Je n'écris plus beaucoup:je rénovais ma maison. Je n'enseigne pas en ce moment. Bon, j'espère un contrat pour bientôt. J'accompagne ma conjointe qui va voir sa famille en France aux fêtes.
En attendant un boulot, je lis les Légendes pédagogiques de Normand Baillargeon. Ça vaut le détour, on y apprend qu'un paquet d'âneries qui circulent dans les milieux de l'éducation n'ont pas grand fondement.
Bref, quand je vois Sir Ken Robinson, une «superstar» TED en éducation, sur deux blogues que je visite à l'occasion, je me dis qu'on n'est pas sortis de l'auberge ou de l'école...
Je lis aussi Enseignement explicite et réussite des élèves de Gauthier, Bissonnette et Richard. Là, on est dans des pratiques qui ont de l'impact, qui s'appuient sur des données probantes et donc utiles. Si on veut penser un jour professionnaliser le métier, on y arrivera par une pratique qui s'appuie sur des données tangibles et non de l'illusion à la Sir Robinson, qui croit que nous avons tous un talent caché qui n'attend que le regard allumé d'un prof pour le voir germer: est-ce assez «new âge» à votre goût? Et ça va comme par magie régler la question du décrochage? Yes, Sir! Un autre qui n'a pas de méthodes à proposer, mais qui est prompt à dévaloriser le travail des enseignants avec son humour particulier qui séduit. Ah oui, la méthode, c'est la lointaine Finlande, encore, toujours aussi indistincte qu'il y a dix ans. Il n'apporte aucune preuve à l'appui de ce qu'il affirme comme tant d'autres conteurs de légendes.
Au sujet des Gauthier, Bissonnette et Richard, je trouve ici et là des indices que de plus en plus de profs et même des CS s'y intéressent enfin.
Je vais surement télécharger (payant) l'autre essai de Baillargeon: Turbulences, je crois.
Je suis paresseux ce soir, j'y reviendrai.
jeudi 28 novembre 2013
mardi 19 novembre 2013
Du nouveau à l'horizon?
Si l'on en croit cet article du Soleil, un petit coup de bâton dans la fourmilière se prépare! Et il concerne l'enseignement du français:
«On a dit que dans nos engagements, on voulait améliorer la qualité du français enseigné, alors moi, j'aurai justement, peut-être même la semaine prochaine, plusieurs choses à dire dans le sens de la bonification du français enseigné», a affirmé Mme Malavoy, qui n'a pas voulu en dire davantage sur ce qui sera dévoilé.
J'avoue que je manque de compassion pour ceux qui s'en inquiètent et se sentent mis sur la paille depuis des mois, parait-il, dans le même article.
«On a dit que dans nos engagements, on voulait améliorer la qualité du français enseigné, alors moi, j'aurai justement, peut-être même la semaine prochaine, plusieurs choses à dire dans le sens de la bonification du français enseigné», a affirmé Mme Malavoy, qui n'a pas voulu en dire davantage sur ce qui sera dévoilé.
J'avoue que je manque de compassion pour ceux qui s'en inquiètent et se sentent mis sur la paille depuis des mois, parait-il, dans le même article.
mercredi 6 novembre 2013
Condescendance
Long commentaire laissé chez Le prof qui fesse, Méprise, mépris, qui commentait un article verrouillé du Devoir, Persévérance scolaire - Une école de Verdun se débarrasse de son image de cancre que je n'ai pu lire.
Condescendance est exactement le mot qui m'est venu concernant l'approche que beaucoup d'enseignants du Nord avaient envers les jeunes autochtones. Quand on réaffirme constamment les difficultés socioéconomiques de ces communautés et l'écart culturel pour s'expliquer le faible rendement des élèves, on arrête de faire des efforts et de collaborer pour faire de l'école un instrument formateur efficace. Malheureusement, trop de collègues se la coulaient douce sans s'en apercevoir avec des excuses bidon sous couvert d'empathie mal placée. J'ai vu la condescendance s'exprimer jusqu'au point où une enseignante a produit les textes pour l'examen du MELS une certaine année. Dans mes filières, les brouillons que j'ai vus là ne pouvaient être le fait de jeunes autochtones dont je connais trop les difficultés. Je ne sais pas la sorte de confiance en soi qu'on développe dans une telle tricherie. Pour ma part, je reste persuadé que cette condescendance détruit plus qu'elle n'aide.
