernière où je piquais du nez, les courants ascendants étant rares… Les autres profs, tout aussi fatigués que moi, les jeunes égaux à eux-mêmes: amorphes, désabusés, inertes pour la plupart...
Pour moi, un prof qui n'en pouvait plus est allé placer un bâton de dynamite pour péter la putain de canalisation… Ouin, ça doit être ça! Sommes-nous déjà en relâche?