En deux ans dans le milieu que j'ai quitté récemment, nous avons, avec une poignée de collègues d'accord pour changer l'ambiance garderie du milieu, insufflé une dynamique de travail à ces jeunes qui a fait que d'élèves qui ne travaillaient pas, ils ont finalement bien évolué pour se classer dans les meilleurs résultats aux examens de français régionaux. J'étais assez content d'apprendre ce résultat dernièrement.
Je dis souvent, en 2e secondaire, les élèves ne m'aimaient pas vraiment, mais ils ont travaillé fort comme j'ai rarement vu des élèves travailler, pendant le dernier mois, pour bien faire à l'examen écrit du MELS. Ce constat relativise un peu certaines affirmations sur la relation pédagogique voulant que les élèves travaillent mieux s'ils cherchent à nous faire plaisir. Ma relation pédagogique a été de les prendre pour des élèves capables d'apprendre et de ne les avoir pas laissé`m'atteindre par des enfantillages, parfois même graves. Et au bout de deux ans, ils travaillaient bien. Et comme dans cette école de Verdun, mes meilleurs élèves étaient le moteur de la dynamique.
Il faut placer les jeunes devant des défis et, bien sûr, leur donner des outils pour les relever. Il faut leur montrer qu'on croit qu'ils peuvent réussir autant que les autres. Persévérer avec un enseignement stratégique et exigeant est la manière de leur démontrer. Passé un certain temps, ils croient en leur réussite et se mettent au boulot.
Comme le démontre un certain courant de recherche sur l'enseignement efficace, l'effet-école est possible. L'école de Verdun n'est pas la seule école dans un milieu défavorisé à obtenir des résultats. La collaboration d'enseignants a une large part à prendre dans cette approche.
Condescendance est exactement le mot qui m'est venu concernant l'approche que beaucoup d'enseignants du Nord avaient envers les jeunes autochtones. Quand on réaffirme constamment les difficultés socioéconomiques de ces communautés et l'écart culturel pour s'expliquer le faible rendement des élèves, on arrête de faire des efforts et de collaborer pour faire de l'école un instrument formateur efficace. Malheureusement, trop de collègues se la coulaient douce sans s'en apercevoir avec des excuses bidon sous couvert d'empathie mal placée. J'ai vu la condescendance s'exprimer jusqu'au point où une enseignante a produit les textes pour l'examen du MELS une certaine année. Dans mes filières, les brouillons que j'ai vus là ne pouvaient être le fait de jeunes autochtones dont je connais trop les difficultés. Je ne sais pas la sorte de confiance en soi qu'on développe dans une telle tricherie. Pour ma part, je reste persuadé que cette condescendance détruit plus qu'elle n'aide.
En deux ans dans le milieu que j'ai quitté récemment, nous avons, avec une poignée de collègues d'accord pour changer l'ambiance garderie du milieu, insufflé une dynamique de travail à ces jeunes qui a fait que d'élèves qui ne travaillaient pas, ils ont finalement bien évolué pour se classer dans les meilleurs résultats aux examens de français régionaux. J'étais assez content d'apprendre ce résultat dernièrement.
Je dis souvent, en 2e secondaire, les élèves ne m'aimaient pas vraiment, mais ils ont travaillé fort comme j'ai rarement vu des élèves travailler, pendant le dernier mois, pour bien faire à l'examen écrit du MELS. Ce constat relativise un peu certaines affirmations sur la relation pédagogique voulant que les élèves travaillent mieux s'ils cherchent à nous faire plaisir. Ma relation pédagogique a été de les prendre pour des élèves capables d'apprendre et de ne les avoir pas laissé`m'atteindre par des enfantillages, parfois même graves. Et au bout de deux ans, ils travaillaient bien. Et comme dans cette école de Verdun, mes meilleurs élèves étaient le moteur de la dynamique.
Il faut placer les jeunes devant des défis et, bien sûr, leur donner des outils pour les relever. Il faut leur montrer qu'on croit qu'ils peuvent réussir autant que les autres. Persévérer avec un enseignement stratégique et exigeant est la manière de leur démontrer. Passé un certain temps, ils croient en leur réussite et se mettent au boulot.
Comme le démontre un certain courant de recherche sur l'enseignement efficace, l'effet-école est possible. L'école de Verdun n'est pas la seule école dans un milieu défavorisé à obtenir des résultats. La collaboration d'enseignants a une large part à prendre dans cette approche.
mercredi 25 septembre 2013
Le ridicule des autres et de la neutralité à l'école
Je lis un peu, je n'ai pas le temps d'écrire vraiment ni de beaucoup réfléchir à autres choses que mes problèmes de rénovation à résoudre. Je mets mes énergies beaucoup dans mes bras pour le moment et mes rénos avancent bien.
Mon métier est en pause totale, je devrais me remettre à sérieusement me chercher une place où œuvrer dans quelques temps, pas si lointains.
Évidemment, toute cette question de charte me turlupine. Je ne sais pas trop exactement ce qui est juste pour tout le monde mais, si on me demande mon avis, je dirais que je trouve assez préoccupant que les religions prennent toujours autant de place dans le vécu collectif ici et ailleurs. Ces visions fermées du monde porteuses de valeurs indiscutables me semblent à la source d'un bon nombre d'aberrations dans notre monde. On condamne les sectes, mais les grandes religions, qui fonctionnent selon le même mode opératoire, ne sont pas remises en question. On sait l'effet de certains endoctrinements qui ont des conséquences assez dommageables. Les manchettes internationales en font régulièrement état.
Bon, dans tout cela, une grande question est abordée, le sens de l'appartenance à un groupe. C'est pour les gens une dimension délicate qui a à voir avec le sentiment de sécurité, le besoin de se sentir important, valorisé ou conforté dans ses choix et ses valeurs.
Nous sommes de plus en plus confrontés à la pratique religieuse et à la présence de cultures étrangères. Quand j'étais jeune, elle se confinait à Montréal, ville cosmopolite, mais de plus en plus, on voit l'effet de l'immigration continue un peu partout au Québec et, pour avoir voyagé un peu, on a l'impression souvent que le monde se métisse inexorablement selon, parait-il, la volonté d'un certain pouvoir de pacifier le monde par la cohabitation des cultures et leur mixage dans la vision économiste globale.
D'autre part, il semble que les religions permettent de calmer certaines personnes de l'angoisse de réfléchir à leur valeur, à ce qui est bon pour eux et les autres. Et parfois, je préfère un religieux calme d'esprit et posé à un bipolaire qui réinvente le monde et devient activiste ou, encore plus, à ces gens sans consistance qui n'ont pas de référents internes stables pour agir dans leur interaction avec les autres.
J'aime bien la diversité culturelle mondiale, mais j'aime me retrouver dans le Québec où je reconnais les miens aussi.
J'ai eu des collègues qui faisaient ramadan et c'est toujours une curiosité. Mais c'est aussi tabou de parler, de remettre en question quoi que ce soit et de simplement discuter ces questions, comme toujours avec les religions. On se retrouve à supporter psychologiquement des individus d'une culture étrangère qu'on ne comprend pas ou à prendre des airs compatissants quand le collègue s'inflige par choix une discipline et des tourments étranges.
J'ai eu une voisine, conjointe d'un collègue, dans un édifice de profs en région éloignée, qui courait se cacher quand je cognais à sa porte et qu'elle ne portait pas son voile à la maison. Je l'ai entraperçu un jour dévoilée sur le pas de sa porte. Les femmes enseignantes discutaient tranquillement avec elle. Et moi, le mâle, en sortant de chez moi, j'ai déclenché une espèce de frousse religieuse à la voisine qui a couru se couvrir. J'avoue avoir trouvé tout cela, moi l'agnostique, fort ridicule en 2013.
Je me demande ce qui pourrait bien lui faire enlever ce voile pour aller travailler pour l'état. Elle renoncerait certainement à un job du genre.
C'est fort les croyances et ce sentiment d'appartenance et la conviction que de se découvrir les cheveux devant un homme qui n'est pas son mari est une sorte de péché qui excite la sexualité.
En même temps, par rapport à la norme commune ici en vigueur, c'est totalement ridicule.
C'est ainsi qu'on est de plus en plus collectivement amené à accepter le ridicule des autres et à en faire des débats passionnés.
Je ne suis pas xénophobe ou ethnocentriste, mais simplement contre le ridicule!
Sur la neutralité
Enfin, je tiens à préciser une chose sur mon métier. Quand je travaille avec des jeunes du secondaire, rester neutre est impossible. Les jeunes aiment savoir ce qu'on pense et connaître nos positions et ce serait contraire au sens de la rencontre de se taire totalement sur ces questions. On ne peut pas être un modèle pour la jeunesse et rester neutre. On ne peut pas vraiment, peu importe ce qu'écrit le MELS dans son programme d'ECR rester neutre totalement. Le problème n'est d'ailleurs pas là, il est dans le prosélytisme qui est contraire à l'esprit enseignant que je valorise. J'enseigne pour les outiller dans un esprit humaniste, non pour imposer une vision du monde ou faire la promotion de certaines idées.
Bref, je ne martèle pas à répétition mes positions tranchées, je n'affiche pas mes convictions, je ne fais pas de religion ou d'idéologie. Mais, si on me demande ce que je pense, j'explique souvent, si c'est d'une certaine pertinence, mes positions le plus clairement possibles et d'une façon la plus nuancée possible voyant là une occasion de proposer aux jeunes une réflexion construite et murie sur un sujet, et ce d'autant plus que je leur enseigne dans un niveau l'art de l'argumentation et la dissertation. Je ne vois pas comment on peut apprendre à construire une position sans observer d'abord celles des autres et ensuite, en s'y mettant, en essayant de développer son propre point de vue.
Pour le reste, je sais présenter des contre-thèses pour étendre la discussion et la réflexion et je n'ai jamais évalué mes jeunes que sur la cohérence et la qualité du français et non sur la nature de leur prise de position.
Bref, tout en étant engagé à l'occasion, je ne crois pas avoir causé de tort à quiconque. Je le répète: le tort n'est pas de présenter ses points de vue aux jeunes, mais de faire du prosélytisme.
Je trouve que d'afficher des symboles religieux en des lieux publics comme une école constamment s'apparente certainement plus à du prosélytisme que d'expliquer à un moment à nos jeunes ce qu'est notre religion ou notre athéisme et les raisons qui ont motivé notre choix sur ces questions.
Je tiendrais aussi le même discours sur les questions politiques, je ne suis pas payé pour défendre une cause et l'afficher, mais pour amener mes jeunes à réfléchir et à bien exprimer leurs points de vue et donc à offrir un modèle sans l'imposer. Afficher un carré rouge aurait été à ce titre un peu inconvenant à ce qui me semble.
Je suis donc contre la pub à l'école! Et je mettrais le crucifix aussi hors de vue.
Mon métier est en pause totale, je devrais me remettre à sérieusement me chercher une place où œuvrer dans quelques temps, pas si lointains.
Évidemment, toute cette question de charte me turlupine. Je ne sais pas trop exactement ce qui est juste pour tout le monde mais, si on me demande mon avis, je dirais que je trouve assez préoccupant que les religions prennent toujours autant de place dans le vécu collectif ici et ailleurs. Ces visions fermées du monde porteuses de valeurs indiscutables me semblent à la source d'un bon nombre d'aberrations dans notre monde. On condamne les sectes, mais les grandes religions, qui fonctionnent selon le même mode opératoire, ne sont pas remises en question. On sait l'effet de certains endoctrinements qui ont des conséquences assez dommageables. Les manchettes internationales en font régulièrement état.
Bon, dans tout cela, une grande question est abordée, le sens de l'appartenance à un groupe. C'est pour les gens une dimension délicate qui a à voir avec le sentiment de sécurité, le besoin de se sentir important, valorisé ou conforté dans ses choix et ses valeurs.
Nous sommes de plus en plus confrontés à la pratique religieuse et à la présence de cultures étrangères. Quand j'étais jeune, elle se confinait à Montréal, ville cosmopolite, mais de plus en plus, on voit l'effet de l'immigration continue un peu partout au Québec et, pour avoir voyagé un peu, on a l'impression souvent que le monde se métisse inexorablement selon, parait-il, la volonté d'un certain pouvoir de pacifier le monde par la cohabitation des cultures et leur mixage dans la vision économiste globale.
D'autre part, il semble que les religions permettent de calmer certaines personnes de l'angoisse de réfléchir à leur valeur, à ce qui est bon pour eux et les autres. Et parfois, je préfère un religieux calme d'esprit et posé à un bipolaire qui réinvente le monde et devient activiste ou, encore plus, à ces gens sans consistance qui n'ont pas de référents internes stables pour agir dans leur interaction avec les autres.
J'aime bien la diversité culturelle mondiale, mais j'aime me retrouver dans le Québec où je reconnais les miens aussi.
J'ai eu des collègues qui faisaient ramadan et c'est toujours une curiosité. Mais c'est aussi tabou de parler, de remettre en question quoi que ce soit et de simplement discuter ces questions, comme toujours avec les religions. On se retrouve à supporter psychologiquement des individus d'une culture étrangère qu'on ne comprend pas ou à prendre des airs compatissants quand le collègue s'inflige par choix une discipline et des tourments étranges.
J'ai eu une voisine, conjointe d'un collègue, dans un édifice de profs en région éloignée, qui courait se cacher quand je cognais à sa porte et qu'elle ne portait pas son voile à la maison. Je l'ai entraperçu un jour dévoilée sur le pas de sa porte. Les femmes enseignantes discutaient tranquillement avec elle. Et moi, le mâle, en sortant de chez moi, j'ai déclenché une espèce de frousse religieuse à la voisine qui a couru se couvrir. J'avoue avoir trouvé tout cela, moi l'agnostique, fort ridicule en 2013.
Je me demande ce qui pourrait bien lui faire enlever ce voile pour aller travailler pour l'état. Elle renoncerait certainement à un job du genre.
C'est fort les croyances et ce sentiment d'appartenance et la conviction que de se découvrir les cheveux devant un homme qui n'est pas son mari est une sorte de péché qui excite la sexualité.
En même temps, par rapport à la norme commune ici en vigueur, c'est totalement ridicule.
C'est ainsi qu'on est de plus en plus collectivement amené à accepter le ridicule des autres et à en faire des débats passionnés.
Je ne suis pas xénophobe ou ethnocentriste, mais simplement contre le ridicule!
Sur la neutralité
Enfin, je tiens à préciser une chose sur mon métier. Quand je travaille avec des jeunes du secondaire, rester neutre est impossible. Les jeunes aiment savoir ce qu'on pense et connaître nos positions et ce serait contraire au sens de la rencontre de se taire totalement sur ces questions. On ne peut pas être un modèle pour la jeunesse et rester neutre. On ne peut pas vraiment, peu importe ce qu'écrit le MELS dans son programme d'ECR rester neutre totalement. Le problème n'est d'ailleurs pas là, il est dans le prosélytisme qui est contraire à l'esprit enseignant que je valorise. J'enseigne pour les outiller dans un esprit humaniste, non pour imposer une vision du monde ou faire la promotion de certaines idées.
Bref, je ne martèle pas à répétition mes positions tranchées, je n'affiche pas mes convictions, je ne fais pas de religion ou d'idéologie. Mais, si on me demande ce que je pense, j'explique souvent, si c'est d'une certaine pertinence, mes positions le plus clairement possibles et d'une façon la plus nuancée possible voyant là une occasion de proposer aux jeunes une réflexion construite et murie sur un sujet, et ce d'autant plus que je leur enseigne dans un niveau l'art de l'argumentation et la dissertation. Je ne vois pas comment on peut apprendre à construire une position sans observer d'abord celles des autres et ensuite, en s'y mettant, en essayant de développer son propre point de vue.
Pour le reste, je sais présenter des contre-thèses pour étendre la discussion et la réflexion et je n'ai jamais évalué mes jeunes que sur la cohérence et la qualité du français et non sur la nature de leur prise de position.
Bref, tout en étant engagé à l'occasion, je ne crois pas avoir causé de tort à quiconque. Je le répète: le tort n'est pas de présenter ses points de vue aux jeunes, mais de faire du prosélytisme.
Je trouve que d'afficher des symboles religieux en des lieux publics comme une école constamment s'apparente certainement plus à du prosélytisme que d'expliquer à un moment à nos jeunes ce qu'est notre religion ou notre athéisme et les raisons qui ont motivé notre choix sur ces questions.
Je tiendrais aussi le même discours sur les questions politiques, je ne suis pas payé pour défendre une cause et l'afficher, mais pour amener mes jeunes à réfléchir et à bien exprimer leurs points de vue et donc à offrir un modèle sans l'imposer. Afficher un carré rouge aurait été à ce titre un peu inconvenant à ce qui me semble.
Je suis donc contre la pub à l'école! Et je mettrais le crucifix aussi hors de vue.
lundi 5 août 2013
Enseignement par les nouveaux immigrants: contrôle de qualité?
Je vis avec une immigrante, qui est ma conjointe et ma collègue par moment, qui est très compétente. Je n'ai absolument rien contre l'immigration, mais l'incompétence en milieu scolaire m'inquiète et souvent m'emmerde par débordement. Aussi, je me dois de nommer les choses pour ce qu'elles sont: quand on observe que plus de la moitié de ses collègues sont immigrants et démontrent une compétence limitée pour aider la mission de l'école, il y a de quoi motiver de poser la question.
Dernièrement, un conférencier dont j'ai oublié le nom expliquait que chaque nouvelle génération de profs recrutaient dans les classes souvent moins favorisées de la société. Ce métier difficile permettrait souvent une certaine promotion sociale. Finalement, la carrière enseignante de père en fils ou mère en fille serait moins fréquente qu'on ne le penserait.
Ces derniers temps, toutefois mon passage dans les régions éloignées m'a fait observé une réalité nouvelle qui prend des proportions à mon sens inquiétantes. On y embauche souvent des enseignants qui viennent à peine d'atterrir au pays et ce n'est pas pour le plus grand bonheur de la cause.
Je note que plusieurs de mes collègues avaient un français pas toujours très compréhensible, ne comprenait souvent pas non plus très bien notre langue, sont complètement perdus dans nos repères culturels en plus de les critiquer la plupart du temps pour certains! Quant à la connaissance de la culture scolaire locale, ils ne l'ont pas. J'ai l'impression souvent que leur pédagogie est sommaire et souvent bêtement axée sur le bourrage de crâne typique des écoles dans certains pays en voie de développement.
Enfin, ne connaissant pas notre système, ils se font proposer des conditions d'enseignement souvent qui seraient inacceptables pour la plupart des Québécois sans dire un mot. Bref, ils tirent vers le bas les conditions d'enseignement.
Dans une équipe, ils ne s'impliquent pas souvent par manque de capacité. Ils affichent un profil bas et cela leur sert bien, car certains vont rester très longtemps dans le milieu, malgré que l'enseignement qu'ils donnent est de très mauvaise qualité. J'en ai vu beaucoup qui ont une gestion de classe déficiente: les élèves chahutent dans leur classe au point où il faut aller y intervenir souvent.
En région éloignée, ils sont de plus en plus nombreux...
Dans un métier où l'on est normalement passeur de culture, où la communication efficace est notre principal outil, je me demande bien où est la légitimité de gaspiller des fonds d'origine publique à engager des gens qui manquent manifestement de l'essentiel pour faire de bons enseignants. Une école n'est pas une mère Thérésa qui doit sauver la planète.
Parait que lorsqu'une annonce est affichée sur Emploi-Québec, plus de 90% des candidats qui postulent sont d'origine étrangère...
Dernièrement, un conférencier dont j'ai oublié le nom expliquait que chaque nouvelle génération de profs recrutaient dans les classes souvent moins favorisées de la société. Ce métier difficile permettrait souvent une certaine promotion sociale. Finalement, la carrière enseignante de père en fils ou mère en fille serait moins fréquente qu'on ne le penserait.
Ces derniers temps, toutefois mon passage dans les régions éloignées m'a fait observé une réalité nouvelle qui prend des proportions à mon sens inquiétantes. On y embauche souvent des enseignants qui viennent à peine d'atterrir au pays et ce n'est pas pour le plus grand bonheur de la cause.
Je note que plusieurs de mes collègues avaient un français pas toujours très compréhensible, ne comprenait souvent pas non plus très bien notre langue, sont complètement perdus dans nos repères culturels en plus de les critiquer la plupart du temps pour certains! Quant à la connaissance de la culture scolaire locale, ils ne l'ont pas. J'ai l'impression souvent que leur pédagogie est sommaire et souvent bêtement axée sur le bourrage de crâne typique des écoles dans certains pays en voie de développement.
Enfin, ne connaissant pas notre système, ils se font proposer des conditions d'enseignement souvent qui seraient inacceptables pour la plupart des Québécois sans dire un mot. Bref, ils tirent vers le bas les conditions d'enseignement.
Dans une équipe, ils ne s'impliquent pas souvent par manque de capacité. Ils affichent un profil bas et cela leur sert bien, car certains vont rester très longtemps dans le milieu, malgré que l'enseignement qu'ils donnent est de très mauvaise qualité. J'en ai vu beaucoup qui ont une gestion de classe déficiente: les élèves chahutent dans leur classe au point où il faut aller y intervenir souvent.
En région éloignée, ils sont de plus en plus nombreux...
Dans un métier où l'on est normalement passeur de culture, où la communication efficace est notre principal outil, je me demande bien où est la légitimité de gaspiller des fonds d'origine publique à engager des gens qui manquent manifestement de l'essentiel pour faire de bons enseignants. Une école n'est pas une mère Thérésa qui doit sauver la planète.
Parait que lorsqu'une annonce est affichée sur Emploi-Québec, plus de 90% des candidats qui postulent sont d'origine étrangère...
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